{"id":7339,"date":"2016-03-03T00:00:00","date_gmt":"2016-03-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7339"},"modified":"2016-03-03T00:00:00","modified_gmt":"2016-03-02T22:00:00","slug":"7339","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/03\/03\/7339\/","title":{"rendered":"Frank Zappa &#038; The Mothers &#8211; Roxy The Movie"},"content":{"rendered":"\n<p>On conna\u00eet tous Frank Zappa sans le conna\u00eetre, m\u00eame si sa t\u00eate nous est famili\u00e8re, chevelure abondante et moustache unique. Il fait partie de cet inconscient collectif qui le per\u00e7oit comme un compositeur et guitariste de g\u00e9nie. Mais qui parmi nous a vraiment \u00e9cout\u00e9 Zappa ? Combien de m\u00e9lomanes auto-d\u00e9clar\u00e9s peuvent se vanter de cerner l\u2019\u0153uvre de cet OVNI de la musique du vingti\u00e8me si\u00e8cle ? \u00ab\u00a0<em>Hot Rats<\/em>, c&rsquo;est le meilleur !\u00a0\u00bb. Ou : \u00ab\u00a0Ce mec, quel jeu, putain !\u00a0\u00bb. Ou encore : \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re ce qu&rsquo;il faisait avec les Mothers\u00a0\u00bb. On a tous entendu \u00e7a au d\u00e9tour d&rsquo;une conversation fi\u00e9vreuse et enfum\u00e9e lors d&rsquo;une soir\u00e9e jazz <em>seventies<\/em>. Consid\u00e9rant l&rsquo;ampleur de son \u0153uvre, on peut n\u00e9anmoins affirmer sans risque que rares sont ceux qui savent appr\u00e9hender l&rsquo;artiste dans son ensemble, tant il balaya large, joua les touche-\u00e0-tout et explora presque tout ce qu&rsquo;il est possible d&rsquo;explorer dans la musique moderne. <br \/><br \/> Sa discographie, tr\u00e8s in\u00e9gale au demeurant, les fans en conviendront, est unique en son genre, et ne compte rien de moins qu&rsquo;une centaine d&rsquo;albums. Le dernier en date, <em>Dance Me This<\/em> sorti \u00e0 titre posthume en 2015, est r\u00e9put\u00e9 justement pour \u00eatre le centi\u00e8me\u2026 Si celui-ci, comme un certain nombre d&rsquo;autres disques, n&rsquo;ont qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat historique, il existe des enregistrements que l&rsquo;amateur aura attendu d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment. Les l\u00e9gendaires concerts au c\u00e9l\u00e8bre Roxy Theatre \u00e0 Hollywood en Californie, que l&rsquo;on peut entendre par ailleurs sur l&rsquo;excellent <em>Roxy &amp; Elsewhere<\/em> sorti peu apr\u00e8s ou sur <em>Roxy by Proxy<\/em>, publi\u00e9 en 2014, font partie de ces arl\u00e9siennes. Suite \u00e0 un dysfonctionnement du mat\u00e9riel audio le premier soir, le film pr\u00e9vu n&rsquo;a en effet jamais vu le jour. A cette \u00e9poque, la technologie n&rsquo;avait pas permis de resynchroniser parfaitement une bande son d\u00e9cal\u00e9e et l&rsquo;image correspondante. Gr\u00e2ce au travail de titan r\u00e9alis\u00e9 par John Albarian, qui a tri\u00e9 et resynchronis\u00e9 les bandes, voici aujourd&rsquo;hui, au terme de quatre d\u00e9cennies d&rsquo;attente, le DVD de ces soir\u00e9es d&rsquo;anthologie des 8, 9 et 10 d\u00e9cembre 1973. <br \/><br \/> Le concert est interpr\u00e9t\u00e9 par la formation de r\u00eave des Mothers : George Duke (claviers, chant), Bruce Fowler (trombone), Napoleon Murphy Brock (fl\u00fbte, saxophone t\u00e9nor, chant), Tom Fowler (basse), Ralph Humphrey (batterie), Chester Thompson (batterie), et Ruth Underwood (percussions). A la t\u00eate d&rsquo;une telle \u00e9quipe, Zappa peut tout se permettre et donner dans un jazz fusion d\u00e9brid\u00e9, navigant au fronti\u00e8res du rock prog, sans craindre les improvisations. Il est difficile de d\u00e9crire par le menu ce moment d&rsquo;anthologie. Avec les Mothers, tout n&rsquo;est qu\u2019exub\u00e9rance, second degr\u00e9 et amusement bon enfant sur fond de virtuosit\u00e9 et de flamboyance musicale. Pointer les temps forts, insister sur les passages marquants ou s&rsquo;attarder sur les morceaux les plus r\u00e9ussis, rien de tout cela n&rsquo;est valable pour un concert de Zappa : dans <em>Roxy The Movie<\/em>, il n&rsquo;y a pas une seconde \u00e0 jeter. Le r\u00e9pertoire est subtilement revisit\u00e9, des deux titres-phares d&rsquo;<em>Apostrophe (&lsquo;)<\/em> (sorti l&rsquo;ann\u00e9e suivante), \u00ab\u00a0Cosmik