{"id":6821,"date":"2014-07-08T00:00:00","date_gmt":"2014-07-07T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6821"},"modified":"2014-07-08T00:00:00","modified_gmt":"2014-07-07T22:00:00","slug":"6821","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/07\/08\/6821\/","title":{"rendered":"Thot &#8211; The city that disappears"},"content":{"rendered":"\n<p>Thot n\u2019est pas ici un Dieu \u00e9gyptien mais Gr\u00e9goire Fray, musicien fran\u00e7ais install\u00e9 \u00e0 Bruxelles, cr\u00e9ateur d\u2019un style musical qu\u2019il a lui m\u00eame qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0vegetal noise music\u00a0\u00bb et qui, dans notre dimension, peut correspondre \u00e0 de l\u2019\u2019\u00e9lectro-noise-industriel. Pour la petite histoire, le morceau <em>HTRZ<\/em> qui ouvre l&rsquo;album a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition des fans en avant premi\u00e8re par le biais du r\u00e9seau deaddrops.com. Cela consiste \u00e0 sceller dans des murs de nos villes des cl\u00e9s usb contenant des fichiers musicaux. Elles sont identifiables par une position GPS que chaque fan peut trouver sur le site du groupe ou s\u2019\u00e9changer avec d\u2019autres afin de transf\u00e9rer les dits fichiers sur son lecteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (non, non, je vous assure, ce n\u2019est pas compliqu\u00e9, enfin je crois&#8230;).<br \/><br \/> En concert, Thot prend une dimension que l\u2019on peut qualifier de totale, aid\u00e9 en cela par la sc\u00e9nographe Arielle Moens. Elle met en sc\u00e8ne la musique en des tableaux lumineux dans lesquels les corps des musiciens deviennent des toiles de ma\u00eetres mouvantes : les contours se d\u00e9structurent comme des ombres qui s\u2019effacent, r\u00e9apparaissent, nous troublent&#8230;une exp\u00e9rience \u00e0 voir absolument au moins sur les r\u00e9seaux ! <br \/><br \/> Avec \u00ab\u00a0The city that disappears\u00a0\u00bb, Gr\u00e9goire Fray voulait se d\u00e9marquer des albums pr\u00e9c\u00e9dents en cr\u00e9ant un son et une ambiance plus froids, \u00e0 l\u2019instar de ces objets fabriqu\u00e9s par une industrie voulant atteindre la perfection mat\u00e9rielle dans un seul but fonctionnel. Les sons ont \u00e9t\u00e9 bidouill\u00e9s par l\u2019informatique pour les rendre irr\u00e9prochables, cisel\u00e9s&#8230;un son \u00ab\u00a0machine\u00a0\u00bb aux angles parfaits, sans asp\u00e9rit\u00e9, sans rondeur organique. Mais heureusement pour nous, gourmands en sensations fortes, ces sons procurent une \u00e9motion qui est aussi au rendez-vous.<br \/> Dans un style que l\u2019on peut rapprocher de Nine inch nails aux sonorit\u00e9s plus metal, les compositions d\u00e9voilent un univers urbain pesant, dans lequel Gr\u00e9goire Fray pousse des cris de terreur et de col\u00e8re. La puissance du son ravira les amateurs d\u2019exp\u00e9riences cathartiques. Le final de <em>Blank Street<\/em> est apocalyptique: on est face \u00e0 un tonnerre, une explosion orageuse qui se pr\u00e9lasse et n\u2019en finit pas. On aurait m\u00eame appr\u00e9ci\u00e9 qu\u2019elle dure encore et encore.<br \/> La ville cauchemard\u00e9e par Gr\u00e9goire Fray dans cet album, s\u2019effondre sur elle m\u00eame. Comme un trou noir, elle engloutit tout, d\u00e9vore et dig\u00e8re mati\u00e8re et esprit sans ne rien laisser appara\u00eetre au del\u00e0 de son horizon des \u00e9v\u00e8nements. L\u2019homme est mastiqu\u00e9 aval\u00e9, transform\u00e9&#8230; La ville n\u2019est plus \u00e0 taille humaine, elle est devenue une singularit\u00e9 ind\u00e9finissable. L\u2019homme a cr\u00e9\u00e9 le monstre qui a pour mission de le d\u00e9truire.<br \/> Mais la ville peut \u00eatre vue aussi comme un \u00eatre organique, qui na\u00eet, grandit et finit par mourir, parasit\u00e9e par l\u2019humain qui la peuple. Elle serait initialement une extension bienveillante de la Nature et ne serait finalement  que la victime de plus d\u2019une humanit\u00e9 vorace de puissance et de grandeur.<br \/><br \/> Tellurique, puissant, cri de col\u00e8re et d\u2019angoisse de Thot pourtant Dieu de sagesse et Seigneur du temps. \u00ab \u00a0The city that disappears\u00a0 \u00bb est un album qui ne laissera pas insensibles les amoureux de gros son et d\u2019exp\u00e9rience purificatoires.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Thot n\u2019est pas ici un Dieu \u00e9gyptien mais Gr\u00e9goire Fray, musicien fran\u00e7ais install\u00e9 \u00e0 Bruxelles,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":49,"featured_media":6822,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[70,77],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6821"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/49"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6821"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6821\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6822"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6821"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6821"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6821"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}