{"id":7173,"date":"2015-05-27T00:00:00","date_gmt":"2015-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7173"},"modified":"2015-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2015-05-26T22:00:00","slug":"7173","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/05\/27\/7173\/","title":{"rendered":"Regal Worm &#8211; Neither Use Nor Ornament (A Small Collection Of Big Suites)"},"content":{"rendered":"\n<p>Regal Worm est le projet d\u2019un seul homme : Jarod Gosling, multi instrumentiste, v\u00e9ritable pieuvre musicale, touche \u00e0 tout de g\u00e9nie (le mot n\u2019est pas galvaud\u00e9 ici), \u00e0 l\u2019\u00e9clectisme incroyable, for\u00e7ant d\u2019embl\u00e9e int\u00e9r\u00eat et admiration d\u00e8s 2013, avec <a href=\"chroniques\/item\/14830-use-and-ornament\"><em>Use And Ornament<\/em><\/a>. D\u2019entr\u00e9e de jeu, il nous plongeait dans une musique particuli\u00e8rement bouillonnante, au style unique, et \u00e0 la palette tr\u00e8s large. Un prog ni tout \u00e0 fait \u00e9lectro, ni tout \u00e0 fait jazz, ni pop, ni tout \u00e0 fait exp\u00e9rimental, mais tout \u00e7a \u00e0 la fois, et avec un esprit ind\u00e9niablement psych\u00e9 et Canterbury. Bref, on sortait des sentiers battus ! <br \/><br \/> Dans la foul\u00e9e, voici un deuxi\u00e8me effort, bottant en touche, et surpassant son a\u00een\u00e9 car moins d\u00e9bordant et plus concis. Au menu : richesse, surprise, grand \u00e9cart et fluidit\u00e9. Les formats oscillent entre morceaux copieux (deux approchent les vingt minutes !) et v\u00e9ritables petites sucreries, en guise de digestif\u2026 Il semble, une fois de plus, que Gosling ne se soit fix\u00e9 aucune barri\u00e8re, au gr\u00e9 de son inspiration. <br \/><br \/> Cet album fusionne pleinement, mixant m\u00eame des influences d\u2019apparences contraires : programmations rythmiques froides, s\u00e9quences r\u00e9p\u00e9titives psychotiques, accords jazz \u00e9labor\u00e9s, atmosph\u00e8res prog <em>seventies<\/em> d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, habillages r\u00e9tro et ambiances post pop !&#8230; Et c\u2019est l\u2019esprit progressif qui articule le tout, <em>british<\/em> de surcroit, avec cette envie quasi de chaque instant de faire \u00e9voluer les s\u00e9quences, les ruptures, les envol\u00e9es, sans l\u2019air d\u2019y toucher. Chez Regal Worm (vermisseau royal !), point  de lyrisme ni teutonneries pompi\u00e8res. Ici, on avance dans la nuance, la subtilit\u00e9. L\u2019\u00e9nergie certes, l\u2019\u00e9motion, mais sans le pathos, l\u2019\u00e9clectisme, mais avec coh\u00e9rence, et parfois avec un petit rictus en coin. Les claviers, bidouillages <em>vintage<\/em> et autres fantaisies synth\u00e9tiques, sont rois, bien s\u00fbr, mais c\u2019est sans compter avec la pr\u00e9sence des guitares. Ses interventions sont sobres et somptueuses, autant d\u2019arp\u00e8ges, d\u2019une d\u00e9licatesse infinie, qui jalonnent ce <em>Neither Use Nor Ornament <\/em>, mellotron \u00e0 l\u2019appui. Luxe, excitation, calme, espi\u00e8glerie et beaut\u00e9\u2026 <br \/><br \/> Les accents RIO ou Krautrock ne manquent pas, le premier passage du morceau d\u2019ouverture (le deuxi\u00e8me morceau encore plus !) ne laissant planer aucun doute, annon\u00e7ant d\u2019embl\u00e9e qu\u2019on va entrer sur des terres un peu diff\u00e9rentes, et un peu folles ! L\u2019\u00e9tranget\u00e9 flotte donc, assur\u00e9ment, en pointill\u00e9, au milieu des ambiances r\u00e9guli\u00e8rement m\u00e9lodieuses. La section rythmique est un atout incontestable, l\u2019\u00e9lectro proposant mille interventions, petits <em>breaks<\/em> , sonorit\u00e9s farfelues, <em>samples<\/em> coupl\u00e9s \u00e0 une batterie traditionnelle, dont on finit par ne plus discerner la vraie du faux ! Les <em>soli<\/em> ne sont pas l\u00e9gion (no<em>guitar hero<\/em>, ni Emerson Wakeman !) car le propos est vraiment concentr\u00e9 sur les compositions. Parfois un saxophone se pointe, \u00e0 droite \u00e0 gauche, enfon\u00e7ant le clou du jazz, voire jazz rock. La voix du sieur Gosling est nonchalante, pr\u00e9cieuse, sensuelle, retenue, \u00e9voquant davantage un Thom Yorke qu\u2019un Pete Gab, souvent doubl\u00e9e \u00e0 l\u2019unisson, parfois en ch\u0153urs, ou alternant avec une voix f\u00e9minine de la m\u00eame qualit\u00e9. On songe du coup aux vocaux de Knifeworld, le groupe men\u00e9 par Kavus Torabi. <br \/> <br \/>Les arrangements sont absolument renversants d\u2019inventivit\u00e9, au diapason d\u2019une mise en son tr\u00e8s r\u00e9jouissante (\u00e9coutez au casque !), contribuant pleinement \u00e0 l\u2019originalit\u00e9 de cet univers pas si exigeant qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. On pensera r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Air,  en plus joyeux et sous acide, \u00e0 Archive derni\u00e8re mouture, tout autant qu\u2019\u00e0 Yes finalement, pour une sorte de symphonisme m\u00e9canique, et pop ! Mine de rien, \u00e0 lui tout seul (et tous les invit\u00e9s qui ont dit oui) ce Gosling abolit les vraies fronti\u00e8res, et pose les jalons d\u2019un prog r\u00e9solument moderne. Il n\u2019est sans doute pas le seul, mais quand-m\u00eame ! Du new prog qui nous parlerait d\u2019aujourd\u2019hui ! Enfin !<br \/> <br \/>Nul ne pourra pr\u00e9dire l\u00e0 o\u00f9 Regal Worm vous conduira. Il le fera tant et si bien, que ce voyage en appara\u00eetra in\u00e9puisable. Alors vivement la suite, bravo pour lui, et pour ce salutaire esprit d\u2019aventure ! Indispensable (si l\u2019on vit en 2015 !\u2026)<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Regal Worm est le projet d\u2019un seul homme : Jarod Gosling, multi instrumentiste, v\u00e9ritable pieuvre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7174,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[119,70,56,43,51,23,50,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7173"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}