{"id":7397,"date":"2016-04-22T00:00:00","date_gmt":"2016-04-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7397"},"modified":"2016-04-22T00:00:00","modified_gmt":"2016-04-21T22:00:00","slug":"7397","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/04\/22\/7397\/","title":{"rendered":"Tonbruket &#8211; Forevergreens"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0La musica es el idioma que todos hablan&#8230;\u00a0\u00bb. C&rsquo;est sur ces mots prononc\u00e9s par la chanteuse norv\u00e9gienne Ane Brun, avec laquelle le groupe a tourn\u00e9 en 2013, que s&rsquo;ouvre <em>Forevergreens<\/em>, quatri\u00e8me album de Tonbruket. Les Su\u00e9dois continuent d&rsquo;appliquer cet adage depuis leurs d\u00e9buts en 2010, ignorant les fronti\u00e8res entre les genres pour se livrer \u00e0 des cr\u00e9ations o\u00f9 le jazz, le rock psych\u00e9d\u00e9lique ou encore le trip-hop sont sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec la musique minimaliste et atmosph\u00e9rique. <br \/><br \/> R\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9compens\u00e9 dans son pays, le quartette ne semble gu\u00e8re avoir \u00e9puis\u00e9 le filon puisque chaque disque est une preuve suppl\u00e9mentaire de son extraordinaire inventivit\u00e9. A nouveau, il joue la carte de la diversit\u00e9 plut\u00f4t que de l&rsquo;exp\u00e9rimentation et cherche avant tout \u00e0 cr\u00e9er des ambiances, \u00e0 convoquer des images, des couleurs, des \u00e9motions. Et il y parvient de fort belle mani\u00e8re en alignant une dizaine de compositions dont les textures ont \u00e9t\u00e9 soign\u00e9es \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame pour produire l&rsquo;effet recherch\u00e9. Vaguement inqui\u00e9tant, la labyrinthique \u00ab\u00a0Mano Sinistra\u00a0\u00bb annonce d&rsquo;entr\u00e9e une promenade sans garde-fou, en \u00e9quilibre le long d&rsquo;un muret \u00e9troit au sommet duquel on profite d&rsquo;un panorama en mouvement, mais curieusement s\u00e9curisant. Les contrastes sont forts, les climats changeants. Ainsi, le tr\u00e8s acoustique \u00ab\u00a0Sinkadus\u00a0\u00bb, sur lequel  Ane Brun l\u00e2che quelques m\u00e9lop\u00e9es, pr\u00e9c\u00e8de un magma sonore sursatur\u00e9 qui introduit \u00ab\u00a0Tarentella\u00a0\u00bb, d&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;extirpe lentement une sorte de blues rock psych\u00e9d\u00e9lique, telles des versions d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es de \u00ab\u00a0Roadhouse Blues\u00a0\u00bb des Doors ou d&rsquo;\u00ab\u00a0Uprising\u00a0\u00bb de Muse. Tonbruket n&rsquo;a peur de rien et surtout pas de juxtaposer des moments contemplatifs (\u00ab\u00a0Music For The Sun King\u00a0\u00bb) ou planants (\u00ab\u00a0The Missing\u00a0\u00bb), \u00e0 d&rsquo;autres plus rugueux, tel \u00ab\u00a0Linton\u00a0\u00bb, qui d\u00e9bute comme un vieux rock&rsquo;n&rsquo;roll survolt\u00e9 \u00e0 la basse ronflante, pour se muer petit \u00e0 petit en g\u00e9n\u00e9rique id\u00e9al de s\u00e9rie d&rsquo;espionnage <em>vintage<\/em>. On retrouve cette dimension cin\u00e9matographique dans \u00ab\u00a0Polka Oblivion\u00a0\u00bb, dont les motifs d&rsquo;une douceur nostalgique illustreraient \u00e0 merveille une collaboration entre Wim Wenders et Emir Kusturica. Il est d&rsquo;ailleurs quasiment impossible d&rsquo;\u00e9chapper au tourbillon audiovisuel que provoquent immanquablement ces dix titres dans nos cervelles et derri\u00e8re nos globes oculaires.<br \/><br \/> Sans fausse note aucune, <em>Forevergreens<\/em> conforte Tonbruket en bonne place dans une \u00e9curie ACT d\u00e9j\u00e0 bien fournie et dans le club de plus en plus ferm\u00e9 des groupes qui r\u00e9ussissent \u00e0 innover et \u00e0 s\u00e9duire en m\u00eame temps.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La musica es el idioma que todos hablan&#8230;\u00a0\u00bb. 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