{"id":7159,"date":"2015-05-12T00:00:00","date_gmt":"2015-05-11T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7159"},"modified":"2015-05-12T00:00:00","modified_gmt":"2015-05-11T22:00:00","slug":"7159","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/05\/12\/7159\/","title":{"rendered":"Marcus O&rsquo;Dair &#8211; Different Every Time \u2013 The Authorized Biography of Robert Wyatt"},"content":{"rendered":"\n<p>Il fallait un jour ou l&rsquo;autre que quelqu&rsquo;un de s\u00e9rieux se penche sur la vie et l\u2019\u0153uvre de Robert Wyatt. La France, qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 indiff\u00e9rente au talent du batteur britannique d\u00e8s ses d\u00e9buts, lui a bien consacr\u00e9 un court ouvrage en 2009, \u00e9crit par Jean-Fran\u00e7ois Drean et Philippe Thieyre, mais personne ne s&rsquo;\u00e9tait encore attel\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;une biographie digne de ce nom. Marcus O&rsquo;Dair, universitaire, musicien et chroniqueur, corrige cette anomalie avec <em>Different Every Time<\/em>. O&rsquo;Dair s&rsquo;est assur\u00e9 dans cette entreprise la pleine participation du principal int\u00e9ress\u00e9. Il s&rsquo;est en outre entretenu avec plus de soixante-dix personnes qui ont \u00e9t\u00e9 proches de Wyatt d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre et a compuls\u00e9 de nombreux documents, livres, magazines, sites internet, archives&#8230; Toutes ses sources sont d\u00e9taill\u00e9es dans une importante bibliographie en fin d&rsquo;ouvrage. Son exhaustivit\u00e9 laisse pantois et n&rsquo;entretient aucun doute sur le s\u00e9rieux et la fiabilit\u00e9 de cette biographie, qui de surcro\u00eet est absolument passionnante \u00e0 lire, pour peu qu&rsquo;on soit anglophone. <br \/><br \/> Avec la sortie par Cuneiform en 2013 d&rsquo;un excellent disque d&rsquo;archives de la p\u00e9riode Soft Machine, sobrement intitul\u00e9 <a href=\"component\/k2\/item\/14716?ItemId=12\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>&rsquo;68<\/em><\/a>, puis d&rsquo;une compilation \u00e9labor\u00e9e par Wyatt lui-m\u00eame (pour accompagner le pr\u00e9sent ouvrage) fin 2014, l&rsquo;actualit\u00e9 discographique du bonhomme est bien garnie et ses multiples collaborations ne sont sans doute pas pr\u00e8s de s&rsquo;arr\u00eater. Car si on conna\u00eet surtout la premi\u00e8re partie de sa carri\u00e8re et l&rsquo;apog\u00e9e que constitue <a href=\"component\/k2\/item\/359?ItemId=12\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Rock Bottom<\/em><\/a>, le multi-instrumentiste a collabor\u00e9 de tous temps avec une kyrielle d&rsquo;artistes, dont quelques-uns parmi les plus grands, comme Brian Eno ou Bj\u00f6rk. La France a toujours \u00e9t\u00e9 une destination privil\u00e9gi\u00e9e dans ses projets. Qui par exemple conna\u00eet le travail de Wyatt avec l&rsquo;Orchestre National de Jazz, le groupe La Tordue ou encore Bruno Coulais pour la bande original du documentaire <em>Le peuple migrateur<\/em> ? Peu de monde, probablement. <br \/><br \/> Notre homme a v\u00e9cu le Summer of Love, le fourmillement artistique, et particuli\u00e8rement musical, du d\u00e9but des ann\u00e9es soixante dix. Il a tr\u00e8s vite connu la griserie de jouer dans un groupe reconnu, de fr\u00e9quenter de grands noms, \u00e0 l&rsquo;image de cette tourn\u00e9e aux \u00c9tats-Unis en premi\u00e8re partie de Jimmy Hendrix en 1968. S&rsquo;il n&rsquo;a semblerait-il pas exp\u00e9riment\u00e9 les substances psychotropes en vogue, son penchant pour la bouteille lui a valu divers d\u00e9sagr\u00e9ments. Et un drame, la perte de ses jambes, apr\u00e8s une chute du quatri\u00e8me \u00e9tage. Cette \u00ab premi\u00e8re vie \u00bb, en tant que \u00ab valide \u00bb batteur de Soft Machine, Matching Mole et quelques autres occupe la moiti\u00e9 du volume. Son mariage avec Alfreda \u00ab Alfie \u00bb Benge et la sortie  de <em>Rock Bottom<\/em> constituent une sorte de renaissance pour Wyatt qui d\u00e8s lors trouvera par la force des choses une voie qu&rsquo;il avait toujours eu du mal \u00e0 d\u00e9finir auparavant. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;une intense activit\u00e9 solo, d&rsquo;engagements politiques, de voyages, et d&rsquo;une s\u00e9rie de collaborations, dans des genres aussi diff\u00e9rents que le jazz, les musiques du monde, l&rsquo;avant-garde musicale et tant d&rsquo;autres. Malgr\u00e9 quelques \u00e9clipses \u00e7a et l\u00e0, et une rar\u00e9faction de sa pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne au fil du temps, il est r\u00e9guli\u00e8rement sollicit\u00e9, pour chanter, jouer des percussions, des claviers, des cuivres\u2026 et sa r\u00e9putation sans cesse grandissante. Cet imposant volume donne toute la mesure de son travail, de son influence, \u00e0 travers le prisme d&rsquo;une vie d&rsquo;artiste parcourue de doutes, d&rsquo;\u00e9preuves, d&rsquo;apaisements, de moments de gr\u00e2ce.<br \/><br \/> On ne peut esp\u00e9rer qu&rsquo;une seule chose : que <em>Different Every Time<\/em> connaisse une traduction en fran\u00e7ais. Ce ne serait que justice, car notre pays a t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises son attachement \u00e0 Wyatt, au travers de ses musiciens. Un attachement qui est r\u00e9ciproque, peut-on affirmer sans grand risque. <br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il fallait un jour ou l&rsquo;autre que quelqu&rsquo;un de s\u00e9rieux se penche sur la vie&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7160,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[121,33,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7159"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7159"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7159\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7160"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7159"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7159"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7159"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}