{"id":6599,"date":"2013-11-12T00:00:00","date_gmt":"2013-11-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6599"},"modified":"2013-11-12T00:00:00","modified_gmt":"2013-11-11T22:00:00","slug":"6599","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/11\/12\/6599\/","title":{"rendered":"Captain Squeegee &#8211; To The Bardos!"},"content":{"rendered":"\n<p>En mati\u00e8re de musique, l\u2019innovation vient rarement de la technologie, et quasiment jamais de la facult\u00e9 d\u2019aligner les sextolets et d\u2019encha\u00eener les mesures asym\u00e9triques plus rapidement qu\u2019il ne faut pour dire \u00ab\u00a0ELP\u00a0\u00bb. Non, le Neuf, c\u2019est souvent l\u2019art de r\u00e9inventer un langage connu et commun, de m\u00ealer les couleurs. Et c\u2019est la plupart du temps la jeunesse qui s\u2019y colle, celle qui pourvoie la fra\u00eecheur par l\u2019enthousiasme, le m\u00e9lange, la mixit\u00e9. Il n\u2019est plus choquant aujourd\u2019hui de voir une trompette ou un trombone enlacer une guitare \u00e9lectrique satur\u00e9e, de voir s\u2019unir le jazz, la pop et le m\u00e9tal. Captain Squeegee fait partie de ces <em>big band<\/em> m\u00e9tiss\u00e9s, nourris d\u2019un glorieux pass\u00e9 mais affranchis des contraintes \u00e0 papa. <br \/><br \/> S\u2019ils ont s\u00e9rieusement m\u00fbri, ces jeunes hommes n\u2019ont absolument rien perdu, ni de leur fantaisie, ni de leur \u00e9nergie. Qu\u2019ont-ils bien pu faire pendant les cinq ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es depuis l\u2019OVNI <a href=\"component\/k2\/item\/1695?ItemId=12\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Nothing vs Everything<\/em><\/a>? S\u2019improviser com\u00e9diens en r\u00e9alisant (et en composant la musique d\u2019) une web-saga d\u00e9lirante intitul\u00e9e <a href=\"http:\/\/www.luciditysaga.com\/\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Lucidity<\/em><\/a>, par exemple. Donner des concerts et signer sur le label 80\/20 qui, comme son nom l\u2019indique, redistribue quatre-vingts pour cent des recettes aux artistes. Et composer pour leur nouvel album <em>To The Bardos!<\/em> financ\u00e9 avec succ\u00e8s par souscription. Cinq ans n\u2019auront d\u2019ailleurs pas \u00e9t\u00e9 de trop pour assembler, fignoler et polir la surface de cet obus de gros calibre, d\u2019autant que ces joyeux drilles sont sept \u00e0 avoir leur mot \u00e0 dire. Sept comme leurs compatriotes de Thank You Scientist avec lesquels ils entretiennent en outre quelques autres ressemblances. Car si Captain Squeegee a plus d\u2019affinit\u00e9s avec la pop et le jazz que le metal et joue moins la v\u00e9locit\u00e9 et la fureur que ses lointains voisins du New Jersey, on retrouve dans <em>To The Bardos!<\/em>, outre les cuivres vrombissants, cette densit\u00e9, cette mani\u00e8re de remplir l\u2019espace sonore, de ne laisser aucun r\u00e9pit, d\u2019entra\u00eener l\u2019auditeur jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement. <br \/><br \/> Enj\u00f4leur, onctueux, le chanteur\/trompettiste Danny Torgersen peut tr\u00e8s vite changer de ton et, assist\u00e9 des ses impr\u00e9visibles musiciens, d\u00e9router celui qui pensait suivre un chemin propret et balis\u00e9. Ainsi, quand l\u2019apparente indolence fa\u00e7on New Orleans de \u00ab\u00a0The Factory\u00a0\u00bb ou le vernis art-pop trompeur de \u00ab\u00a0Cosmic Waltz\u00a0\u00bb laissent d\u00e9j\u00e0 largement entrevoir de savantes orchestrations et un extraordinaire travail d\u2019arrangement, le moule se craqu\u00e8le beaucoup plus vite ailleurs : les pr\u00e9misses <em>radio friendly<\/em> de \u00ab\u00a0Dually Noted\u00a0\u00bb c\u00e8dent peu \u00e0 peu la place \u00e0 une bacchanale instrumentale, les gros riffs sortent du bois sur le final de \u00ab\u00a0My Machine\u00a0\u00bb tandis que \u00ab\u00a0The Farce 500 Million\u00a0\u00bb \u00e9chappe d\u00e8s les premi\u00e8res secondes \u00e0 tout contr\u00f4le. Il y a toujours un moment o\u00f9 le v\u00e9hicule d\u00e9rape et escamote les rambardes de s\u00e9curit\u00e9. Un peu comme si Elton John, sur un coup de t\u00eate, jetait aux orties ses innombrables distinctions et invitait sur sc\u00e8ne le Grand Orchestre du Splendid en plein milieu d\u2019un concert. Humour, action, suspense, chaque titre de ce disque est l\u2019\u00e9pisode men\u00e9 tambour battant d\u2019une histoire dont on br\u00fble de conna\u00eetre la suite. <br \/><br \/> Vivifiant, \u00e9tourdissant, <em>To The Bardos!<\/em> emprunte aux genres et modes tout ce qui peut contribuer \u00e0 le rendre avenant. Et en m\u00eame temps si farouchement ind\u00e9pendant. Tout le monde y trouvera son compte (sauf peut-\u00eatre quelques vieux d\u00e9bris g\u00e9rontocrates), car ces sept gar\u00e7ons ont l\u2019art de vous faire passer une pilule que vous n\u2019avez pas forc\u00e9ment envie d\u2019avaler. Et puisqu\u2019il n\u2019est pas s\u00e9rieusement concevable qu\u2019un groupe comme Captain Squeegee reste ignor\u00e9 en Europe (ou alors, c\u2019est que l\u2019Humanit\u00e9 a amorc\u00e9 un in\u00e9luctable d\u00e9clin), pr\u00eachez la bonne parole, vous qui sans l\u2019ombre d\u2019un doute serez conquis.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de musique, l\u2019innovation vient rarement de la technologie, et quasiment jamais de la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":6600,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[43,33,23,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6599"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6599"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6599\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6600"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6599"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}