{"id":6393,"date":"2016-02-09T00:00:00","date_gmt":"2016-02-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6393"},"modified":"2016-02-09T00:00:00","modified_gmt":"2016-02-08T22:00:00","slug":"6393","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/02\/09\/6393\/","title":{"rendered":"The Pneumatic Transit &#8211; Concerto For Double Moon"},"content":{"rendered":"\n<p>Lorsqu\u2019en septembre 2012, Jeff Zampillo quitte Exotic Animal Petting Zoo, groupe de metal exp\u00e9rimental  de Chicago pour le moins \u2026 \u00e9nergique, il clame haut et fort qu\u2019il veut d\u00e9sormais \u00eatre en accord avec lui-m\u00eame en jouant de la musique improvis\u00e9e, qui lui permettra d\u2019interagir spontan\u00e9ment avec ses musiciens. Et annonce dans la foul\u00e9e l\u2019enregistrement d\u2019un album avec  son nouveau groupe intitul\u00e9 The Pneumatic Transit (nom inspir\u00e9 par le premier m\u00e9tro souterrain new-yorkais, reposant sur un syst\u00e8me in\u00e9dit de propulsion pneumatique). <br \/> A l\u2019image de ce moyen de transport r\u00e9volutionnaire, la musique de Zampillo va allier innovation et prospection vers de nouveaux territoires sonores. Pour la mettre en \u0153uvre, il s\u2019est adjoint deux joueurs de cordes du Chicago Symphony Orchestra, quelques improvisateurs qu\u2019il qualifie de \u201ctr\u00e8s talentueux\u201d et surtout Mike Mirro, le batteur originel d\u2019Umphrey\u2019s McGee (jam band am\u00e9ricain qui, dans la tradition de ses glorieux a\u00een\u00e9s de Phish, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 s\u2019engouffrer dans de longues et jouissives improvisations instrumentales). <br \/><br \/> Le bel optimisme de Zampillo est pourtant mis \u00e0 mal par les nombreuses difficult\u00e9s qu\u2019il rencontre au cours de l\u2019enregistrement. Jusqu\u2019au drame. Mike Mirro meurt de fa\u00e7on soudaine et tragique en Janvier 2014. Il faudra attendre plus d\u2019un an et demi pour voir enfin sortir <em>Concerto For Double Moon<\/em>, un projet surprenant, sorte de jazz-fusion aux relents hypnotiques o\u00f9 le violoncelle \u2013 instrument pr\u00e9sent dans la musique classique plut\u00f4t que dans le jazz \u2013 vient converser sans complexe avec un Fender Rhodes surexcit\u00e9, donnant \u00e0 l\u2019ensemble des couleurs pastel surexpos\u00e9es, particuli\u00e8rement novatrices et jubilatoires. <br \/><br \/> Tout commence de mani\u00e8re chaotique avec \u00ab\u00a0Colloquium\u00a0\u00bb, fulgurance musicale entam\u00e9e par un bruit blanc sur lequel vient se coller un conglom\u00e9rat d\u2019instruments, dirig\u00e9s de souffle de ma\u00eetre par le saxophone de Carl Coan. L\u2019arr\u00eat est aussi brutal que l\u2019apparition \u2013 laissant la place au bout de quelques secondes aux premiers riffs tranchants de Jeff Zampillo sur \u00ab\u00a0Icarian Games\u00a0\u00bb. Puis les premiers signes d\u2019apaisement naissent, \u00e9voquant le John McLaughlin des <em>seventies<\/em>, avant de d\u00e9river vers un dialogue instrumental  semblable aux joutes musicales enflamm\u00e9es que se livraient Chick Corea et Al Di Meola au sein de Return To Forever.  A nouveau un petit tour du c\u00f4t\u00e9 du Mahavishnu Orchestra et le plus long titre de l\u2019album peut tranquillement se laisser porter vers la suite d\u2019une \u0153uvre o\u00f9 le violoncelle va progressivement rentrer dans la cour des Grands. <br \/> Timidement en fin de troisi\u00e8me titre, \u00ab\u00a0Apparition of Rosalyn\u00a0\u00bb, o\u00f9 claviers et guitare s\u2019entrem\u00ealent en des \u00e9locutions vertigineuses avant de laisser place aux cordes vibrantes et lascives de Zampillo, rappelant les voyages dans lesquels le ma\u00eetre Fripp et son roi cramoisi nous embarquaient jadis. <br \/> Puis de fa\u00e7on plus marqu\u00e9e sur \u00ab\u00a0Benzedrine Cloud Burst\u00a0\u00bb, pi\u00e8ce de trois minutes o\u00f9 violoncelle et Rhodes donnent \u00e0 l\u2019ensemble une tournure \u2019hiver au coin du feu\u2019. <br \/><br \/> L\u2019un des sommets de l\u2019album reste n\u00e9anmoins \u00ab\u00a0An Atlas Of Oceanic Coves\u00a0\u00bb : concentr\u00e9 d\u2019ambiances sombres et cisel\u00e9es par l\u2019archet de Michael Ferraro. Puis transgressions vers la lumi\u00e8re, d\u2019abord gr\u00e2ce aux boucles d\u2019un Rhodes se r\u00e9pondant en \u00e9cho \u00e0 lui-m\u00eame, puis par les effets d\u2019une six cordes rappelant \u00e0 nouveau le King Crimson de <em>Discipline<\/em>. Nous ne sommes cependant pas au bout de nos surprises, car un autre sommet appara\u00eet, encore un peu plus haut : il a pour nom \u00ab\u00a0Enochian Dyskinesia\u00a0\u00bb et encha\u00eene rythmes <em>groove<\/em>, synth\u00e9s atmosph\u00e9riques \u00e0 la Happy The Man dans une premi\u00e8re partie particuli\u00e8rement planante \u2013 puis exercice de vitesse entre guitare et saxophone \u2013 structures <em>Bitches Brew<\/em> du grand Miles ou plus loin encore, musique de chambre plus confidentielle. Ce morceau est d\u2019une profonde richesse et nous propose une palette de sensations aussi diversifi\u00e9es qu\u2019intenses et r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrices d\u2019une pl\u00e9nitude int\u00e9rieure. Jusqu\u2019\u00e0 la fin, l\u2019auditeur est baign\u00e9 dans une ambiance parfois intimiste, comme sur \u00ab\u00a0Sparrow Sparrow\u00a0\u00bb, pi\u00e8ce \u00e9crite pour six violoncelles, ou parfois virevoltante : \u00ab\u00a0Lioness\u00a0\u00bb en est la preuve, chaque instrument &#8211; saxophone en t\u00eate \u2013 impulsant une dynamique entre jazz et jazz-fusion. <br \/><br \/> Nous vivons l\u00e0 une exp\u00e9rience incroyable, qui nous secoue, nous intrigue et nous apporte une certaine forme de d\u00e9pendance : \u00e0 peine l\u2019exp\u00e9dition termin\u00e9e, l\u2019envie de recommencer ce voyage souterrain surgit \u00e0 nouveau. Il s\u2019agit sans doute de l\u2019une des \u00e9coutes les plus originales et les plus captivantes de ces derniers mois, \u00e0 conseiller vivement \u00e0 ceux qui cherchent \u00e0 donner d\u2019autres perspectives aux musiques qu\u2019ils appr\u00e9cient.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsqu\u2019en septembre 2012, Jeff Zampillo quitte Exotic Animal Petting Zoo, groupe de metal exp\u00e9rimental de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":6394,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[56,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6393"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6393"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6393\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6394"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6393"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6393"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6393"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}