{"id":6825,"date":"2014-07-14T00:00:00","date_gmt":"2014-07-13T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6825"},"modified":"2014-07-14T00:00:00","modified_gmt":"2014-07-13T22:00:00","slug":"6825","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/07\/14\/6825\/","title":{"rendered":"Ange &#8211; Emile Jacotey &#8211; Resurrection"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Emile Jacotey<\/em>, pour ceux qui l\u2019ignorent encore, c\u2019est l\u2019une des plus belles ventes d\u2019albums de 1975 en France. Sans trop chercher \u00e0 analyser inutilement la raison d\u2019un succ\u00e8s amplement m\u00e9rit\u00e9, on peut d\u00e9cemment supposer que la diversit\u00e9 des compositeurs (quasiment tous les membres du groupe, pass\u00e9s ou pr\u00e9sents, ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture), la richesse et l\u2019aspect engageant des chansons, ainsi que le th\u00e8me des contes et l\u00e9gendes du \u00ab\u00a0terroir\u00a0\u00bb f\u00e9d\u00e9r\u00e9es autour d\u2019un personnage vrai et attachant &#8211; Emile le mar\u00e9chal-ferrant &#8211; y sont pour quelque chose, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la morosit\u00e9 apport\u00e9e par la \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb s\u2019abattait sur le pays. L\u2019id\u00e9e d\u2019une relecture trottait dans la t\u00eate de Christian D\u00e9camps depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0 (voir notre entretien) mais \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la glorification du pass\u00e9 est chose commune, o\u00f9 le \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait-mieux-avant-isme\u00a0\u00bb s\u00e9vit partout dans l\u2019Art, on est en droit de se poser la question : qu\u2019apporte ce ravalement \u00e0 l\u2019original ? <br \/><br \/> Du point de vue formel, d\u2019abord, les dix titres originaux b\u00e9n\u00e9ficient forc\u00e9ment d\u2019une production plus moderne, puissante : pas un durcissement de ton, mais plut\u00f4t l\u2019apparition d\u2019influences nouvelles, apport\u00e9es par des musiciens ancr\u00e9s dans leur \u00e9poque et qui pour la plupart n\u2019\u00e9taient pas de l\u2019aventure en 1975. L\u2019exp\u00e9rience de cet Ange de seconde g\u00e9n\u00e9ration offre \u00e0 certaines chansons de nouveaux arrangements, test\u00e9s sur sc\u00e8ne au fil des ann\u00e9es, voire des am\u00e9nagements assez cons\u00e9quents. \u00ab\u00a0Le nain de Stanislas\u00a0\u00bb, se voit ainsi octroyer un final grandiloquent, \u00ab\u00a0Jour apr\u00e8s jour\u00a0\u00bb des percussions et l\u2019\u00ab\u00a0Ode \u00e0 Emile\u00a0\u00bb, qui \u00e0 l\u2019origine concluait la face A du vinyle, se retrouve ici \u00e0 clore majestueusement le disque, et d\u2019une chanson plut\u00f4t br\u00e8ve en mode crescendo devient un titre r\u00e9ellement progressif, en deux parties, s\u2019achevant sur un instrumental \u00e0 la fois sobre et \u00e9blouissant. On rel\u00e8vera aussi l\u2019\u00e9tonnante digression centrale de \u00ab\u00a0Les noces\u00a0\u00bb a.k.a. \u00ab\u00a0Ange se met post-rock\u00a0\u00bb ! Malgr\u00e9 les bouleversements parfois importants que subit l\u2019\u0153uvre ressuscit\u00e9e, son esprit originel est conserv\u00e9, son caract\u00e8re \u00e0 la fois champ\u00eatre et romantique, voire surr\u00e9aliste, parfois tragi-comique, n\u2019est jamais trahi, la sentinelle D\u00e9camps y a veill\u00e9. Et si sa voix m\u00fbre et profonde n\u2019est plus aussi mall\u00e9able qu\u2019il y a quarante ans, la passion qui l\u2019anime gorge les mots d\u2019une charge \u00e9motionnelle que seul un artisan du vers sait transmettre. <br \/><br \/> Mais le patriarche n\u2019a pas seulement assouvi son d\u00e9sir de parfaire un travail entam\u00e9 il y a belle lurette, il l\u2019a \u00e9galement enrichi de quatre nouvelles histoires et de quelques mots d\u2019Emile. Les trois premi\u00e8res nouveaut\u00e9s sont int\u00e9gr\u00e9es directement dans la foul\u00e9e de \u00ab\u00a0Jour apr\u00e8s jour\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Innocents les mains sales\u00a0\u00bb, court titre rock, raille les donneurs de le\u00e7ons. \u00ab\u00a0Gustave et Lucy\u00a0\u00bb rend hommage \u00e0 la doyenne de l\u2019humanit\u00e9 au travers du peintre franc-comtois Gustave Courbet et son c\u00e9l\u00e8bre tableau <em>L\u2019origine du monde<\/em>. Le triptyque s\u2019ach\u00e8ve sur \u00ab\u00a0Le bouseux\u00a0\u00bb, ode \u00e0 la vie simple du campagnard, quel qu\u2019il soit. Le quatri\u00e8me in\u00e9dit, \u00ab\u00a0Parall\u00e8les amoureuses\u00a0\u00bb, coinc\u00e9 entre \u00ab\u00a0Les noces\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Le marchand de plan\u00e8tes\u00a0\u00bb, laisse Tristan D\u00e9camps nous chanter la formule perdue de l\u2019amour \u00e9ternel\u2026 Ces nouvelles compositions, plus \u00ab\u00a0actuelles\u00a0\u00bb, devront probablement faire leur chemin parmi les fans, mais elles trouvent n\u00e9anmoins sans mal leur place entre les paroles d\u2019Emile. <br \/><br \/> Pour conclure, on citerait volontiers le mar\u00e9chal-ferrant : \u00ab\u00a0il ne faut pas reculer devant le progr\u00e8s. Seulement, dans le progr\u00e8s, il y a des avantages et des inconv\u00e9nients\u00a0\u00bb. N\u2019en d\u00e9plaise aux puristes et autres acad\u00e9miciens rigides, cette r\u00e9surrection n\u2019est ni une resuc\u00e9e ni une trahison, c\u2019est une vision moderne et enfin compl\u00e8te d\u2019une \u0153uvre qui a marqu\u00e9 son temps par son authenticit\u00e9 et sa sinc\u00e9rit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Emile Jacotey, pour ceux qui l\u2019ignorent encore, c\u2019est l\u2019une des plus belles ventes d\u2019albums de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":6826,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36,40],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6825"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6825"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6825\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6826"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6825"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6825"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6825"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}