{"id":7319,"date":"2016-02-18T00:00:00","date_gmt":"2016-02-17T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7319"},"modified":"2016-02-18T00:00:00","modified_gmt":"2016-02-17T22:00:00","slug":"7319","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/02\/18\/7319\/","title":{"rendered":"The Tea Club &#8211; Grappling"},"content":{"rendered":"\n<p>On esp\u00e8re que nombreux \u00e9taient ceux qui d\u00e9couvrirent en 2012 l&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent de ce quintette am\u00e9ricain, le fabuleux (de mon point de vue)<a href=\"\u201dhttp:\/www.chromatique.net\/component\/k2\/item\/14418?ItemId=12\u201d\" target=\"_blank\"><em>Quickly Quickly Quickly<\/em><\/a>, v\u00e9ritable joyaux, \u00e9tincelant d&rsquo;\u00e9motion, de libert\u00e9 cr\u00e9ative, de modernisme et d&rsquo;excellence technique. Rarement, et depuis longtemps, avait-on eu sous la main un tel \u00e9quilibre entre aventure, singularit\u00e9 et beaut\u00e9, et l&rsquo;on se disait qu&rsquo;avec ce troisi\u00e8me effort, The Tea Club (premier disque en 2008) nous avait offert l\u00e0 l&rsquo;une des plus innovantes et des plus belles oeuvres de ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, le temps l&rsquo;ayant largement confirm\u00e9. On s&rsquo;\u00e9tait m\u00eame dit que ces p&rsquo;tits gars avaient r\u00e9ussi \u00e0 faire avancer les choses, vers un progressif enfin moderne, par\u00e9 de facettes tout aussi int\u00e9gr\u00e9es et dig\u00e9r\u00e9es, qu&rsquo;actuelles : art rock, post rock, une goutte d&rsquo;avant garde, et un go\u00fbt constant pour la surprise et l&rsquo;\u00e9volution harmonique, tout en maintenant une fluidit\u00e9 proprement exceptionnelle, explorant ainsi un peu plus les terres d&rsquo;un Echolyn ou d&rsquo;un Mars Volta par exemple ; puissance, lyrisme, \u00e9motion sans complaisance, sensibilit\u00e9, et le tout avec un niveau de jeu \u00e9galant au moins ses illustres mod\u00e8les. On se souvient encore de la voix magnifique et si expressive de Patrick McGowan, \u00e0 l&rsquo;instar de celle du chanteur de Syndone (imaginez le niveau), Seven Impale et autres talents d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&#8230; La chair de poule est encore pr\u00e9sente, au cas o\u00f9 vous n&rsquo;\u00e9tiez pas d\u00e9j\u00e0 dans la confidence !<br \/><br \/> Alors \u00e9videmment, l&rsquo;arriv\u00e9e de ce quatri\u00e8me album \u00e9tait attendue au moins autant que redout\u00e9e. En effet, confirmer ou d\u00e9passer un tel petit chef d&rsquo;oeuvre rel\u00e8verait presque du suicide ! Il est quasi impossible de ne pas d\u00e9cevoir, dans ces conditions ; bien souvent, on dit tout, on donne tout en un seul disque, et tenter de reproduire le miracle peut \u00eatre une erreur terrible, voir fatale. Pour se rassurer on se dira (\u00e0 raison) que la discographie de The Tea Club avait fait montre jusqu\u2019ici d&rsquo;une constante progression&#8230; L&rsquo;ascension allait-elle se poursuivre ?<br \/><br \/> D&rsquo;entr\u00e9e de jeu, on d\u00e9marre \u00e0 plein r\u00e9gime, et l&rsquo;on se dit que le groupe n&rsquo;a perdu ni son enthousiasme ni son \u00e9nergie. On peut m\u00eame ajouter que les arrangements y sont r\u00e9solument plus complexes, plus denses, confirmant que les Am\u00e9ricains ne se sont pas repos\u00e9s sur leurs lauriers, bien au contraire, et c&rsquo;est peut-\u00eatre aussi ce qui leur sera reproch\u00e9, paradoxalement. Il faudra aller au del\u00e0 d\u2019un certain sentiment de confusion pour retrouver l&rsquo;\u00e9vident \u00e9quilibre entre complexit\u00e9 et harmonie des grands (tr\u00e8s grands) jours, et passer outre les incessantes notes sous-jacentes, empil\u00e9es les unes sur les autres, tandis que le chant tente de mener les