{"id":6989,"date":"2014-11-30T00:00:00","date_gmt":"2014-11-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6989"},"modified":"2014-11-30T00:00:00","modified_gmt":"2014-11-29T22:00:00","slug":"6989","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/11\/30\/6989\/","title":{"rendered":"Nick Gardel &#8211; Musical Box"},"content":{"rendered":"\n<p>Une fois n&rsquo;est pas coutume, Chromatique s&rsquo;improvise critique litt\u00e9raire. Il faut dire que <em>Musical Box<\/em> a tout pour attirer l&rsquo;attention de votre webzine favori : un titre hautement symbolique, quelques trente-trois tours \u00e9loquents n\u00e9gligemment pos\u00e9s dans un coin de la premi\u00e8re de couv&rsquo; et une intrigue dont le fil rouge n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le rock progressif. De quoi faire un bon polar ? <br \/><br \/> Nick Gardel aime le <em>classic prog&rsquo;<\/em>, cela ne fait pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute. En t\u00eate de chaque chapitre, il cite Genesis, Yes, King Crimson ou Ange mais aussi RPWL et Eloy, ce qui laisse supposer une culture non n\u00e9gligeable en mati\u00e8re <em>pomp rock<\/em>. Les personnages sont \u00e0 la hauteur de ses go\u00fbts musicaux : typ\u00e9s, excessifs, plus improbables les uns que les autres. Et dot\u00e9s chacun d&rsquo;un sens de la r\u00e9partie impitoyable, qui plus est. Gardel a \u00e9crit pour Le Poulpe, et \u00e7a se sent. Du coup, l&rsquo;intrigue passe au second plan, apr\u00e8s les dialogues, mais peu importe la cr\u00e9dibilit\u00e9 des protagonistes, finalement, car ces (anti-) h\u00e9ros sont sympathiques, attachants, souvent dr\u00f4les. Des paum\u00e9s, des losers, des artistes, des petites frappes, des inadapt\u00e9s, qui gravitent sur une orbite plus ou moins proche autour d\u2019un groupe, Valaquenta, et d\u2019une histoire de passage \u00e0 tabac qui va virer au double meurtre. L\u2019histoire d\u00e9bute \u00e0 Paris pour se d\u00e9localiser ensuite en Picardie, dans les parages d\u2019un festival de musique en plein air, les \u00ab\u00a0Pr\u00e9s du Rock 2014\u00a0\u00bb. <br \/><br \/> Le style de Gardel s\u2019inspire des grands dialoguistes \u00e0 la Audiard, c\u2019est \u00e9vident comme le nez au milieu de la figure. L\u2019Alsacien utilise un niveau de langage aussi bien familier que soutenu et manie la m\u00e9taphore comme il se servirait d&rsquo;un fusil automatique, par rafales. Il ne l\u00e9sine pas non plus sur les jeux de mots, certains soigneusement expliqu\u00e9s, d\u2019autres laiss\u00e9s \u00e0 la seule perspicacit\u00e9 du lecteur, comme ce m\u00e9morable \u00ab\u00a0\u00e0 cette-heure-l\u00e0, Roger d\u00eene\u00a0\u00bb. Ses r\u00e9f\u00e9rences au prog s\u2019insinuent partout, y compris  dans les noms des personnages (Anthony Hogweed, Robert Rhodes, Laurence Sandrose\u2026) et il pousse le souci du d\u00e9tail jusqu\u2019\u00e0 cr\u00e9er de toutes pi\u00e8ces les pochettes de disques et la <em>setlist<\/em> de Valaquenta. Une biographie du groupe est d\u2019ailleurs disponible sur son site personnel. Gardel place aussi des allusions \u00e0 ses pr\u00e9c\u00e9dents romans o\u00f9 l\u2019on retrouve certains des protagonistes. Etant donn\u00e9 l\u2019arri\u00e8re-plan musical assez particulier, quelques passages risquent de para\u00eetre \u00e9sot\u00e9riques pour le non-initi\u00e9, mais l\u2019absence de temps morts et la fluidit\u00e9 du style de l\u2019auteur compensent les r\u00e9f\u00e9rences sibyllines qui pars\u00e8ment les pages. <br \/><br \/> <em>Musical Box<\/em> se lit vite et ne pr\u00e9tend pas \u00eatre autre chose qu\u2019un agr\u00e9able divertissement. Mission qu\u2019il remplit \u00e0 merveille, qu\u2019on fasse ou non partie de \u00ab\u00a0ceux qui savent\u00a0\u00bb. Si votre famille et vos amis d\u00e9sesp\u00e8rent depuis longtemps de pouvoir faire plaisir au grand incompris que vous \u00eates, ce sympathique petit bouquin fera une pertinente suggestion de cadeau de No\u00ebl. <br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une fois n&rsquo;est pas coutume, Chromatique s&rsquo;improvise critique litt\u00e9raire. 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