{"id":7361,"date":"2016-03-23T00:00:00","date_gmt":"2016-03-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7361"},"modified":"2016-03-23T00:00:00","modified_gmt":"2016-03-22T22:00:00","slug":"7361","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/03\/23\/7361\/","title":{"rendered":"Oceans of Slumber &#8211; Winter"},"content":{"rendered":"\n<p><br \/> Que faut-il y retenir ? La voix claire de la chanteuse Cammie Gilbert \u2013 parfois tr\u00e8s Anneke, parfois un peu Skin \u2013 apporte fra\u00eecheur et relief \u00e0 l\u2019ensemble car son bel organe est teint\u00e9 de blues, de spleen, voire de ga\u00e9lique (\u00ab\u00a0Lullaby\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Turpentine\u00a0\u00bb comme Andrea Corr). Le contre-poids avec les voix agressives vomies par le guitariste Sean Gary prend alors une forme de sens et permet de conjuguer trouble et volupt\u00e9. Mais soudain tr\u00e8s pop (\u00ab\u00a0Suffer the last bridge\u00a0\u00bb, pens\u00e9 comme un single), le groupe s\u2019enlise dans un manque de parti pris artistique. La vari\u00e9t\u00e9 y est synonyme d\u2019\u00e9parpillement. Les interludes musicaux donnent une impression de remplissage. L\u2019agressivit\u00e9 ne paye m\u00eame plus en bout de course (\u00ab\u00a0Apologue\u00a0\u00bb, barbant et verbeux). La m\u00e9lop\u00e9e piano finale a des relents de mais-pourquoi-\u00e7a. On sauve de justesse l\u2019\u00e9lan progressif au tempo lent \u00ab\u00a0&#8230;This Road\u00a0\u00bb, de peur de repartir bredouille.<\/p>\r\n\n<p><br \/> Au milieu des (finalement pas si) r\u00e9jouissances r\u00e9side tout un symbole avec cette reprise de Moody Blues, le fantastiquement plaintif \u00ab\u00a0Nights in White Satin\u00a0\u00bb, qui souffre ici d\u2019un lifting binaire si ce n\u2019est un post-pont aux rythmiques blackisssimes. Il ne reste alors plus beaucoup d\u2019armes au groupe pour d\u00e9fendre son discours. Dans une galaxie musicale ou l\u2019audace paie, Oceans of Slumber, presque ironiquement, peine \u00e0 tirer l\u2019auditeur du sommeil. Nous emmenant donc pour paraphraser les plus inspirants Tiamat vers &#8230; <em>A deeper kind of slumber<\/em>.<\/p>\n<p>La capitale de l\u2019art au Texas est Austin. Certaines des racines de la pop musique am\u00e9ricaine r\u00e9sident toujours \u00e0 Dallas. Mais Houston, au sud de la carte, est finalement plut\u00f4t la capitale de la NASA et des voyages dans l\u2019espace. C\u2019est de cette base qu\u2019a pourtant d\u00e9coll\u00e9 la navette Oceans of Slumber, gr\u00e2ce a un EP qui a tap\u00e9 dans l\u2019\u0153il des cadres bienfaiteurs de Century Media. \u00c9pique, metal, <em>Winter<\/em> d\u00e9marre comme un album de The Gathering. Il y a du <em>doom<\/em> de <em>Mandylion<\/em> et des pa\u00efens de Candlemass qui coule dans les veines du groupe. Riffs lourds puis acc\u00e9l\u00e9rations de tempo speed et black cis\u00e8lent un paysage o\u00f9 la d\u00e9coupe n\u2019apporte souvent rien mais s\u2019auto-galvanise (\u00ab\u00a0Devout\u00a0\u00bb). Pas assez sombre pour \u00eatre initiatique, trop stakhanoviste pour \u00eatre sinc\u00e8re, Oceans of Slumber, c\u2019est un peu la d\u00e9monstration sans l\u2019occulte. Les pages noires sans l\u2019encre au sang.<\/p>\r\n\n<p><br \/> Que faut-il y retenir ? La voix claire de la chanteuse Cammie Gilbert \u2013 parfois tr\u00e8s Anneke, parfois un peu Skin \u2013 apporte fra\u00eecheur et relief \u00e0 l\u2019ensemble car son bel organe est teint\u00e9 de blues, de spleen, voire de ga\u00e9lique (\u00ab\u00a0Lullaby\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Turpentine\u00a0\u00bb comme Andrea Corr). Le contre-poids avec les voix agressives vomies par le guitariste Sean Gary prend alors une forme de sens et permet de conjuguer trouble et volupt\u00e9. Mais soudain tr\u00e8s pop (\u00ab\u00a0Suffer the last bridge\u00a0\u00bb, pens\u00e9 comme un single), le groupe s\u2019enlise dans un manque de parti pris artistique. La vari\u00e9t\u00e9 y est synonyme d\u2019\u00e9parpillement. Les interludes musicaux donnent une impression de remplissage. L\u2019agressivit\u00e9 ne paye m\u00eame plus en bout de course (\u00ab\u00a0Apologue\u00a0\u00bb, barbant et verbeux). La m\u00e9lop\u00e9e piano finale a des relents de mais-pourquoi-\u00e7a. On sauve de justesse l\u2019\u00e9lan progressif au tempo lent \u00ab\u00a0&#8230;This Road\u00a0\u00bb, de peur de repartir bredouille.