{"id":6409,"date":"2016-01-27T00:00:00","date_gmt":"2016-01-26T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6409"},"modified":"2016-01-27T00:00:00","modified_gmt":"2016-01-26T22:00:00","slug":"6409","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/01\/27\/6409\/","title":{"rendered":"David Bowie &#8211; Blackstar"},"content":{"rendered":"\n<p>Un choc. C\u2019est ce que le monde a ressenti \u00e0 l\u2019annonce de la mort de David Bowie au matin du 11 janvier 2016. Son vingt-cinqui\u00e8me album, <em>Blackstar<\/em>, \u00e9tait sorti depuis seulement trois jours et donnait l\u2019impression d\u2019un Bowie plus vivant que jamais. Il est vite apparu que cette oeuvre \u00e9tait une forme d\u2019adieu et donc un objet absolument unique dans la musique contemporaine. <br \/><br \/> Comme tous les grands artistes, Bowie a toujours su s\u2019entourer de musiciens de talent (cette liste non exhaustive suffit \u00e0 convaincre : Brian Eno, Robert Fripp, Lou Reed, Pat Metheny, Iggy Pop\u2026) et c\u2019est apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 le groupe de Donny McCalsin \u00e0 New York, qu\u2019il a pens\u00e9 \u00e0 une collaboration.<br \/><br \/> Le caract\u00e8re hybride fascinant, qui a toujours marqu\u00e9 la discographie du Britannique est pr\u00e9sent d\u00e8s les premi\u00e8res minutes du morceau \u00e9ponyme. Avec ses exp\u00e9rimentations jazz et ses sons \u00e9lectroniques, \u00ab\u00a0Blackstar\u00a0\u00bb est un vaisseau qui navigue dans une inqui\u00e9tante familiarit\u00e9. M\u00eame si la voix de Bowie est toujours l\u00e0 et les r\u00e9f\u00e9rences au pass\u00e9 nombreuses, il flotte dans ce disque une atmosph\u00e8re novatrice port\u00e9e par le groupe du saxophoniste Donny McCalsin. \u00c0 la fois sensuel, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et furieux, il illumine l\u2019album de sa pr\u00e9sence. \u00c0 l\u2019aise dans les passages lyriques (sur le d\u00e9chirant \u00ab\u00a0Lazarus\u00a0\u00bb par exemple) ou dans les moments plus exp\u00e9rimentaux (\u00ab\u00a0Sue(Or in the Season of Crime)\u00a0\u00bb), la versatilit\u00e9 de McCalsin emporte<em> Blackstar<\/em> vers les sommets. L\u2019autre apport essentiel est celui du batteur Mark Guiliana (dont le projet <a href=\"chroniques\/item\/14773-mehliana-taming-the-dragont\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Mehliana<\/a> avec Brad Mehldau avait tap\u00e9 dans l\u2019oeil de la r\u00e9daction en 2014). Sa rythmique ent\u00eatante et d\u00e9routante sur \u00ab\u00a0Blackstar\u00a0\u00bb provoque ce sentiment \u00e9trange d\u2019instabilit\u00e9, son jeu finement complexe est ma\u00eetre dans le chaos de \u00ab\u00a0Sue (Or in the Season of Crime)\u00a0\u00bb. L\u2019inspiration de la sc\u00e8ne \u00e9lectronique de Guiliana (Aphex Twin en particulier) sied particuli\u00e8rement bien aux compositions. Mais Bowie n\u2019a pas voulu ce disque inaccessible, sa science de la m\u00e9lodie est toujours au coeur de la musique comme le montrent \u00ab\u00a0Dollar Days\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0I can\u2019t Give Everything Away\u00a0\u00bb. <em>Blackstar<\/em> est un voyage \u00e9motionnel vers l\u2019acceptation, du climat s\u00e9pulcral du morceau-titre au lumineux \u00ab\u00a0I Can\u2019t Give Everything Away\u00a0\u00bb<br \/><br \/> Sachant sa fin arriver, il lui aurait \u00e9t\u00e9 facile de cr\u00e9er un album en forme de r\u00e9sum\u00e9 discographique; il a choisi, au contraire, de se renouveler une fois de plus avec un panache incroyable. Peu d\u2019artistes ayant \u00e9merg\u00e9 au cr\u00e9puscule des ann\u00e9es soixante ont r\u00e9ussi \u00e0 garder une telle pertinence. \u00c0 la lumi\u00e8re de la disparition de David Bowie, <em>Blackstar<\/em> appara\u00eet donc \u00e0 l\u2019image de son oeuvre : un plaidoyer \u00e9clatant en faveur de l\u2019innovation, de la recherche cr\u00e9ative, du renouvellement, au-del\u00e0 de soi et au-del\u00e0 m\u00eame de la mort.<br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un choc. 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