{"id":6967,"date":"2014-11-04T00:00:00","date_gmt":"2014-11-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6967"},"modified":"2014-11-04T00:00:00","modified_gmt":"2014-11-03T22:00:00","slug":"6967","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/11\/04\/6967\/","title":{"rendered":"Gong &#8211; I See You"},"content":{"rendered":"\n<p>J\u2019avais peut-\u00eatre douze ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Avec l\u2019un de mes meilleurs amis, on aimait s\u2019enfermer et \u00e9couter des musiques un peu \u00e9tranges, un peu planantes mais aussi fonci\u00e8rement rock, sans substance \u00e0 la cl\u00e9 (il \u00e9tait un peu t\u00f4t pour \u00e7a sans doute). Je me souviendrai toujours du jour o\u00f9 il a brandi, fier comme Artaban, le vinyle de <em>Gazeuse<\/em> et l\u2019a pos\u00e9 sur la platine. Des couleurs criardes de la pochette  \u00e0 l\u2019aspect fun d\u00e8s l\u2019\u00e9coute : tout ce festival psych\u00e9-jazz-rock est rest\u00e9 grav\u00e9 dans mes oreilles et a cr\u00e9\u00e9 dans mon cerveau l\u2019effervescence attendue. Une petite dose d\u2019excitation accompagne ainsi toujours une nouvelle livraison des space rockers. Et puis, un peu \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un King Crimson, l\u2019h\u00e9ritage est sauf car sa t\u00eate pensante (David Aellen, \u00e9paul\u00e9 par son fils \u00e0 la batterie et \u00e0 la production) fait encore et toujours partie de l\u2019aventure.<br \/> Pourtant, il ne faut pas remonter bien loin pour trouver la derni\u00e8re trace discographique du groupe.<em>2032<\/em> faisait tr\u00e8s bonne figure en 2009 et on pouvait se r\u00e9jouir du fait que l\u2019ensemble avait vraiment de beaux restes. Premier constat en 2014 : les fans de la reformation tr\u00e8s <em>seventies<\/em> du pr\u00e9c\u00e9dent opus risquent d\u2019\u00eatre un peu d\u00e9\u00e7us : <em>exit<\/em> Steve Hillage ou Didier Malherbe. Mais, mais : des invit\u00e9s du pass\u00e9 ont embarqu\u00e9 dans le vaisseau d\u00e9lirant tel que le chuchoteur de l\u2019espace (sic) Gilli Smyth (parti \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans l\u2019aventure Mother Gong) ou encore le clavi\u00e9riste Mark Robson sur \u00ab\u00a0Thank You\u00a0\u00bb. Cela nous donne d\u2019ailleurs une premi\u00e8re indication sur l\u2019orientation de l\u2019album. M\u00eame si la part instrumentale est toujours bien dominante, le vocal n\u2019est pas en reste car les scansions sont plus que r\u00e9currentes. M\u00eame si elles se limitent parfois \u00e0 un mot et sont de l\u2019ordre du rythmique (\u00ab\u00a0Occupy\u00a0\u00bb). Toujours tr\u00e8s amoureuse des sonorit\u00e9s orientales hallucin\u00e9es (le riff d\u00e9structur\u00e9 de \u00ab\u00a0When God Shakes Hands With The Devil\u00a0\u00bb), la bande des gnomes nous propose son lot de bizarreries dans lesquelles la basse, la fl\u00fbte ou le saxophone se tissent une place de choix, soutenus par une infatigable guitare aux arp\u00e8ges changeants. Ce qui marque globalement \u00e0 l\u2019\u00e9coute de l\u2019album est la production si fid\u00e8le \u00e0 l\u2019esprit d\u2019autrefois. Ici point de <em>loudness war<\/em> ou autre sur-saturation : le mixage offre une place d\u00e9cente  \u00e0 tout le monde avec un bon point pour la basse qui arrondit et remue l\u2019ensemble. Fiston respecte le travail de Papa !<br \/><br \/> C\u2019est toute la mythologie Gong-esque qui reprend vie une fois encore avec <em>I See You<\/em>. Petit b\u00e9mol sur les deux derni\u00e8res pi\u00e8ces plus longues et forc\u00e9ment un peu plus difficiles \u00e0 dig\u00e9rer. Mais le pouvoir chamanique op\u00e8re toujours : il offre des d\u00e9lires psychotiques faisant passer Primus pour des gar\u00e7ons de bonne famille (\u00ab\u00a0You See Me\u00a0\u00bb), des moments placides o\u00f9 l\u2019on plane litt\u00e9ralement (\u00ab\u00a0Zion My T-shirt\u00a0\u00bb), des excitations fun et funky et bien entendu du pur <em>space-rock<\/em>, promesse d\u2019un voyage stellaire (\u00ab\u00a0The Eternal Wheel Spins\u00a0\u00bb). A propos de voyage, ce qui est s\u00fbr c\u2019est que la date de rencontre entre la Terre et la plan\u00e8te Gong est fix\u00e9e \u00e0 2032 : on risque donc d\u2019entendre parler des austr-aliens encore un moment !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019avais peut-\u00eatre douze ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque. 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