{"id":6745,"date":"2014-04-14T00:00:00","date_gmt":"2014-04-13T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6745"},"modified":"2014-04-14T00:00:00","modified_gmt":"2014-04-13T22:00:00","slug":"6745","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/04\/14\/6745\/","title":{"rendered":"Kayo Dot &#8211; Hubardo"},"content":{"rendered":"\n<p>Kayo Dot avait surpris en annoncant en 2013 la sortie de <em>Hubardo<\/em>, un concept-album d\u2019une dur\u00e9e de cent minutes, un an seulement apr\u00e8s <em>Gamma Knife<\/em>. Depuis son premier album <em>Choirs of the Eye<\/em> sorti en 2003, le groupe de Boston n\u2019avait cess\u00e9 d\u2019aller vers une musique plus abstraite et d\u00e9construite, se d\u00e9tournant des influences rock et metal pour aller vers le jazz exp\u00e9rimental et le RIO. Avec <em>Gamma Knife<\/em> sorti en 2012, Toby Driver, la t\u00eate pensante de Kayo Dot, a cess\u00e9 cette fuite en avant pour revenir vers ses premi\u00e8res influences et <em>Hubardo<\/em> continue dans cette voie vers des formes plus concr\u00e8tes.<br \/><br \/> Pass\u00e9 une introduction pour le moins d\u00e9routante, le reste ne tarde pas \u00e0 d\u00e9voiler ses qualit\u00e9s. Le retour \u00e0 une musique plus directe est marqu\u00e9 tout d\u2019abord par une dur\u00e9e des composition plus courtes, (pour Kayo Dot, du moins) qui ne d\u00e9passent pas les treize minutes, ainsi que des m\u00e9lodies plus pr\u00e9sentes. Tout au long de cet album construit comme un voyage, Driver navigue entre les temp\u00eates d\u00e9cha\u00een\u00e9es d\u2019un metal hardocre complexe : \u00ab\u00a0Thief\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Vision Adjustment to Another Wavelength\u00a0\u00bb, les flots mouvement\u00e9s du jazz-rock alambiqu\u00e9 et lumineux de \u00ab\u00a0The Wait of the World\u00a0\u00bb et les eaux calmes d\u2019une musique \u00e9th\u00e9r\u00e9e et irr\u00e9elle : \u00ab\u00a0The First Matter (Saturn in the Guise of Sadness)\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0The Second Operation (Lunar Water)\u00a0\u00bb.<br \/><br \/> Mais <em>Hubardo<\/em> n\u2019est pas seulement un retour \u00e0 ce qui a fait le succ\u00e8s de <em>Choirs of the Eye<\/em>. Driver se renouvelle par exemple \u00e0 travers une concision inattendue, \u00ab\u00a0Zlida Caosgi (To Water the Earth)\u00a0\u00bb combine \u00e0 lui tout seul toutes les facettes du groupe en seulement cinq minutes d\u2019un climax jouissif. La nouveaut\u00e9 vient aussi du bouleversant \u00ab\u00a0The First Matter (Saturn in the Guise of Sadness)\u00a0\u00bb sur lequel les influences <em>cold wave<\/em> se marient \u00e0 merveille avec le style si particulier du groupe. Les compositions ont acquis \u00e9galement une certaine maturit\u00e9 et la voix de Driver atteint parfois une profondeur d\u00e9concertante jamais encore entendue.<br \/><br \/> La subtilit\u00e9 des orchestrations et de la production de Toby Driver (en collaboration avec Randall Dunn) est toujours pr\u00e9sente, les saxophones, la clarinette, les cordes, et les diff\u00e9rents claviers, dont les textures se marient ou forment un contraste, apportent une grande diversit\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble. La tonalit\u00e9 de <em>Hubardo<\/em> ne change pas r\u00e9ellement par rapport aux autres albums, on ne quitte jamais vraiment cette noirceur m\u00e9lancolique et ce profond d\u00e9sespoir qui affectaient d\u00e9j\u00e0 la musique de Driver depuis maudlin of the well. <em>Hubardo<\/em> est aussi sublim\u00e9 par des textes symboliques aux accents fun\u00e8bres \u00e9crits par Jason Byron. Ce nouvel album marque moins un retour en arri\u00e8re qu\u2019un retour en force de Kayo Dot. C\u2019est une oeuvre dense, difficile d\u2019acc\u00e8s, \u00e0 la beaut\u00e9 saisissante.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kayo Dot avait surpris en annoncant en 2013 la sortie de Hubardo, un concept-album d\u2019une&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":46,"featured_media":6746,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[53,95,56,94,33,39,52],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6745"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/46"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6745"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6745\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6746"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}