{"id":6699,"date":"2014-03-09T00:00:00","date_gmt":"2014-03-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6699"},"modified":"2014-03-09T00:00:00","modified_gmt":"2014-03-08T22:00:00","slug":"6699","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/03\/09\/6699\/","title":{"rendered":"Brad Mehldau &#038; Mark Guiliana &#8211; Mehliana: Taming the Dragon"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Mehliana: Taming the Dragon<\/em> est le premier disque d\u2019une collaboration atypique entam\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es entre le pianiste et clavi\u00e9riste Brad Mehldau et le batteur Mark Guiliana (qui a jou\u00e9 notamment avec Avishai Cohen). D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Mehldau ne joue que tr\u00e8s peu de piano, il fait plut\u00f4t la part belle aux diff\u00e9rents synth\u00e9tiseurs <em>vintage<\/em> ou au Fender Rhodes dont il utilise \u00e0 merveille les textures et les possibilit\u00e9s. Il cr\u00e9\u00e9 une musique dense, se chargeant \u00e0 la fois des lignes m\u00e9lodiques (parfois plusieurs simultan\u00e9ment) et rythmiques. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, Guiliana montre une cr\u00e9ativit\u00e9 et une technique impressionnantes. Bill Bruford avait lui-m\u00eame exprim\u00e9 toute son admiration pour le batteur, et il est vrai que la filiation entre les deux n\u2019est pas inexistante : Guiliana joue beaucoup sur les syncopes, souvent en suspens. L\u2019autre influence du batteur est le groupe d\u2019\u00e9lectro Aphex Twin que l\u2019on retrouve dans les polyrythmies et les sonorit\u00e9s plus synth\u00e9tiques. Ensemble les deux musiciens forment un duo explosif, il se passe quelque chose d\u2019unique dans ces \u00e9changes \u00e9lectriques de haute vol\u00e9e. <br \/><br \/> Tout au long de l\u2019album, le projet <em>Mehliana<\/em> propose un formidable exemple de jazz <em>post-modern<\/em>, Mehldau et Guiliana se servent de leurs influences comme un terrain de jeu, une invitation \u00e0 la cr\u00e9ation. Les synth\u00e9tiseurs et les solos de Mehldau rappellent, par exemple, les meilleures heures du progressif des ann\u00e9es soixante-dix. Il flotte aussi en permanence sur <em>Mehliana: Taming the Dragon<\/em> une certaine ambiance psych\u00e9d\u00e9lique (\u00e0 l\u2019image de la pochette dessin\u00e9e par Dima Drjuchin). Au d\u00e9tour de \u00ab\u00a0Luxe\u00a0\u00bb, les circonvolutions hypnotiques du Fender Rhodes \u00e9voquent Terry Riley. Dans les atmosph\u00e8res plus planantes, ce sont les musiques \u00e9lectroniques qui s\u2019invitent, alors qu\u2019une r\u00e9interpr\u00e9tation de Gainsbourg laisse place au groove sensuel de \u00ab\u00a0Sassyassed Sassafrass\u00a0\u00bb. En d\u00e9pit de cette diversit\u00e9, <em>Mehliana<\/em> poss\u00e8de sa propre identit\u00e9 qui apporte une r\u00e9elle coh\u00e9rence \u00e0 l\u2019ensemble. Les textures riches et les rythmiques complexes n\u2019emp\u00eachent pas les morceaux d\u2019\u00eatre tr\u00e8s m\u00e9lodiques et terriblement accrocheurs.<br \/><br \/> Dans un paysage musical o\u00f9 de plus en plus de groupes se contentent de recr\u00e9er les musiques des ann\u00e9es soixante aux ann\u00e9es quatre-vingts sous pr\u00e9texte d\u2019une nostalgie branch\u00e9e, Mehldau et Guiliana apportent une r\u00e9elle fra\u00eecheur avec ce disque dot\u00e9 d\u2019une forte personnalit\u00e9 et d\u2019une modernit\u00e9 bienvenue, en utilisant ces influences pour mieux s\u2019en affranchir. \u00c0 la toute fin de l\u2019album, les derni\u00e8res interventions de Guiliana sur l\u2019\u00e9th\u00e9r\u00e9 \u00ab\u00a0London Gloaming\u00a0\u00bb apportent un sentiment de flottement, comme si il \u00e9crivait les points de suspension d\u2019un voyage hallucin\u00e9 qui s\u2019annonce passionnant.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mehliana: Taming the Dragon est le premier disque d\u2019une collaboration atypique entam\u00e9e il y a&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":46,"featured_media":6700,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[70,44,33,52,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6699"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/46"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6699\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}