{"id":72751,"date":"2022-03-18T20:03:27","date_gmt":"2022-03-18T19:03:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=72751"},"modified":"2022-03-18T20:03:29","modified_gmt":"2022-03-18T19:03:29","slug":"jethro-tull-the-zealot-gene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2022\/03\/18\/jethro-tull-the-zealot-gene\/","title":{"rendered":"Jethro Tull &#8211; The Zealot Gene"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>\u00abAt last, the new collection of songs you have not really been waiting for.\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est par cette ligne que d\u00e9marrent les notes de pochette r\u00e9dig\u00e9es par Ian Anderson. A 75 ans, c\u2019est peu dire que le musicien, producteur, compositeur et <em>frontman<\/em> charismatique, est toujours actif. Ainsi, et \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, il r\u00e9active le vaisseau-m\u00e8re d\u00e9coll\u00e9 en 1967 (dont il est le dernier porte-\u00e9tendard depuis le d\u00e9part de Martin Barre en 2012), 19 ans apr\u00e8s le dernier album.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau concept-album marque donc le retour sous l\u2019\u00e9tiquette <em>Jethro Tull<\/em>. Son co-cr\u00e9ateur le justifie ainsi : d\u2019une part, par l\u2019id\u00e9e que cet album a une vocation de \u201cband album\u201d, contrairement aux derniers efforts en solo; d\u2019autre part, par sa volont\u00e9 d\u2019honorer la relation avec ses musiciens, dont certains sont l\u00e0 depuis quelque temps.<\/p>\n\n\n\n<p>A ses c\u00f4t\u00e9s en effet, David Goodier (basse), Florian Opahle (guitare) et John O\u2019Hara (claviers) depuis plus de 10 ans, ou encore Scott Hammond (batterie) depuis 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201cBeware, beware the Zealot gene.\u201d<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le titre de ce vingt-deuxi\u00e8me album fait r\u00e9f\u00e9rence aux Z\u00e9lotes, ces membres z\u00e9l\u00e9s du mouvement nationaliste extr\u00eame qui jou\u00e8rent un r\u00f4le dans la r\u00e9volte juive contre l\u2019occupant romain. Aujourd\u2019hui, ce terme fait penser aux personnes fanatiques dont les r\u00e9seaux sociaux font office de chambre d\u2019\u00e9cho, d\u00e9clamant des opinions tranch\u00e9es de mani\u00e8re agressive et massive.<\/p>\n\n\n\n<p>Les titres de morceaux, eux, font la part belle au \u201c<em>name dropping<\/em>\u201d. Ces sayn\u00e8tes, centr\u00e9es sur des personnages hauts en couleur, traversent autant des th\u00e8mes d\u2019actualit\u00e9 que celui de l\u2019amour. Plus original, ceux-ci sont tous associ\u00e9s \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences bibliques, qui ont servi de point de d\u00e9part \u00e0 notre Ecossais. Celui-ci souhaitait mettre en avant l\u2019aspect positif du \u201cvivre ensemble\u201d, sans faire du pros\u00e9lytisme.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sonnance \u00e0 ce propos, la pochette oppose un contraste Noir\/Blanc symbolisant selon lui \u00abla nature polaris\u00e9e des opinions\u00bb encourag\u00e9e par les m\u00e9dias. En son centre, un portrait en noir et blanc de Ian Anderson, l\u2019air sombre et grave. En se pla\u00e7ant au milieu, veut-il nous dire que la musique peut r\u00e9unir les deux camps?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201cWhich I have walked, will walk again.\u201d<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Musicalement, <em>The Zealot Gene<\/em> est \u00e9galement tiraill\u00e9 entre des contrastes, ceux du rock et de la folk, r\u00e9partis \u00e9quitablement tout au long de l\u2019album. Il a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 en deux temps : d\u2019abord collectivement en 2017 dans la campagne anglaise pour les morceaux \u00e9lectriques, puis \u201c\u00e0 distance\u201d durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2021 pour les morceaux acoustiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici pas de morceau-fleuve, et les styles sont moins vari\u00e9s que par le pass\u00e9, mais on y retrouve les ingr\u00e9dients qui font la marque du ma\u00eetre \u00e0 souffler : fl\u00fbte guillerette, voix r\u00e9confortante, guitare folk. A la mani\u00e8re d\u2019un <em>Aqualung<\/em>, on navigue donc entre ces deux univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les morceaux rock ne soient pas d\u00e9sagr\u00e9ables, ils&nbsp; peuvent parfois manquer de mordant, ce c\u00f4t\u00e9 <em>heavy<\/em> sp\u00e9cifique du d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Nous retiendrons tout de m\u00eame \u00ab<em>Mine is the mountain\u00bb <\/em>ou le morceau-titre<em> <\/em>pour leur ambiance plus \u00e9labor\u00e9e. A l\u2019inverse, les morceaux acoustiques, plus intimistes, sont toujours aussi riches et charmeurs. Des morceaux comme \u00ab<em>Shoshanna sleeping\u00bb<\/em> ou l\u2019\u00e9mouvant \u00ab<em>In brief visitation\u00bb <\/em>manifestent de la ma\u00eetrise de ces ambiances calmes et color\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les petits b\u00e9mols iront aux synth\u00e9s au son <em>cheap<\/em>, au manque de prise de risque en termes de vari\u00e9t\u00e9 de tempo et de complexit\u00e9 m\u00e9lodique, ou encore \u00e0 la voix de Ian Anderson, toujours puissante et chaleureuse mais subtilement plus fatigu\u00e9e qu\u2019autrefois.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201cI&rsquo;ll take what&rsquo;s offered.\u201d<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9sumer, le format autant que le style rapprochent cet album de la p\u00e9riode initi\u00e9e par <em>Songs From The Wood<\/em>, \u00e0 tendance folk \u00e9dulcor\u00e9, tranchant avec les \u00e9pop\u00e9es prog, et avec une touche moins <em>catchy<\/em> qu\u2019avant (la faute au d\u00e9part de Martin Barre?).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc un honorable vrai-faux retour que nous apporte Ian Anderson, qui divertira les fans autant qu\u2019il r\u00e9galera les novices. Ce disque \u00e0 la production propre mais sage aurait juste m\u00e9rit\u00e9 un peu plus de folie.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9jouissons-nous, la l\u00e9gende Jethro Tull est toujours l\u00e0, (presque) aussi \u00e9paisse que la brique !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Jethro Tull - Shoshana Sleeping (Official Video)\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uPTeqsBd1Ik?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abAt last, the new collection of songs you have not really been waiting for.\u00bb C\u2019est&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":72755,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[41,34,117,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72751"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72751"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72751\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":73387,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72751\/revisions\/73387"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/72755"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}