{"id":7083,"date":"2015-03-08T00:00:00","date_gmt":"2015-03-07T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7083"},"modified":"2015-03-08T00:00:00","modified_gmt":"2015-03-07T22:00:00","slug":"7083","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/03\/08\/7083\/","title":{"rendered":"Steven Wilson &#8211; Hand. Cannot. Erase."},"content":{"rendered":"\n<p>Avec Wilson, c\u2019est toujours la m\u00eame histoire. On attend avec impatience les annonces d\u2019un nouvel album. On d\u00e9vore les quelques miettes qu\u2019il daigne nous jeter. On regarde plusieurs fois les <em>teasers<\/em> d\u2019enregistrement en studio. On est d\u00e9\u00e7u, intrigu\u00e9, charm\u00e9, voire les trois \u00e0 la fois. Et puis le disque sort \u2026 et c\u2019est comme d\u2019habitude. La premi\u00e8re \u00e9coute laisse pantois : \u00ab\u00a0ouais \u2026 et alors ?\u00a0\u00bb. Mais bon ! C\u2019est Steven Wilson ! On le connait bien, alors on se laisse tenter \u00e0 une seconde \u00e9coute. On lui donne sa chance tout de m\u00eame. La deuxi\u00e8me \u00e9coute se passe mieux, mais toujours un petit go\u00fbt bizarre dans la bouche. \u00ab\u00a0Ca sonne comme avant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u2019est trop pop\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0il ne se renouvelle plus\u00a0\u00bb. Non mais c\u2019est vrai, mais bon \u2026 Allez \u2026 On va quand m\u00eame le remettre encore une fois, c\u2019est vrai qu\u2019il y a ce morceau qui passe bien !<br \/><br \/> Soixante \u00e9coutes d\u2019affil\u00e9es plus tard : \u00ab\u00a0Finalement, c\u2019est pas si mal, voir carr\u00e9ment bon.\u00a0\u00bb <br \/><br \/> Alors ! Quoi de neuf pour ce quatri\u00e8me album solo du prodige du rock progressif \u00e0 la British ? <em>Hand. Cannot. Erase<\/em> est \u00e0 nouveau une histoire cont\u00e9e par l\u2019Anglais. A la diff\u00e9rence du <em>Raven<\/em>, cette fois-ci il s\u2019agit d\u2019une unique histoire qui remplira tout le disque. Un unique monolithe ins\u00e9cable, comme au temps (maudit pour certains) de <em>The Incident<\/em>. Bas\u00e9 sur la tragique histoire de Joyce Carol Vincent, <em>Hand. Cannot. Erase<\/em> (HCE pour les intimes) narre la solitude que l\u2019on peut \u00e9prouver au coeur d\u2019une m\u00e9tropole, le sentiment d\u2019\u00eatre entour\u00e9 de monde et pourtant solitaire. L\u2019\u00e9criture passe une nouvelle fois par tout un tas de <em>media<\/em> diff\u00e9rents permettant l\u2019immersion du lecteur dans le monde soigneusement pr\u00e9par\u00e9 par Wilson. On notera entre autres fausses coupures de journaux, photographies d\u2019une actrice prise sp\u00e9cialement pour le r\u00f4le, et comble du bonheur : un blog entier \u00e9crit par la protagoniste de l\u2019histoire (c.f. la page de l\u2019artiste, plus bas). <br \/><br \/> Mais tr\u00eaves de pr\u00e9sentations, qu\u2019en est-il de la musique ? Repartant avec la troupe du <em>Raven<\/em> (Th\u00e9o Travis en moins), Wilson s\u2019est attel\u00e9 cette fois-ci \u00e0 pondre un album bien plus pop et accessible que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, tr\u00e8s clairement moins sombre que les piliers de l\u2019Anglais comme <em>Grace for Drowning<\/em>. On est loin des ambiances glauques d\u2019un \u00ab\u00a0Raider II\u00a0\u00bb, m\u00eame si l\u2019album contient tout de m\u00eame son petit moment de <em>bad-trip<\/em> sur \u00ab\u00a0Ancestral\u00a0\u00bb. Globalement, cette fois-ci, l\u2019ambiance est plut\u00f4t \u00e0 la tristesse et \u00e0 la m\u00e9lancolie. Les morceaux laissent un arri\u00e8re-go\u00fbt de nostalgie, d\u2019abandon, de solitude, et de tout un tas d\u2019adjectifs collant particuli\u00e8rement bien \u00e0 l\u2019histoire cont\u00e9e. <br \/><br \/> Bien \u00e9videmment, Wilson joue comme d\u2019habitude aux montagnes russes et se permet de faire cohabiter des morceaux d\u2019un calme olympien au format radio (\u00ab\u00a0Perfect Life\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Happy Returns\u00a0\u00bb) avec des plages plus traditionnelles du rock-progressif (\u00ab\u00a0Home Invasion\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Ancestral\u00a0\u00bb). Une nouvelle fois, il laisse quasi carte blanche \u00e0 ses musiciens qui s\u2019en donnent \u00e0 coeur-joie, comme le prouve \u00ab\u00a0Regret #9\u00a0\u00bb et son interminable solo de clavier, suivi d\u2019un interminable (mais non moins excellent) solo de guitare. Puisqu\u2019on parle de guitare, notons une nouvelle fois la performance admirable de Guthrie Govan dont les <em>soli<\/em> ponctuent plusieurs pistes, g\u00e9n\u00e9ralement avec bon go\u00fbt. <br \/><br \/> De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, Wilson joue avec les codes de ce qui a fait son succ\u00e8s pour nous pr\u00e9senter une nouvelle fois toute l\u2019\u00e9tendue de ses capacit\u00e9s. L\u2019\u00e9criture, la diversit\u00e9, la qualit\u00e9 de la production, le c\u00f4t\u00e9 cin\u00e9matographique, tout y est ! Si HCE n\u2019est en d\u00e9finitive pas l\u2019album ultime de Steven Wilson, il fait tout de m\u00eame partie de ceux qu\u2019on r\u00e9\u00e9coute avec plaisir un sacr\u00e9 nombre de fois. Et comme toujours, la magie op\u00e8re. On se retrouve une nouvelle fois \u00e0 d\u00e9couvrir des d\u00e9tails auxquels on avait pas pr\u00eat\u00e9 trop d\u2019attention, ces fourmillements de l\u2019arri\u00e8re plan qui montrent \u00e0 quel point Wilson est ce sculpteur de son.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec Wilson, c\u2019est toujours la m\u00eame histoire. 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