{"id":6841,"date":"2014-07-28T00:00:00","date_gmt":"2014-07-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6841"},"modified":"2014-07-28T00:00:00","modified_gmt":"2014-07-27T22:00:00","slug":"6841","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/07\/28\/6841\/","title":{"rendered":"Coshish &#8211; Firdous"},"content":{"rendered":"\n<p>Sans \u00eatre un grand sp\u00e9cialiste du sous-continent indien, il n\u2019est pas franchement difficile de constater \u00e0 quel point la cr\u00e9ation musicale moderne indienne est phagocyt\u00e9e par les productions Bollywoodiennes. Cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision, radio, publicit\u00e9s, sonneries de portable\u2026 impossible d\u2019\u00e9chapper l\u00e0-bas aux m\u00e9lop\u00e9es langoureuses et color\u00e9es des derniers cartons du grand \u00e9cran. Peu de place est faite aux autres genres musicaux pour se d\u00e9velopper, autant dire que l\u2019id\u00e9e d\u2019une sc\u00e8ne de prog indienne pourrait faire sourire. Et pourtant, c\u2019est bien de Mumbai, le berceau du Bollywood, que nous vient le groupe Coshish (paradis) et leur premier album <em>Firdous<\/em> (tentative).<br \/><br \/> A bien des \u00e9gards, ce sont les influences indiennes qui rendent ce disque de bonne facture int\u00e9ressant. Elles s\u2019y m\u00e9langent harmonieusement avec les caract\u00e9ristiques d\u2019un album de prog typique : la pochette tout d\u2019abord, aux multiples motifs sibyllins entourant un Saddh\u00fb en position de yoga, et ensuite le concept. On ne pr\u00e9sente plus les histoires-concept depuis <em>Operation: Mincrime<\/em> et <em>Scene from a Memory<\/em>, mais celle de <em>Firdous<\/em> est marqu\u00e9e par la spiritualit\u00e9 hindoue. Elle raconte la chute d\u2019un homme puis son chemin vers la r\u00e9demption et la d\u00e9livrance (la \u00ab\u00a0Mukhti\u00a0\u00bb : c\u2019est d\u2019ailleurs le titre du morceau qui conclut l\u2019album), ce qui lui permettra d\u2019atteindre le Nirvana. Pour corser un peu la chose, les titres ont \u00e9t\u00e9 volontairement m\u00e9lang\u00e9s. Des indices ont \u00e9t\u00e9 soigneusement diss\u00e9min\u00e9s dans le livret pour aider \u00e0 les remettre dans l\u2019ordre, en clin d\u2019\u0153il au <em>Lateralus<\/em> de Tool, dont l\u2019influence se fait r\u00e9guli\u00e8rement sentir. Une fois l\u2019\u00e9nigme \u00e9lucid\u00e9e, <em>Firdous<\/em> s\u2019\u00e9coute comme un seul et long morceau \u00e9pique.<br \/><br \/> Au niveau musical \u00e0 proprement parler, l\u2019album est de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 m\u00eame s\u2019il ne pr\u00e9sente pas franchement grand-chose de neuf sous le soleil du prog moderne. On y retrouve les influences <em>seventies<\/em> tr\u00e8s \u00e0 la mode en ce moment, avec des claviers planants et zen ainsi qu\u2019une guitare acoustique omnipr\u00e9sente, et le flirt avec le metal type Haken sur des titres comme <em>Raastey<\/em> ou <em>Bhula Do Unhey<\/em>. Les passages acoustiques, soigneusement incorpor\u00e9s au milieu des riffs dans plusieurs de leurs morceaux comme <em>Coshish<\/em>, <em>Maya<\/em> et <em>Behti Boondein<\/em>, sont tr\u00e8s r\u00e9ussis et des plus agr\u00e9ables \u00e0 \u00e9couter. Atmosph\u00e9riques et r\u00eaveurs, ils donnent l\u2019impression de siroter un <em>sweet lassi<\/em> sous un banyans par une journ\u00e9e caniculaire. Le final instrumental, la fameuse <em>Mukhti<\/em>, est une mont\u00e9e en puissance \u00e9pique comme il se doit, avec une belle place faite \u00e0 la basse \u2013 c\u2019est sur ce morceau que l\u2019influence de Tool se fait vraiment sentir, et la session rythmique du groupe rel\u00e8ve le d\u00e9fi avec brio.<br \/><br \/> En revanche, on peut regretter de ne pas sentir plus d&rsquo;inspirations indiennes dans l\u2019instrumentation. Il existe tellement de musiques traditionnelles indiennes magnifiques (rien que la musique religieuse soufie par exemple, si rythmique et obs\u00e9dante), qu\u2019on se dit qu\u2019ajouter un petit sitar par ci, des tablas par-l\u00e0, pourrait vraiment apporter un plus qui aurait d\u00e9marqu\u00e9 leur album des autres productions progressives actuelles.<br \/><br \/> C\u2019est au niveau du chant que se trouvent la vraie audace et l\u2019originalit\u00e9, qu\u2019on ne peut que saluer. En effet, choisir de chanter en Hindi est un pari qui donne au groupe sa valeur ajout\u00e9e. C\u2019est du coup bien moins accessible qu\u2019en anglais standard, mais avec les explications qu\u2019ils se font un plaisir d\u2019envoyer \u00e0 la demande, saisir le concept de l\u2019album ne pose aucun probl\u00e8me. L\u2019Hindi \u00e9tant en plus chantant et agr\u00e9able \u00e0 l\u2019oreille, nul besoin de ma\u00eetriser la langue pour en appr\u00e9cier la douceur et les intonations. Petit b\u00e9mol cependant sur la voix du chanteur, un peu sirupeuse \u2013 chassez le Bollywood, il revient au galop !<br \/><br \/> <em>Firdous<\/em> est donc un bel ouvrage, surtout pour un premier album, et le groupe m\u00e9rite qu\u2019on lui accorde une oreille attentive. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 esp\u00e9rer un deuxi\u00e8me opus, tout aussi bon sur la technique, mais qui affirme encore plus son identit\u00e9 indienne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans \u00eatre un grand sp\u00e9cialiste du sous-continent indien, il n\u2019est pas franchement difficile de constater&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":50,"featured_media":6842,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[39,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6841"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/50"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6841"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6841\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6842"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6841"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6841"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6841"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}