{"id":6721,"date":"2014-03-27T00:00:00","date_gmt":"2014-03-26T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6721"},"modified":"2014-03-27T00:00:00","modified_gmt":"2014-03-26T22:00:00","slug":"6721","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/03\/27\/6721\/","title":{"rendered":"Helena Tulve &#8211; Arboles lloran por lluvia"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Helena Tulve<\/strong> est n\u00e9e en Estonie, un des trois pays Baltes, tout comme <strong>Arvo P\u00e4rt<\/strong> avec qui elle partage le go\u00fbt pour le Plain Chant et dans ces cinq \u0153uvres qui nous occupent, celui pour la musique d\u2019inspiration sacr\u00e9e. Ici, des po\u00e8mes mystiques originaires des trois religions monoth\u00e9istes servent de support \u00e0 son inspiration. \u00ab\u00a0Arboles lloran por lluvia\u00a0\u00bb est le second album \u00e9dit\u00e9 sous le label ECM apr\u00e8s <em>Lijnen<\/em> en 2008. <strong>Helena Tulve<\/strong>, qui s\u2019est vu d\u00e9cerner le prix de composition au conservatoire sup\u00e9rieur de Paris, fait d\u00e9sormais partie de la pl\u00e9thore de noms prestigieux ayant consacr\u00e9 une part de leur \u00e2me \u00e0 l\u2019\u00e9dification du catalogue de ce label \u00e0 la r\u00e9putation plan\u00e9taire.<br \/> \u00ab\u00a0Les arbres qui pleurent la pluie\u00a0\u00bb est une \u0153uvre \u0153cum\u00e9nique, ode \u00e0 la beaut\u00e9 qui \u00e9mane des choses comme un ar\u00f4me s\u2019\u00e9chappe d\u2019un fruit. Mais elle est aussi d\u00e9di\u00e9e au mal et \u00e0 la douleur qui habite pernicieusement certaines cr\u00e9atures, et enfin \u00e0 la question ultime de savoir pourquoi l\u2019Univers s\u2019est auto-cr\u00e9\u00e9, celle que se posait d\u00e9j\u00e0 Leibniz au 18\u00e8me si\u00e8cle.<br \/><br \/> Les compositions sont essentiellement ax\u00e9es autour d\u2019un travail sur les sonorit\u00e9s et les ambiances. Elles sont un m\u00e9lange de modernit\u00e9 harmonique et de structure de musiques anciennes. Le nombre d\u2019interpr\u00e8tes \u00e0 la r\u00e9alisation de cet album est impressionnant : en plus des instrumentistes solistes ou chanteurs, nous sommes invit\u00e9s \u00e0 \u00e9couter un quatuor \u00e0 cordes, un ensemble de musique ancienne, un ch\u0153ur d\u2019hommes et un orchestre symphonique. Autant d\u2019essences permettant de fa\u00e7onner cette \u0153uvre comme on \u00e9labore un parfum \u00e0 partir d\u2019une orgue. La premi\u00e8re composition, \u00ab\u00a0Reya hadas &lsquo;ala\u00a0\u00bb est un surprenant et merveilleux assemblage de texte po\u00e9tique, de m\u00e9lodie d\u2019origine juive et de chant gr\u00e9gorien. Les m\u00e9lismes sugg\u00e9r\u00e9s de la chanteuse font face \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation beaucoup plus stricte, propre \u00e0 la notation neumique du ch\u0153ur d\u2019hommes. Cette pi\u00e8ce de plus de quatorze minutes est tout simplement superbe. Ailleurs, les voix rivalisent avec les instruments, au point que parfois les timbres s\u2019enchev\u00eatrent subtilement et viennent se confondre. Cela est particuli\u00e8rement palpable \u00e0 l\u2019\u00e9coute de \u00ab\u00a0silences\/larmes\u00a0\u00bb o\u00f9 la voix cristalline de la soprano <strong>Arianna Savall<\/strong> partage sa tessiture et son timbre avec le hautbois qui l\u2019accompagne. Le choix des instruments n\u2019est d\u2019ailleurs pas anodin, le travail de composition ax\u00e9 sur les timbres de chacun est des plus minutieux. Nous aurons la curiosit\u00e9 d\u2019\u00e9couter des instruments folkloriques anciens, aux sonorit\u00e9s surann\u00e9es qui contribuent \u00e0 cette construction sonore si particuli\u00e8re. Un hydrocrystalophone, ou orgue de verre est jou\u00e9 par <strong>Helena<\/strong> elle-m\u00eame.<br \/> L\u2019album se termine sur une composition orchestrale. Celle-ci se partage entre la beaut\u00e9 \u00e9trange et inqui\u00e9tante d\u2019une sombre for\u00eat primaire, grasse et touffue d\u2019o\u00f9 l\u2019on pourrait voir surgir toutes sortes d\u2019\u00eatres \u00e9tranges, et puissance, dans une avalanche de sons, comme si cette for\u00eat pouvait se refermer sur nous, finir par nous \u00e9craser et nous consommer. L\u00e0 aussi l\u2019orchestre &#8211; l\u2019<strong>Estonian National Symphony Orchestra<\/strong> &#8211; nous offre un panel de couleurs sonores somptueuses dans des dissonances puissantes et inqui\u00e9tantes. Ce sont peut-\u00eatre les sons \u00e9mis par les arbres de cette for\u00eat pleurant la pluie qui paresse \u00e0 tomber ?<br \/><br \/> \u00ab\u00a0Arboles lloran por lluvia\u00a0\u00bb est un album contemplatif et beau comme les mystiques dont les textes ont inspir\u00e9 la musique d\u2019<strong>Helena Tulve<\/strong>. Il n\u00e9cessitera une attention particuli\u00e8re de l\u2019auditeur qui pourra en faire des \u00e9coutes \u00e0 \u00ab\u00a0plusieurs \u00e9tages\u00a0\u00bb, ses richesses \u00e9tant multiples. Mais quelle r\u00e9compense il trouvera, s\u2019il veut se donner cette peine !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Helena Tulve est n\u00e9e en Estonie, un des trois pays Baltes, tout comme Arvo P\u00e4rt&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":49,"featured_media":6722,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[85,95],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6721"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/49"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6721"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6721\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6722"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}