{"id":7355,"date":"2016-03-17T00:00:00","date_gmt":"2016-03-16T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7355"},"modified":"2016-03-17T00:00:00","modified_gmt":"2016-03-16T22:00:00","slug":"7355","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/03\/17\/7355\/","title":{"rendered":"Matthew Parmenter &#8211; All Your Yesterdays"},"content":{"rendered":"\n<p>Troisi\u00e8me solo pour le mentor de Discipline, apr\u00e8s deux superbes premiers disques, magnifiques serait-on tent\u00e9 de dire (<em>Astray<\/em> en 2004, <em>Horror Express<\/em>en 2008), doubl\u00e9s d\u2019un retour en fanfare, suivi d&rsquo;un live transcendant, de son groupe&#8230; On conna\u00eet , du moins c&rsquo;est tr\u00e8s fortement souhaitable, les multiples talents de ce Pierrot touche-\u00e0-tout, natif des Etats-Unis: multi-instrumentiste (le mot n&rsquo;est pas galvaud\u00e9 ici : claviers, guitare, saxophone, violon, percussions etc&#8230;), compositeur \u00e9m\u00e9rite, auteur appliqu\u00e9, arrangeur inspir\u00e9, et enfin, et pas des moindres, chanteur ultra expressif, au visage de lune, costumes et immersion th\u00e9atr\u00e2le compris. Nul besoin de dire \u00e0 quel point ce nouveau disque solo \u00e9tait attendu, tant son univers sombre et singulier,  \u00e9voquant le clair-obscur des tout meilleurs Van Der Graaf Generator, Genesis ou Crimson, est encore pr\u00e9sent dans les m\u00e9moires. <br \/><br \/> Contre toute attente, <em>All Our Yesterdays<\/em> est une d\u00e9ception&#8230; Pourtant l&rsquo;album d\u00e9marre \u00e0 son meilleur niveau, avec le splendide et diaphane  \u00ab\u00a0Scheherazade\u00a0\u00bb, aux vocalises d\u00e9licates, funambules, avec toujours ce sens serpentesque de la m\u00e9lodie. La deuxi\u00e8me pi\u00e8ce, instrumentale, poursuit dans la m\u00eame veine, ultra m\u00e9lancolique et chaloup\u00e9e, offrant percussions d&rsquo;Orient et tintements c\u00e9lestes, superbe et&#8230;trop court !&#8230;La suite va trancher pourtant, jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9laisser le caract\u00e8re v\u00e9n\u00e9neux et envo\u00fbtant auquel le bonhomme nous a tant habitu\u00e9s. Ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment son meilleur choix. On sent ici la volont\u00e9 chez le bonhomme de proposer des ambiances plus vari\u00e9es, plus solaires parfois, et plus simples. Une intention louable, \u00e9videmment, mais tr\u00e8s casse-gueule, et qui va d\u00e9router voir d\u00e9cevoir. On pourra \u00e0 la rigueur rapprocher ces nouvelles compositions, d&rsquo;ob\u00e9dience plus folk, du tout premier album de Discipline, la dimension de groupe manquant cependant cruellement. C&rsquo;est un \u00e9cueil que Matthew Parmenter avait pourtant su d\u00e9passer lors de ses parutions pr\u00e9c\u00e9dentes, et de fort belle mani\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral. <br \/><br \/> Une fois de plus il tient ici la totalit\u00e9 des instruments; claviers, guitares, saxo, accord\u00e9on, basse, percussions, batterie (sauf pour quatre plages, avec un minimum syndical de la part de son comparse Paul Dzendzel). Les parties de piano, en v\u00e9ritable fil rouge du disque, sont magnifiques de bout en bout, mais apparaissent trop souvent comme le seul \u00e9l\u00e9ment soutenant la voix.Tout est en place, jou\u00e9 certes avec feeling, mais arrang\u00e9 avec une telle parcimonie, pour ne pas dire absence, qu&rsquo;on s&rsquo;en retrouve ni emport\u00e9, ni surpris. Pour le coup, n&rsquo;est pas Peter Hammill qui veut&#8230; C&rsquo;est que chaque chanson choisie n\u2019\u00e9chappe jamais vraiment au couplet-refrain, pour des d\u00e9veloppements la plupart du temps pr\u00e9visibles. La section rythmique (c&rsquo;est l\u00e0 la limite du tout pris en charge) est neurasth\u00e9nique, se contentant le plus souvent de marquer la pulsation. Tr\u00e8s g\u00eanant d\u2019\u00e9crire ainsi lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019aborder un artiste qu\u2019on admire&#8230;On attend patiemment d&rsquo;abord que quelque chose d\u00e9colle, mais bien vite le constat plut\u00f4t amer s&rsquo;impose: on s&rsquo;ennuie, d&rsquo;autant que le tempo ne varie presque jamais, invariablement lent\u2026 Quelques morceaux, en plus des deux premiers, sortent tout de m\u00eame du lot, comme \u00ab\u00a0Digital\u00a0\u00bb par exemple, ou  le tr\u00e8s Van Der Graaf \u00ab\u00a0All For Nothing\u00a0\u00bb, mais la sensation d&rsquo;uniformit\u00e9 l&#8217;emporte malgr\u00e9 tout, les morceaux se ressemblant trop souvent. De plus, lorsque le contraste s&rsquo;annonce, c&rsquo;est pour d\u00e9livrer une tentative aux senteurs particuli\u00e8rements na\u00efves et commerciales (\u00ab\u00a0Stuff In The Bag\u00a0\u00bb , ou \u00ab\u00a0Hey For The Dance\u00a0\u00bb qui ach\u00e8ve l&rsquo;album sur un shuffle blues tr\u00e8s incongru). Un dernier point : ce disque est court, avec une quarantaine de minutes, renfor\u00e7ant encore l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;inachev\u00e9&#8230; <br \/><br \/> Sans doute Matthew Parmenter a-t-il voulu ici se d\u00e9marquer, m\u00eame si maladroitement, du prog hautement frappant et inspir\u00e9 de son groupe, qui, on le souhaite tr\u00e8s vivement, perdurera encore (ce disque en serait-il le signe au final?), peut-\u00eatre aussi l\u2019a-t-il fait dans le but de donner mati\u00e8re \u00e0 des concerts solo, auxquels la musique de cet album se pr\u00eatera certainement. C&rsquo;est tout le mal qu&rsquo;on lui souhaite. Esp\u00e9rons surtout qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir il saura retrouver la tr\u00e8s haute qualit\u00e9 de ses albums pass\u00e9s\u2026<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Troisi\u00e8me solo pour le mentor de Discipline, apr\u00e8s deux superbes premiers disques, magnifiques serait-on tent\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7356,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[34,23,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7355"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7355"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7355\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7355"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}