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><br \/> Au milieu des (finalement pas si) r\u00e9jouissances r\u00e9side tout un symbole avec cette reprise de Moody Blues, le fantastiquement plaintif \u00ab\u00a0Nights in White Satin\u00a0\u00bb, qui souffre ici d\u2019un lifting binaire si ce n\u2019est un post-pont aux rythmiques blackisssimes. Il ne reste alors plus beaucoup d\u2019armes au groupe pour d\u00e9fendre son discours. Dans une galaxie musicale ou l\u2019audace paie, Oceans of Slumber, presque ironiquement, peine \u00e0 tirer l\u2019auditeur du sommeil. Nous emmenant donc pour paraphraser les plus inspirants Tiamat vers &#8230; <em>A deeper kind of slumber<\/em>.<\/p>\n<p>La capitale de l\u2019art au Texas est Austin. Certaines des racines de la pop musique am\u00e9ricaine r\u00e9sident toujours \u00e0 Dallas. Mais Houston, au sud de la carte, est finalement plut\u00f4t la capitale de la NASA et des voyages dans l\u2019espace. C\u2019est de cette base qu\u2019a pourtant d\u00e9coll\u00e9 la navette Oceans of Slumber, gr\u00e2ce a un EP qui a tap\u00e9 dans l\u2019\u0153il des cadres bienfaiteurs de Century Media. \u00c9pique, metal, <em>Winter<\/em> d\u00e9marre comme un album de The Gathering. Il y a du <em>doom<\/em> de <em>Mandylion<\/em> et des pa\u00efens de Candlemass qui coule dans les veines du groupe. Riffs lourds puis acc\u00e9l\u00e9rations de tempo speed et black cis\u00e8lent un paysage o\u00f9 la d\u00e9coupe n\u2019apporte souvent rien mais s\u2019auto-galvanise (\u00ab\u00a0Devout\u00a0\u00bb). Pas assez sombre pour \u00eatre initiatique, trop stakhanoviste pour \u00eatre sinc\u00e8re, Oceans of Slumber, c\u2019est un peu la d\u00e9monstration sans l\u2019occulte. Les pages noires sans l\u2019encre au sang.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><br \/> Que faut-il y retenir ? La voix claire de la chanteuse Cammie Gilbert \u2013 parfois tr\u00e8s Anneke, parfois un peu Skin \u2013 apporte fra\u00eecheur et relief \u00e0 l\u2019ensemble car son bel organe est teint\u00e9 de blues, de spleen, voire de ga\u00e9lique (\u00ab\u00a0Lullaby\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Turpentine\u00a0\u00bb comme Andrea Corr). Le contre-poids avec les voix agressives vomies par le guitariste Sean Gary prend alors une forme de sens et permet de conjuguer trouble et volupt\u00e9. Mais soudain tr\u00e8s pop (\u00ab\u00a0Suffer the last bridge\u00a0\u00bb, pens\u00e9 comme un single), le groupe s\u2019enlise dans un manque de parti pris artistique. La vari\u00e9t\u00e9 y est synonyme d\u2019\u00e9parpillement. Les interludes musicaux donnent une impression de remplissage. L\u2019agressivit\u00e9 ne paye m\u00eame plus en bout de course (\u00ab\u00a0Apologue\u00a0\u00bb, barbant et verbeux). La m\u00e9lop\u00e9e piano finale a des relents de mais-pourquoi-\u00e7a. On sauve de justesse l\u2019\u00e9lan progressif au tempo lent \u00ab\u00a0&#8230;This Road\u00a0\u00bb, de peur de repartir bredouille.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><br \/> Au milieu des (finalement pas si) r\u00e9jouissances r\u00e9side tout un symbole avec cette reprise de Moody Blues, le fantastiquement plaintif \u00ab\u00a0Nights in White Satin\u00a0\u00bb, qui souffre ici d\u2019un lifting binaire si ce n\u2019est un post-pont aux rythmiques blackisssimes. Il ne reste alors plus beaucoup d\u2019armes au groupe pour d\u00e9fendre son discours. Dans une galaxie musicale ou l\u2019audace paie, Oceans of Slumber, presque ironiquement, peine \u00e0 tirer l\u2019auditeur du sommeil. Nous emmenant donc pour paraphraser les plus inspirants Tiamat vers &#8230; <em>A deeper kind of slumber<\/em>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que faut-il y retenir ? 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