{"id":7161,"date":"2015-05-17T00:00:00","date_gmt":"2015-05-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7161"},"modified":"2015-05-17T00:00:00","modified_gmt":"2015-05-16T22:00:00","slug":"7161","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/05\/17\/7161\/","title":{"rendered":"Ghost Rhythms &#8211; Madeleine"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec cette troisi\u00e8me r\u00e9alisation depuis sa formation en 2005, Ghost Rhythms passe clairement dans une cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure. <em>Madeleine<\/em> est un hommage appuy\u00e9 au film <em>Vertigo<\/em> (<em>Sueurs froides<\/em> en fran\u00e7ais), l&rsquo;un des sommets d&rsquo;Alfred Hitchcock. Une quinzaine de musiciens, pas moins, est d\u00e9ploy\u00e9e sur plus de deux heures pour produire ce double album conceptuel, qui n&rsquo;appartient \u00e0 aucune paroisse, accordant autant de place au jazz qu&rsquo;\u00e0 la musique de chambre, laissant dire leur mot au rock, \u00e0 l&rsquo;improvisation, aux boucles hypnotiques. Cette mani\u00e8re de p\u00e9trir la mati\u00e8re musicale, d&rsquo;\u00e9mulsionner les genres, d&rsquo;agr\u00e9ger les sons, aboutit \u00e0 une \u0153uvre coh\u00e9rente, travaill\u00e9e, au pouvoir \u00e9vocateur consid\u00e9rable, aussi palpitante que son pendant cin\u00e9matographique. <br \/><br \/> Les arrangements sont remarquables de la part d&rsquo;un collectif aussi nombreux, le mixage et la production \u00e9tonnants de clart\u00e9. Chaque instrument trouve mati\u00e8re \u00e0 s&rsquo;exprimer sur ces vingt-deux compositions, tour \u00e0 tour ou ensemble comme sur les extraordinaires \u00ab\u00a0Carlotta Valdes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Aleph\u00a0\u00bb, longues suites \u00e0 rebondissements.  Les saxophones cohabitent avec l&rsquo;accord\u00e9on, les cordes avec la guitare \u00e9lectrique, le piano avec la basse, la trompette avec la batterie\u2026 Le plus impressionnant est cette capacit\u00e9 \u00e0 extraire les instruments de leur chapelle habituelle, un peu \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;Aranis, sans que cela ne choque d&rsquo;une quelconque fa\u00e7on. On trouve d&rsquo;ailleurs quelques similitudes avec le groupe belge sur des titres comme \u00ab\u00a0Relief\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0A Bridge\u00a0\u00bb. De nombreuses autres influences  se manifestent dans cette \u00e9norme quantit\u00e9 de musique. On retiendra par exemple des \u00e9l\u00e9ments minimalistes et r\u00e9p\u00e9titifs \u00e0 la Steve Reich, des motifs pop fa\u00e7on Radiohead ou encore des allusions \u00e0 la musique de films du Giallo italien.  Quelques m\u00e9lop\u00e9es accompagnent ou survolent  \u00e7\u00e0 et l\u00e0 les compositions, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un Karda Estra (\u00ab\u00a0Vie d&rsquo;Emilie Sag\u00e9e\u00a0\u00bb) et renforcent ainsi leur facult\u00e9 de suggestion. Si Soft Machine est une autre influence revendiqu\u00e9e, on ne retrouve ici que peu de la cr\u00e9ativit\u00e9 bord\u00e9lique des Anglais, hormis la transgression des codes \u00e9tablis, m\u00eame si le titre \u00ab\u00a0Pour toi (mais tu n&rsquo;\u00e9coutais pas)\u00a0\u00bb, fait probablement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab\u00a0Dedicated to you (but you weren&rsquo;t listening)\u00a0\u00bb du second album de la Machine Molle.  <br \/><br \/> Les ambiances m\u00e9lancoliques ou inqui\u00e9tantes succ\u00e8dent aux passages plus rythm\u00e9s. Ainsi, on peut passer sans crier gare d&rsquo;une plage paisible, voire atmosph\u00e9rique (\u00ab\u00a0Apparition #1\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Apparition #2\u00a0\u00bb) \u00e0 un titre au <em>groove<\/em> prononc\u00e9, ou tendu, syncop\u00e9  (\u00ab\u00a0L&rsquo;Alph\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Three Ashes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Free Fall\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Apparition #4\u00a0\u00bb). Les styles se c\u00f4toient et s&rsquo;entrem\u00ealent sans qu&rsquo;\u00e0 aucun moment on n&rsquo;ait l&rsquo;impression d&rsquo;artificialit\u00e9. Et tenir en haleine l&rsquo;auditeur pendant la dur\u00e9e d&rsquo;un film rel\u00e8ve d&rsquo;un exploit dont peu de disques sont capables. On ne peut que tirer notre chapeau devant une \u0153uvre de cette qualit\u00e9, qui m\u00eale ambition et accessibilit\u00e9, virtuosit\u00e9 et m\u00e9lodie.  Un <em>page turner<\/em> version musicale. <br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec cette troisi\u00e8me r\u00e9alisation depuis sa formation en 2005, Ghost Rhythms passe clairement dans une&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7162,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[60,33,86,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7161"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7161"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7161\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}