Debris\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Don&rsquo;t Eat The Yellow Snow\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0Cheepnis\u00a0\u00bb en passant par \u00ab\u00a0Inca Roads\u00a0\u00bb. Mais on pourrait tout aussi bien citer \u00ab\u00a0T&rsquo;mershi Duween\u00a0\u00bb, o\u00f9 quatre percussionnistes (dont Zappa lui-m\u00eame) s&rsquo;affrontent fr\u00e9n\u00e9tiquement, ou les soli endiabl\u00e9s de \u00ab\u00a0The Dog Breath Variations\/Uncle Meat\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0Big Swifty\u00a0\u00bb. Aussi loquace avec sa guitare qu&rsquo;au micro, Zappa part dans d&rsquo;improbables monologues comme en introduction du loufoque \u00ab\u00a0Inca Roads\u00a0\u00bb, chant\u00e9 par George Duke, o\u00f9 il explique l&rsquo;origine du morceau (inspir\u00e9 du livre <em>Chariots of the Gods<\/em> de l&rsquo;ufologue Erich von D\u00e4niken) ou lorsqu&rsquo;avant \u00ab\u00a0Cheepnis\u00a0\u00bb il d\u00e9clare son amour pour les films de s\u00e9rie Z, d\u00e9cortiquant les moments-cl\u00e9s du chef d\u2019\u0153uvre nanar petit budget de Roger Corman <em>It Conquered The World<\/em> (1956). Une sc\u00e8ne est aussi une zone d&rsquo;interaction pour notre guitariste, qui aime faire participer le public : ainsi, sur le final \u00ab\u00a0Be-Bop Tango (Of The Old Jazzmen&rsquo;s Church)\u00a0\u00bb, il propose \u00e0 des jeunes gens de monter sur les planches pour danser au rythme du chant de George Duke. L&rsquo;exp\u00e9rience finit par d\u00e9raper naturellement avec une jeune fille en petite tenue se tr\u00e9moussant au milieu de tout cela. Une autre de ces fort attrayantes demoiselles vient exprimer physiquement son amour sur le bonus \u00ab\u00a0Pygmy Twilight\u00a0\u00bb. Ce titre constitue, avec \u00ab\u00a0The Idiot Bastard Son\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Dickie&rsquo;s Such An Asshole\u00a0\u00bb les vingt minutes de suppl\u00e9ments qui compl\u00e8tent l&rsquo;heure et demie de concert. Cerise sur le g\u00e2teau : une s\u00e9quence in\u00e9dite d&rsquo;une dizaine de minutes, mont\u00e9e par Zappa lui-m\u00eame sur le titre \u00ab\u00a0Cheepnis\u00a0\u00bb. <br \/><br \/> Trois cam\u00e9ras ont capt\u00e9 ces soir\u00e9es, dont l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule sur sc\u00e8ne, ce qui apporte une dynamique au film qui eut probablement \u00e9t\u00e9 trop sage visuellement par ailleurs. On peut trouver certains d\u00e9fauts \u00e0 <em>Roxy The Movie<\/em>, comme la qualit\u00e9 tr\u00e8s quelconque de l&rsquo;image (la mise au point n&rsquo;est pas toujours extraordinaire) ou la fadeur des couleurs (qui tirent un peu trop souvent sur les orang\u00e9s et les roses). Mais l&rsquo;extraordinaire performance des musiciens, l&rsquo;\u00e9nergie et la joie qui se d\u00e9gagent de ce concert rel\u00e8guent ces petits inconv\u00e9nients aux oubliettes. Pour r\u00e9sumer en deux mots ces deux heures de pur bonheur : \u00ab\u00a0\u00c7a joue !\u00a0\u00bb. Et sans donner dans la nostalgie bon march\u00e9 et le fantasme d&rsquo;une \u00e9poque  d\u00e9finitivement r\u00e9volue, on a quand m\u00eame furieusement envie de dire \u00ab\u00a0Bon sang, qu&rsquo;est-ce que j&rsquo;aurais aim\u00e9 y \u00eatre !\u00a0\u00bb.<br \/><br \/> Apr\u00e8s 2015, marqu\u00e9 par la sortie de <em>Dance Me This<\/em> et de ce <em>Roxy The Movie<\/em> tant attendu, 2016 sera une autre grande ann\u00e9e pour la reconnaissance du g\u00e9nie de Zappa, avec le documentaire <em>Eat That Question: Frank Zappa in His Own Words<\/em>. On ne peut que se r\u00e9jouir de ce coup de projecteur \u00e0 la fois totalement justifi\u00e9 et absolument n\u00e9cessaire sur l&rsquo;un des musiciens les plus innovants et prolifiques de ces six derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On conna\u00eet tous Frank Zappa sans le conna\u00eetre, m\u00eame si sa t\u00eate nous est famili\u00e8re,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7340,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[53,43,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7339"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7339\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7340"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}