{"id":7447,"date":"2016-06-20T00:00:00","date_gmt":"2016-06-19T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7447"},"modified":"2016-06-20T00:00:00","modified_gmt":"2016-06-19T22:00:00","slug":"7447","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/06\/20\/7447\/","title":{"rendered":"H\u00f6stsonaten &#8211; Symphony # 1: Cupid &#038; Psyche"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans le monde du prog plus qu&rsquo;ailleurs, il y a des Stakhanov \u00e0 tous les coins de rue. Des musiciens qui n&rsquo;arr\u00eatent jamais de composer, d&rsquo;enregistrer, de jouer, de produire, comme si leur vie d\u00e9pendait de leur injection quotidienne de gammes chromatiques. Fabio Zuffanti est le repr\u00e9sentant italien de ce club de musicomanes acharn\u00e9s. En effet, avec entre autres un album solo en 2014 (<em>La Quarta Vittima<\/em>), le projet La Curva Di Lesmo en 2015 \u2013 tous deux d&rsquo;excellente facture \u2013 et aujourd&rsquo;hui la suite des aventures de H\u00f6stsonaten, on ne peut pas vraiment dire qu&rsquo;il se la coule douce, le Fabio. Depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, le groupe produit de bons, voire d&rsquo;excellents disques, comme <a href=\"chroniques\/item\/13996-the-rime-of-the-ancient-mariner-%E2%80%93-chapter-one\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>The Rime of The Ancient Mariner \u2013 Chapter One<\/em><\/a> en 2012, une bien agr\u00e9able variation sur le po\u00e8me de Samuel Coleridge. <em>Cupid &amp; Psyche<\/em> ne d\u00e9shonore pas la tradition. L&rsquo;homme-orchestre italien puise \u00e0 nouveau dans la litt\u00e9rature, antique cette fois-ci, en s&rsquo;inspirant d&rsquo;un conte oral popularis\u00e9 par Apul\u00e9e dans ses <em>M\u00e9tamorphoses<\/em>. Une histoire d&rsquo;amour qui, pour une fois, ne se finit pas tragiquement. <br \/><br \/> Soyons honn\u00eates : quand il s&rsquo;agit de se farcir du rock dit \u00ab\u00a0symphonique\u00a0\u00bb, plus souvent qu&rsquo;afficher un enthousiasme d\u00e9bordant on a tendance \u00e0 se rappeler soudainement d&rsquo;un rendez-vous chez le dentiste, lorsqu&rsquo;on n&rsquo;est pas pris d&rsquo;une envie irr\u00e9pressible de classer des timbres. C&rsquo;est qu&rsquo;on entend \u00e0 l&rsquo;avance les violonnades <em>cheap<\/em> au synth\u00e9, les arrangements dignes d&rsquo;un boulard des ann\u00e9es quatre-vingt ou la grandiloquence d&rsquo;une musique de supermarch\u00e9&#8230; Des camions entiers d&rsquo;artistes s&rsquo;y sont essay\u00e9s \u2013 et la mauvaise r\u00e9putation du prog&rsquo; n&rsquo;est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u2013 mais peu d&rsquo;entre eux ont r\u00e9ussi \u00e0 se montrer convaincants, sans m\u00eame parler de ceux qui ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux une \u0153uvre m\u00e9morable. After Crying, peut-\u00eatre ? Car la moindre des choses, quand on se permet de placer le mot \u00ab\u00a0Symphony\u00a0\u00bb dans le titre, c&rsquo;est d&rsquo;utiliser de vrais instruments et d&rsquo;\u00e9viter au possible le recours aux pis-aller synth\u00e9tiques. Zuffanti a mis les petits plats dans les grands en convoquant un quatuor \u00e0 cordes, un autre de cuivres et un trio de bois. Tout ce beau monde joue en compagnie d&rsquo;une typique formation de prog&rsquo;, avec son pack Hammond\/Mellotron\/Minimoog, fourni par Luca Scherani, qui de plus assure les arrangements et les orchestrations. <br \/><br \/> Et cette \u00ab\u00a0symphonie\u00a0\u00bb en a sous le capot, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire. Son compositeur ne fait pas dans le somnolent ou les plages a\u00e9riennes de remplissage. La cavalcade de l&rsquo;introduction \u00ab\u00a0The Sacrifice\u00a0\u00bb annonce clairement la couleur. Avec Zuffanti \u00e0 la basse et Paolo Tixi (Il Tempio Delle Clessidre) \u00e0 la batterie, on a droit \u00e0 quelques passages bien rythm\u00e9s.  Il ne s&rsquo;agit pas pour autant de quarante-trois minutes de charge ininterrompue, car si les cuivres appuient souvent la puissance de l&rsquo;ensemble, les bois, complices en cela des cordes et de leur caract\u00e8re \u00e9motionnel, pr\u00f4nent l&rsquo;apaisement ou la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 (\u00ab\u00a0Love Scene\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Entrapped (2nd Trial)\u00a0\u00bb). Pas de m\u00e9prise, toutefois : on n&rsquo;est que tr\u00e8s rarement dans le classique pur et dur. Avec \u00ab\u00a0Sheep and Water (3rd Trial)\u00a0\u00bb, on se croirait m\u00eame presque en compagnie d&rsquo;un <em>big band<\/em> de jazz des ann\u00e9es soixante dix. On trouve aussi quelques solos de guitare \u00e9lectrique, histoire de faire bonne mesure face \u00e0 l&rsquo;attirail acoustique, et des incursions n\u00e9o-progressives, assez rares n\u00e9anmoins : envol\u00e9es de claviers  (\u00ab\u00a0Zephyr\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0The Awakening\u00a0\u00bb) et, forc\u00e9ment, final emphatique. <br \/><br \/> Malgr\u00e9 quelques concessions presque \u00ab\u00a0obligatoires\u00a0\u00bb, cette belle \u0153uvre instrumentale slalome avec aisance entre les chausse-trappes qui sabotent si souvent de bonnes intentions de d\u00e9part : les interminables longueurs (qui a dit <a href=\"chroniques\/item\/15639-the-astonishing\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>The Astonishing<\/em><\/a> ?), le pompi\u00e9risme outrancier (qui a dit <em>The Astonishing<\/em> ?) associ\u00e9 \u00e0 des sons qui sentent la naphtaline, sans parler des visuels qui piquent les yeux (qui a dit <em>The Astonishing<\/em> ?) et les concepts fumeux (qui a dit <em>The Astonishing<\/em> ?). <em>Cupid &amp; Psyche<\/em>, c&rsquo;est trois quarts d&rsquo;heure d&rsquo;un croisement r\u00e9ussi entre prog&rsquo; et classique, et c&rsquo;est tout.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le monde du prog plus qu&rsquo;ailleurs, il y a des Stakhanov \u00e0 tous les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7448,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[46,24,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7447"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7447"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7447\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7448"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7447"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7447"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7447"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}