{"id":6571,"date":"2013-10-13T00:00:00","date_gmt":"2013-10-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6571"},"modified":"2013-10-13T00:00:00","modified_gmt":"2013-10-12T22:00:00","slug":"6571","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/10\/13\/6571\/","title":{"rendered":"Dream Theater &#8211; Dream Theater"},"content":{"rendered":"\n<p>Face \u00e0 une nouvelle livraison des architectes du genre metal progressif outre-Atlantique, d\u00e9cevante comme l&rsquo;on pouvait s&rsquo;y attendre, il s&rsquo;agit de ne pas perdre ses nerfs et ne pas crier d\u2019embl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;enfumage commercial&#8230; m\u00eame si la tentation est grande. Pour \u00e9viter cet \u00e9cueil, une m\u00e9thode simple et fiable : baisser ses attentes, jusqu&rsquo;\u00e0 un niveau qui rend l&rsquo;\u00e9coute de ce nouvel album acceptable. Il reste ainsi \u00e0 admettre le postulat que tout ce qu&rsquo;a fait Dream Theater depuis <em>Six Degrees Of Inner Turbulence<\/em> souffre \u00e0 la fois d\u2019une douloureuse baisse de la qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture et de la production, mais \u00e9galement de la triste particularit\u00e9 de ne pas \u00eatre pour autant parvenu \u00e0 rendre cette chute qualitative agr\u00e9able \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, en la transformant en simplification de bon go\u00fbt par exemple. \u00c0 cette condition, il devient possible de consid\u00e9rer ce nouvel album au titre \u00e9ponyme presque comme r\u00e9ussi.<br \/><br \/> R\u00e9ussi, bien s\u00fbr, dans le sens o\u00f9 il ne d\u00e9pare pas de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs : on y d\u00e9niche comme toujours quelques riffs int\u00e9ressants, des solos de guitare d\u00e9montrant l&rsquo;exceptionnelle dext\u00e9rit\u00e9 de leur ex\u00e9cutant, \u00e0 d\u00e9faut de son talent m\u00e9lodique, et enfin des atmosph\u00e8res plut\u00f4t r\u00e9ussies, puisant leur inspiration \u00e0 diff\u00e9rentes sources th\u00e9matiques et temporelles, le tout au sein de morceaux dont l&rsquo;\u00e9coute est, somme toute, agr\u00e9able. Mais, dans un souci de rigueur, il para\u00eet impossible de ne pas signaler que de nombreux tics m\u00e9lodiques, de production, de chant, sont odieusement vol\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres, voir \u00e0 des albums pr\u00e9c\u00e9dents, au m\u00e9pris de tout crit\u00e8re de qualit\u00e9. \u00ab\u00a0False Awakening Suite\u00a0\u00bb n&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une resuc\u00e9e rat\u00e9e de l&rsquo;\u00ab\u00a0Overture\u00a0\u00bb de <em>Six Degrees\u2026<\/em>. \u00ab\u00a0The Looking Glass\u00a0\u00bb, exemple le plus pertinent sans doute, est un m\u00e9lange \u00e9tonnant de n&rsquo;importe quel morceau de Rush et d\u2019un extrait d\u2019<em>Images &amp; Words<\/em> choisi au hasard. \u00ab\u00a0Enigma Machine\u00a0\u00bb semble \u00eatre une chute de studio, abandonn\u00e9e lors des s\u00e9ances de travail d&rsquo;<em>Awake<\/em>. Quant \u00e0 la courageuse tentative d&rsquo;ins\u00e9rer au milieu de la longue pi\u00e8ce \u00ab\u00a0Illumination Theory\u00a0\u00bb un interm\u00e8de de musique classique, bien trop violoneux au demeurant, il s&rsquo;av\u00e8re rapidement qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit de rien d&rsquo;autre que d&rsquo;un collage de m\u00e9lodies issues de <em>Rhapsody In Blue<\/em> et du premier concerto pour piano de Tchaikovsky. Enfin, pour couronner l&rsquo;ensemble, de toute \u00e9vidence, James LaBrie n&rsquo;a pas su se d\u00e9barrasser de cette p\u00e9nible propension \u00e0 proposer des lignes m\u00e9lodiques de plus en plus bas de gamme (preuve en est son r\u00e9cent effort solo, dont la nullit\u00e9 crasse ferait passer ses rares r\u00e9ussites sur ce Dream Theater pour des chefs d\u2019\u0153uvre dignes d&rsquo;un Brian Wilson).<br \/><br \/> Difficile de d\u00e9terminer si les membres du groupe ont d\u00e9cid\u00e9 de prendre leurs fans pour des guignols, ou si on assiste simplement \u00e0 la lente disparition d&rsquo;un grand nom autrefois r\u00e9put\u00e9 pour la qualit\u00e9 de ses \u0153uvres, aujourd&rsquo;hui devenu un ersatz nostalgique de ce qu&rsquo;il f\u00fbt dans les ann\u00e9es 90. Sans doute un peu des deux. On ne saurait que trop conseiller \u00e0 Dream Theater d&rsquo;arr\u00eater de proposer \u00e0 son public un album m\u00e9diocre tous les deux ans, ceux-ci ayant une nette tendance \u00e0 ne plus savoir les diff\u00e9rencier. En effet, il semble impossible de d\u00e9gager de cet opus une diff\u00e9rence notable, une volont\u00e9, un projet, autant qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tait de <em>A Dramatic Turn Of Events<\/em>, <em>Black Clouds &amp; Silver Linings<\/em> et <em>Systematic Chaos<\/em>. Ces quatre albums se ressemblent d&rsquo;une mani\u00e8re qui, d\u00e9routante en 2009, est aujourd&rsquo;hui devenue proprement ennuyeuse. Tout espoir n&rsquo;est pas perdu, et un l\u00e9ger mieux reste envisageable, mais il faudrait pour cela une s\u00e9lection plus rigoureuse des morceaux, et une v\u00e9ritable pause entre deux saisons de travail et de tourn\u00e9e, dans le but de recharger les batteries cr\u00e9atives des membres du groupe. Enfin, une derni\u00e8re condition, mais pas des moindres, semble vitale pour le groupe : l&#8217;embauche d&rsquo;un producteur, qui pourrait se permettre de dire \u00e0 Petrucci de cesser de se prendre pour Neal Morse, de r\u00e9former la bouillie sonore qu&rsquo;est devenu Dream Theater et signifier \u00e0 LaBrie que non, il ne peut pas se permettre un \u00e9ni\u00e8me couplet larmoyant sur les accords de piano cucul-la-praline de Jordan Rudess. Pourquoi ? Mais parce que c&rsquo;est mauvais, James, tr\u00e8s mauvais !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 une nouvelle livraison des architectes du genre metal progressif outre-Atlantique, d\u00e9cevante comme l&rsquo;on&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":45,"featured_media":6572,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[39,38],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6571"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/45"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6571"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6571\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6572"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}