{"id":6607,"date":"2013-11-20T00:00:00","date_gmt":"2013-11-19T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6607"},"modified":"2013-11-20T00:00:00","modified_gmt":"2013-11-19T22:00:00","slug":"6607","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/11\/20\/6607\/","title":{"rendered":"Fish &#8211; A Feast Of Consequences"},"content":{"rendered":"\n<p>Il serait facile, de ce c\u00f4t\u00e9-ci de la Manche, de poursuivre son bout de chemin sans avoir eu connaissance de A Feast Of Consequences, nouvelle \u0153uvre magistrale tir\u00e9e du cerveau de Derek William Dick, apr\u00e8s cinq longues ann\u00e9es d&rsquo;absence discographique. Facile, car le g\u00e9nial Ecossais, plus connu sous le sobriquet de Fish, est surtout r\u00e9put\u00e9 en France aupr\u00e8s des amateurs de rock progressif, ainsi que des fans de Marillion, deux cat\u00e9gories qui ne se superposent pas n\u00e9cessairement. Il ne b\u00e9n\u00e9ficie pas, au pays du fromage, de la m\u00eame aura iconique que lui ont octroy\u00e9 au Royaume-Uni ses nombreux succ\u00e8s populaires et sa forte cr\u00e9dibilit\u00e9 artistique. Et c&rsquo;est un manque regrettable que celui-ci, car il semble malais\u00e9 de trouver une seule bonne raison de se passer de cet exceptionnel A Feast Of Consequences, tant le fantasque conteur est de retour au niveau des albums qui firent ses plus grandes heures : Clutching At Straws (avec Marillion), <a href=\"component\/k2\/item\/1114?ItemId=12\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Vigil In A Wilderness Of Mirrors<\/em><\/a> (sa premi\u00e8re sortie solo) et le l\u00e9gendaire Internal Exile, m\u00e8tre-\u00e9talon de sa carri\u00e8re.<br \/><br \/> Il ne s&rsquo;agit pas ici de se cantonner \u00e0 une simple comparaison, m\u00eame si elle ne serait pas compl\u00e8tement incongrue. En effet, si ses textes sont toujours aussi vivants et perspicaces, la musique de Fish et la production de cet album fleurent bon les nineties. La chanson-titre, \u00ab A Feast Of Consequences \u00bb, mais \u00e9galement le magnifique \u00ab Crucifix Corner \u00bb, renvoient directement l&rsquo;auteur \u00e0 ces quelques ann\u00e9es o\u00f9 le rock intelligent d&rsquo;outre-manche a bri\u00e8vement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une belle am\u00e9lioration sonore apr\u00e8s la bouillie des ann\u00e9es 80, et avant le reboot grunge\/britpop. Deux des exemples les plus marquants de cette \u00e9poque dor\u00e9e sont parus en 1991 : The Soul Cages de Sting, et Internal Exile. Sur ces deux chefs d\u2019\u0153uvre, et donc sur A Feast Of Consequences dans une moindre mesure, deux ma\u00eetres mots semblent avoir guid\u00e9 les choix de production : pr\u00e9cision et sobri\u00e9t\u00e9. On aura beau chercher la petite b\u00eate, difficile de trouver la moindre faute de go\u00fbt sur ce nouveau Fish, ainsi que dans ses deux glorieux pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Et cette pr\u00e9cision est sans doute ce qui dessert l&rsquo;ensemble, non pas en termes qualitatifs bien entendu, mais d&rsquo;un point de vue progressiste. Sans aller jusqu&rsquo;\u00e0 dire que Fish pourrait avoir \u00e9t\u00e9 sorti du formol tr\u00e8s r\u00e9cemment apr\u00e8s vingt ann\u00e9es de coma (ce qui serait d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s injuste au regard de la pertinence de certains textes), on ne peut passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du fait que le grand homme semble \u00eatre imperm\u00e9able \u00e0 toute forme de modernit\u00e9 musicale. Pas d&rsquo;\u00e9lectronique, pas d&rsquo;effets de production actuels, pas de \u00ab je chante faux et ma guitare est \u00e0 moiti\u00e9 accord\u00e9e c&rsquo;est mon c\u00f4t\u00e9 hipster\u00bb, le tout sonne tr\u00e8s analogique, organique, et puis on y entend de la guitare \u00e9lectrique satur\u00e9e.<br \/><br \/> \u00c9tonnant n&rsquo;est-ce pas ? Ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas un gage de qualit\u00e9, mais c&rsquo;est pour le moins la marque d&rsquo;une fa\u00e7on de faire qui n&rsquo;est plus de notre \u00e9poque dans le domaine du rock \u00e0 papa. Signe des temps peut-\u00eatre, le new album NEW du Macca contient lui-m\u00eame sa petite overdriven touch, mais en mode fugace. De l\u00e0 \u00e0 pr\u00e9juger d&rsquo;un retour du bon son il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas que franchir serait un contresens total, d\u00e9j\u00e0 car NEW n&rsquo;est pas vraiment synonyme de meilleur. Mais surtout parce que Fish ne revient \u00e0 rien, il est ce qu&rsquo;il a toujours \u00e9t\u00e9, \u00e0 savoir un conteur, aimant les morceaux courts et secs (dont l&rsquo;aspect progressif est trait\u00e9 avec intelligence, sobri\u00e9t\u00e9 et sans poncif) et dot\u00e9 lui-m\u00eame d&rsquo;un sens m\u00e9lodique hors du commun. Qu&rsquo;il \u00e9voque la guerre (\u00ab Crucific Corner \u00bb), l&rsquo;\u00e9cologie (\u00ab Blind To The Beautiful \u00bb) ou les r\u00e9seaux sociaux (\u00ab All Loved Up \u00bb), sa musique est \u00e0 son image, variant peu au fil des ann\u00e9es, oscillant entre rocks mid-tempo \u00e9nergique et ballades \u00e9th\u00e9r\u00e9es. Et si ce A Feast Of Consequences ne jouit sans doute pas du m\u00eame effet Mel Gibson qu&rsquo;Internal Exile (dont le jouissif et patriotique morceau-titre traitait de l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9cossaise), il contient tout de m\u00eame ses moments de bravoure. Sans h\u00e9sitation, un des grands albums de la d\u00e9cennie, dans sa cat\u00e9gorie.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il serait facile, de ce c\u00f4t\u00e9-ci de la Manche, de poursuivre son bout de chemin&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":45,"featured_media":6608,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[92,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6607"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/45"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6607"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6607\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6608"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}