{"id":6731,"date":"2015-12-26T00:00:00","date_gmt":"2015-12-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6731"},"modified":"2015-12-26T00:00:00","modified_gmt":"2015-12-25T22:00:00","slug":"6731","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/12\/26\/6731\/","title":{"rendered":"Bruce Soord &#8211; Bruce Soord"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est finalement \u00e9tonnant de se dire qu\u2019il s\u2019agit ici de la toute premi\u00e8re \u0153uvre en solo de la t\u00eate pensante du fabuleux Pineapple Thief. On l\u2019a certes aper\u00e7ue en dehors de son foyer d\u2019origine aux c\u00f4t\u00e9s notamment de Jonas Renske pour le tr\u00e8s r\u00e9ussi et m\u00e9lancolique projet Wisdom of Crowd. Mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent aucune trace discographique authentiquement personnelle n\u2019avait jalonn\u00e9 le beau parcours de l\u2019Anglais. Il est vrai aussi qu\u2019\u00e0 l\u2019image de Steven Wilson, le groupe qui l\u2019a fait conna\u00eetre \u00e9tait en tous cas \u00e0 ses d\u00e9buts sa pleine et enti\u00e8re cr\u00e9ature. <br \/><br \/> Et tout comme l\u2019autre c\u00e9l\u00e8bre Anglais susmentionn\u00e9, cette volont\u00e9 est sans doute mue par un d\u00e9sir de libert\u00e9 cr\u00e9ative qui va au-del\u00e0 des limites d\u2019une entit\u00e9 \u00e0 plusieurs. La question est donc : que peut bien faire Bruce Soord qu\u2019il n\u2019aurait pu faire dans le cadre de travail d\u2019un des fleurons de l\u2019\u00e9curie K-Scope ? Tout d\u2019abord, sans doute affirmer son affranchissement d\u2019influences. The Pineapple Thief a toujours un peu souffert de sa comparaison avec un autre groupe-h\u00e9ros britannique qui, lui, a franchi les fronti\u00e8res de la confidentialit\u00e9 : Radiohead. Ensuite, reprendre le contr\u00f4le. L\u2019Homme a enregistr\u00e9 <em>son<\/em> album \u00e9ponyme dans <em>son<\/em> studio, chez lui. Il a tout \u00e9crit, compos\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 si ce ne sont quelques guitares ici et l\u00e0 de son acolyte Darren Charles du groupe Godsticks. Enfin, revenir \u00e0 quelque chose qui se focalise sur l\u2019\u00e9pure. Sa musique n\u2019a finalement jamais \u00e9t\u00e9 aussi acoustique, le tempo si lent et les \u00e9l\u00e9ments tant a\u00e9riens. Comme une ode \u00e0 la jeunesse et \u00e0 la simplicit\u00e9, Bruce Soord se ballade de mani\u00e8re insouciante et ne cherche pas \u00e0 faire un trait d\u2019union entre les morceaux. On pense parfois \u00e0 l\u2019Am\u00e9ricain Sufjan Stevens en moins baroque, \u00e0 Woodkid pour les aspects plus symphoniques et progressifs (l\u2019excellent <em>single<\/em> \u00ab\u00a0Willow Tree\u00a0\u00bb). <br \/><br \/> Ecouter cet album, c\u2019est un peu comme \u00eatre invit\u00e9 dans le salon de l\u2019artiste, contempler sa biblioth\u00e8que et lui faire la causette autour d\u2019une tasse d\u2019Earl Grey. Il ne vous montrera pas tout de suite les autres pi\u00e8ces. Comprendre : le d\u00e9but de l\u2019album est plus superficiel et sommaire, ce qu\u2019on appelle le <em>small-talk<\/em> chez les anglo-saxons (\u00ab\u00a0The Odds\u00a0\u00bb, funk un peu mou). Mais la conversation s\u2019\u00e9toffera pour celui qui saura s\u2019attarder. A la fois dans la sobri\u00e9t\u00e9 (le dual \u00ab\u00a0Field day\u00a0\u00bb, comme Nick Drake) et dans le stellaire (\u00ab\u00a0Familiar Patterns\u00a0\u00bb, tiss\u00e9 d\u2019\u00e9chos gilmouriens). Beaucoup de bons moments, rien d\u2019\u00e9pique, son disque est un album au charme discret qui aurait pu gagner en ampleur mais demeure tr\u00e8s agr\u00e9able. On referme la porte de la maison doucement, ne pouvant s\u2019emp\u00eacher de remercier pour l\u2019invitation. <br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est finalement \u00e9tonnant de se dire qu\u2019il s\u2019agit ici de la toute premi\u00e8re \u0153uvre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":6732,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[23,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6731"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6731"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6731\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}