{"id":6933,"date":"2014-10-06T00:00:00","date_gmt":"2014-10-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6933"},"modified":"2014-10-06T00:00:00","modified_gmt":"2014-10-05T22:00:00","slug":"6933","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/10\/06\/6933\/","title":{"rendered":"Empyrium &#8211; The Turn Of The Tides"},"content":{"rendered":"\n<p>Un peu de retour aux sources n\u2019a jamais fait de mal. Retour tout court d\u2019ailleurs car il s\u2019agit ici d\u2019une reformation, le dernier album d\u2019Empyrium datant de 2002, et le groupe f\u00eatant aujourd\u2019hui ses vingt ann\u00e9es d\u2019existence. On nous invite \u00e0 red\u00e9couvrir un style musical qui peut sembler d\u2019un autre \u00e2ge, ici d\u00e9clin\u00e9 \u00e0 la sauce Dame Nature : la <em>darkwave<\/em>. Souvenez-vous, nous sommes dans les ann\u00e9es quatre-vingt et pour parer aux trop proprettes et pimpantes chansons purement <em>new wave<\/em>, un mouvement n\u00e9o-romantique (et souvent germanique) se cr\u00e9e pour r\u00e9sister \u00e0 l\u2019envahisseur pop. Un peu folk, un peu m\u00e9di\u00e9val et surtout profond\u00e9ment sombre comme son nom l\u2019indique, l\u2019expression musicale d\u00e9passe vite les fronti\u00e8res stylistiques pour sonner tr\u00e8s \u00e9lectronique, rock ou <em>world<\/em> selon ses ambassadeurs. On se souvient par exemple de Diary of Dreams dont Empyrium reprend quelques accentuations (pour l\u2019aspect metal) ou Dead Can Dance qui semble aussi inspirer le groupe sur certains passages (le d\u00e9but d\u2019\u00ab\u00a0In the gutter of this spring\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> Il existe un certain nombre de petites originalit\u00e9s qui font de <em>The Turns of the Tides<\/em> une production hors des sentiers battus actuels (alors m\u00eame que ces colonnes s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 en sortir quoiqu\u2019il en soit). Tout d\u2019abord le chant : m\u00e9di\u00e9val, quasi gr\u00e9gorien, il tra\u00eene sa peine le long des morceaux, renforc\u00e9 le cas \u00e9ch\u00e9ant par quelques vocalises quasi <em>black<\/em>. Pas de doute, on ressent une vraie dimension religieuse dans ce donc sacro-saint empire (en latin dans le texte). Une autre chose \u00e0 noter dans l\u2019instrumentation est l\u2019utilisation tr\u00e8s puriste des cordes ou instruments nobles (\u00ab\u00a0The Days before the fall\u00a0\u00bb). Sans ostentation, la partition est jou\u00e9e avec retenue, comme une symphonie humble. Et ces instruments prennent dans certains cas le premier plan, renfor\u00e7ant un peu plus la dimension liturgique. Proche aussi parfois d\u2019un n\u00e9o folk \u00e0 la Death In June ou Ulver, en moins tordu. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9volution naturelle d\u2019un groupe qui, un peu comme un Opeth ou un Anathema, est pass\u00e9 de tr\u00e8s metal dans sa jeunesse \u00e0 tr\u00e8s acoustique aujourd\u2019hui. Se prenant parfois un peu pour un monstre <em>doom<\/em> comme Candlemass dans l\u2019esprit mais restant profond\u00e9ment gothique dans l&rsquo;ex\u00e9cution (le flamboyant et \u00e9lectrisant \u00ab\u00a0With the current into the grey\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 un Woodkid dans un autre registre (et une autre dimension dans la production) excite la presse internationale et attire les foules, on peut se r\u00e9jouir de voir ce type de musique t\u00e9n\u00e9breuse continuer \u00e0 s\u2019\u00e9panouir. Ou \u00e0 se fl\u00e9trir si l\u2019on veut rester fid\u00e8le \u00e0 l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale. La musique d\u2019Empyrium s\u2019exprime donc de belle mani\u00e8re et malgr\u00e9 le propos sombre qui y est rapport\u00e9, on trouve cela finalement tr\u00e8s rafra\u00eechissant.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un peu de retour aux sources n\u2019a jamais fait de mal. 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