{"id":7073,"date":"2015-02-25T00:00:00","date_gmt":"2015-02-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7073"},"modified":"2021-10-05T18:21:42","modified_gmt":"2021-10-05T16:21:42","slug":"7073","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/02\/25\/7073\/","title":{"rendered":"Thomas de Pourquery Supersonic play Sun Ra"},"content":{"rendered":"\n<p>Frank Zappa et Sun Ra ont une multitude de points communs. Hormis qu\u2019ils furent des musiciens de g\u00e9nie et qu\u2019ils ne se sont jamais encombr\u00e9s des codes en vigueur de leur temps, ils quitt\u00e8rent cette terre la m\u00eame ann\u00e9e \u2013 1993 \u2013 laissant derri\u00e8re eux une discographie pl\u00e9thorique dans laquelle m\u00eame le fan a du mal \u00e0 s\u2019y retrouver. Thomas de Pourquery a tout de m\u00eame tent\u00e9 de faire une s\u00e9lection dans les \u0153uvres du ma\u00eetre du free jazz mythologico-pop et bien lui en a pris, puisque <em>Supersonic Play Sun Ra<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu Album de l\u2019ann\u00e9e aux Victoires du Jazz 2014. <br><br> La musique de Sun Ra, dont le d\u00e9corum d\u00e9licieusement kitsch emprunte \u00e0 diverses cosmogonies, est souvent bas\u00e9e sur des motifs r\u00e9p\u00e9titifs : les boucles hypnotiques du saxophone de \u00ab&nbsp;Shadow World&nbsp;\u00bb, celles du synth\u00e9 de \u00ab&nbsp;Watusi egyptian march&nbsp;\u00bb, le d\u00e9licat th\u00e8me \u00e0 la basse du solennel \u00ab&nbsp;Love in Outer Space&nbsp;\u00bb ou encore les incantations de  \u00ab&nbsp;Rocket Number Nine&nbsp;\u00bb. La chorale du Supersonic est d\u00e9vou\u00e9e corps et \u00e2me \u00e0 l\u2019annonciation d\u2019une gloire \u00e9ternelle comme sur cette version chant\u00e9e de \u00ab&nbsp;Enlightenment&nbsp;\u00bb que n\u2019aurait pas reni\u00e9e l\u2019alter ego de Herman Poole Blount. On ne se pr\u00eatera pas au jeu des ressemblances entre les originaux et les adaptations, le genre musical abord\u00e9 impliquant par d\u00e9finition une totale libert\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tation. Les onze pi\u00e8ces sont onze moments d\u2019all\u00e9gresse et de communion avec un artiste trop rapidement disparu des radars depuis sa mort. De cette f\u00eate \u00e0 la fois d\u00e9brid\u00e9e et ataraxique na\u00eet une aspiration \u00e0 s\u2019\u00e9lever vers quelque chose de plus grand, une messe cosmique o\u00f9 le message un tantinet <em>new age<\/em> se trouve magnifi\u00e9 par une exub\u00e9rance instrumentale qui va comme un gant aux talentueux musiciens du Supersonic. Les claviers spatiaux et les cuivres terrestres forment le pont de lumi\u00e8re qui permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la f\u00e9licit\u00e9 transcendantale. Profitant de la liesse g\u00e9n\u00e9rale, Thomas de Pourquery glisse \u00e7\u00e0 et l\u00e0 quelques compositions personnelles (\u00ab&nbsp;Three Moons&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Disco 2100&nbsp;\u00bb) et un titre du saxophoniste Roland Kirk (\u00ab&nbsp;Eulipions&nbsp;\u00bb), totalement raccords d\u2019ailleurs avec l\u2019esprit Sun Ra. La c\u00e9l\u00e9bration s\u2019ach\u00e8ve sur \u00ab&nbsp;N&rsquo;other blue man pool&nbsp;\u00bb, une composition collective (et anagramme de\u2026 ?), suivie d\u2019un <em>ghost track<\/em>, une reprise de \u00ab&nbsp;Enlightenment&nbsp;\u00bb, point final embl\u00e9matique d\u2019un disque plac\u00e9 sous le signe de l\u2019euphorie. <br><br> Le pari \u00e9tait risqu\u00e9, mais on remercie chaleureusement Thomas de Pourquery de l\u2019avoir tent\u00e9. <em>Supersonic Play Sun Ra<\/em> est un moment magique, sublim\u00e9 par la sc\u00e8ne, pour ceux qui ont eu la chance de voir le groupe en concert. Et quand on sait que la premi\u00e8re mouture dramatiquement perdue de l\u2019album comportait d\u2019autres titres que ceux-ci, on a envie de crier : \u00ab&nbsp;Encore !&nbsp;\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Frank Zappa et Sun Ra ont une multitude de points communs. 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