d\u00e9bats. C&rsquo;est le cas tout particuli\u00e8rement du moins pour les deux premi\u00e8res pi\u00e8ces de cet opus, o\u00f9 les claviers se font litt\u00e9ralement h\u00e9morragiques, voilant, presque parasitant un peu, au final, les structures harmoniques du trio basse-guitare-voix&#8230; Le disque n\u00e9cessitera sans doute un bon nombre d&rsquo;\u00e9coutes pour d\u00e9fricher le bon grain de l&rsquo;ivraie&#8230; C&rsquo;est son seul v\u00e9ritable point faible. Pourquoi n&rsquo;avoir pas d\u00e9but\u00e9 sur  \u00ab\u00a0Dr. Abraham\u00a0\u00bb, peut-\u00eatre le meilleur morceau de l&rsquo;album, une splendeur (ouf !), un \u00e9clatement de plaisir, renouant de nouveau avec grande ambition ET lisibilit\u00e9, mais n&rsquo;apparaissant qu&rsquo;en troisi\u00e8me position ? Rassurez-vous, la suite s&rsquo;av\u00e8re tout aussi convaincante, d\u00e9veloppant \u00e0 nouveau ces rouleaux mirifiques de fi\u00e8vre et de beaut\u00e9. On l&rsquo;a dit, les compositions et harmonies s&rsquo;\u00e9tant encore davantage densifi\u00e9es sur ce disque, le chant et les choeurs s\u2019en r\u00e9v\u00e8lent indispensables de bout en bout, un d\u00e9fi qui fait figure d&rsquo;exploit ici et de personnalit\u00e9, tant la plupart du temps la place excessive du chant masque un manque d&rsquo;originalit\u00e9 ou d\u2019habilet\u00e9 instrumentale&#8230; L\u00e0 o\u00f9, dans l&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent, la voix accompagnait les circonvolutions musicales, ici, elle semble les porter presque \u00e0 elle seule, \u00e0 de nombreuses reprises. C&rsquo;est aussi sans compter sur le talent impressionnant des autres musiciens (le chanteur tient aussi guitares et claviers), dont la section rythmique est ahurissante, et le guitariste <em>lead<\/em> excellentissime. Les \u00e9changes instrumentaux sont bel et bien de la partie. Mais tout \u00e7a, on savait&#8230; On pourra reprocher peut-\u00eatre aussi un manque d&rsquo;accalmie dans ce maelstrom tourbillonnant, ce qui accentue un peu l&rsquo;id\u00e9e de confusion \u00e9voqu\u00e9e au d\u00e9part&#8230; Du moins reconna\u00eetra-t-on une couleur plus automnale, plus inqui\u00e8te qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9e. C&rsquo;est aussi, du coup, ce qui donne du relief, en regard de son a\u00een\u00e9. Donc moins, mais plus, au <em>finish<\/em>\u2026<br \/><br \/> <em>Grappling<\/em>n&rsquo;est pas un disque \u00e0 la beaut\u00e9 totalement imm\u00e9diate, toutes proportions gard\u00e9es bien s\u00fbr, <em>a contrario<\/em> de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, qui, d&#8217;embl\u00e9e, vous ass\u00e9nait un \u00e9norme effet coup de foudre. Mais les myst\u00e8res de l&rsquo;amour ont bien des d\u00e9tours, preuve en est encore avec celui-ci, qui certes se fait un peu d\u00e9sirer au d\u00e9part, mais tiendra toutes ces promesses sur la dur\u00e9e, d\u00e9montrant avec bonheur que cette musique n\u2019a pas encore tout dit. Il est grand temps que le talent de ce Club De Th\u00e9 \u00e9clate enfin au grand jour, alors \u00e0 vos bourses, et \u00e0 votre bouche \u00e0 oreille !&#8230;<br \/><br \/> Inutile de dire que si par chance le groupe passait pr\u00e8s de chez vous, vous seriez compl\u00e8tement fous de ne pas aller l\u2019\u00e9couter.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On esp\u00e8re que nombreux \u00e9taient ceux qui d\u00e9couvrirent en 2012 l&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent de ce quintette&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7320,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[57,25,43,50,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7319"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7319\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}