{"id":7343,"date":"2016-03-07T00:00:00","date_gmt":"2016-03-06T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7343"},"modified":"2016-03-07T00:00:00","modified_gmt":"2016-03-06T22:00:00","slug":"7343","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/03\/07\/7343\/","title":{"rendered":"3RDegree &#8211; The Ones &#038; Zeros : Volume 1"},"content":{"rendered":"\n<p>3RDegree est un groupe am\u00e9ricain originaire du New-Jersey, relativement m\u00e9connu du public fran\u00e7ais \u2013 il suffit pour s\u2019en convaincre de questionner les personnes \u2026 non pas dans la rue (o\u00f9 l\u2019\u00e9vocation  m\u00eame du nom de Marillion d\u00e9clenche un festival de mines dubitatives), mais dans la communaut\u00e9 progressive, via les concerts ou les r\u00e9seaux sociaux. Il existe pourtant plusieurs raisons qui auraient d\u00fb contredire cette constatation \u00e9tonnante : <br \/><br \/> D\u2019abord, 3RDegree a commis son premier enregistrement, <em>The World In Which We Live<\/em> en 1993, certains de nos lecteurs et chroniqueurs n\u2019\u00e9tant ni n\u00e9s, ni m\u00eame en projet de conception \u2013 mais ayant eu depuis le temps n\u00e9cessaire pour les d\u00e9couvrir. Certes, les 5 unit\u00e9s discographiques publi\u00e9es en 23 ans, combin\u00e9es \u00e0 une distribution r\u00e9duite \u00e0 la portion congrue pour la France, n\u2019ont pas contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019essor du groupe en nos contr\u00e9es. <br \/><br \/> Malgr\u00e9 une nouvelle chance donn\u00e9e en nos colonnes et sous la plume de notre ami Dan, \u00e0 l\u2019occasion de la sortie, en 2008, de leur 3\u00e8me album, <a href=\"component\/k2\/item\/1832?ItemId=12\"><em>Narrow-Caster<\/em><\/a>, l\u2019aura du groupe est rest\u00e9e pour le moins confidentielle. Cependant, l\u2019ann\u00e9e 2015 est \u00e0 marquer d\u2019une pierre blanche pour le groupe, puisqu\u2019au-del\u00e0 d\u2019un passage de l\u2019autoproduction \u00e0 un label lui ouvrant les portes d\u2019une reconnaissance \u00e9largie, le dernier album, <em>Ones &amp; Zeros : Volume 1<\/em>, capte un auditoire avide de renouveau progressif, tout en \u00e9voquant quelques r\u00e9miniscences musicales \u2026 sans doute le secret d\u2019un cocktail particuli\u00e8rement go\u00fbteux et excitant ! <br \/><br \/> Il faut dire que cet album \u00e9voque des influences multiples, d\u2019un art-rock naviguant entre Utopia et Ten CC sur \u00ab\u00a0The Gravity\u00a0\u00bb aux envol\u00e9es pop-californiennes d\u2019Ambrosia que n\u2019aurait pas reni\u00e9 Christopher Cross sur \u00ab\u00a0Circuit Court\u00a0\u00bb, en passant par le plus progressif \u00ab\u00a0What It Means To Be Human\u00a0\u00bb qu\u2019Echolyn aurait pu \u00e9crire pour commencer, relay\u00e9 \u00e0 mi-chemin par un Queen \u00e9mergeant de sa p\u00e9riode op\u00e9ra-rock. Tous les titres s\u2019encha\u00eenent, dans des styles diff\u00e9rents, et paradoxalement avec une compacit\u00e9 \u00e9tonnante dont le liant est assur\u00e9 par une voix robotique \u2013 v\u00e9ritable fil conducteur de ce concept album. <br \/><br \/> Le questionnement sur l\u2019\u00e9thique de notre civilisation future, o\u00f9 la technologie la plus avanc\u00e9e serait au service d\u2019une \u00e9ternit\u00e9 virtuelle, alimente les dix plages de <em>Ones &amp; Zeros : Volume 1<\/em>. Et d\u00e8s le d\u00e9part, aucune ambigu\u00eft\u00e9 sur le choix du titre (\u2018Je ne suis rien d\u2019autre que des \u2018uns et des z\u00e9ros\u2019 et je suis d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 pour \u00eatre un connard de post-humain\u2019) \u2026 La travers\u00e9e musicale est amorc\u00e9e et nous conduit au remarquable \u00ab\u00a0This is The Future\u00a0\u00bb, pop-rock sautillant aux relents eighties, avant de nous enivrer dans les m\u00e9andres acoustiques de \u00ab\u00a0Life\u00a0\u00bb, ballade raffin\u00e9e et magnifi\u00e9e par la superposition de parties vocales. Technique que l\u2019on retrouvera sur un titre \u00e9voquant \u00e9galement la vie \u2026 mais \u00e0 quel prix ?  (\u00ab\u00a0Life At Any Cost\u00a0\u00bb). La m\u00e9lodie de d\u00e9part s\u2019efface au bout de quelques minutes pour laisser place \u00e0 un break ravageur qui n\u2019est pas sans rappeler certains passages du Spock\u2019s Beard p\u00e9riode <em>Octane<\/em>. Le propos, quant \u00e0 lui, donne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, mais son intensit\u00e9 dramatique atteindra son paroxysme sur \u00ab\u00a0We Regret To Inform You\u00a0\u00bb. Surgit alors un sentiment de douleur exacerb\u00e9 par Valhalla Biotech, superpuissance r\u00e9gissant les humains devenus machines, qui, de sa voix m\u00e9tallique impose comme une \u00e9vidence les pires nouvelles : \u2018We Regret To Inform You \u2026\u2018that Your father has been fragmented\u2019 \u2026 pour finir par un funeste \u2018that your Father has been DELETED\u2019. Le contexte est \u00e0 la soumission, malgr\u00e9 quelques soubresauts en milieu de morceau, dans le plus pur style Saga, appelant au r\u00e9veil des consciences. <br \/><br \/> Nous tenons l\u00e0 un album somptueux, construit sur un patchwork de r\u00e9f\u00e9rences aussi diverses que vari\u00e9es, tout en \u00e9tant travers\u00e9 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre par la force cr\u00e9atrice de ses six musiciens. Il met en lumi\u00e8re cette r\u00e9invention permanente des fronti\u00e8res du rock dit \u2018progressif\u2019, ce que malheureusement peu de groupes arrivent \u00e0 faire aujourd\u2019hui. Et comme un miracle n\u2019arrive jamais seul, cette fois-ci, il ne faudra pas attendre la suite pendant de nombreuses ann\u00e9es, puisque le volume 2 est annonc\u00e9 pour 2016. Que du bonheur !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>3RDegree est un groupe am\u00e9ricain originaire du New-Jersey, relativement m\u00e9connu du public fran\u00e7ais \u2013 il&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":7344,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7343"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7343"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7343\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7344"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}