{"id":6351,"date":"2016-02-08T00:00:00","date_gmt":"2016-02-07T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6351"},"modified":"2016-02-08T00:00:00","modified_gmt":"2016-02-07T22:00:00","slug":"6351","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/02\/08\/6351\/","title":{"rendered":"Dream Theater &#8211; The Astonishing"},"content":{"rendered":"\n<p>Le nouveau cru Dream Theater est g\u00e9n\u00e9reux. Bouffi, gras et cr\u00e9meux diraient certains. Album double, op\u00e9ratique, cin\u00e9matographique&#8230; Chromatique se devait d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur de la t\u00e2che qui lui incombe, c\u2019est pourquoi votre webzine favori vous propose pour l\u2019occasion une chronique partag\u00e9e et conceptuelle. Une chronique progressive, en somme\u2026<br \/><br \/> <em>Ouverture<\/em><br \/> Si nous \u00e9tions mauvaises langues (belle pr\u00e9t\u00e9rition&#8230;), nous pourrions dire que les h\u00e9rauts de la sc\u00e8ne progressive ont mis en marche une op\u00e9ration s\u00e9duction comme pour nous dire \u00ab\u00a0chers amis, souvenez-vous de <em>Scenes From A Memory<\/em> : et bien nous allons faire encore mieux\u00a0\u00bb. Encore mieux donc, c\u2019est plus. Plus de titres. Plus de grandiloquence. On n\u2019est pas Your Majesty pour rien. Dream Theater est un groupe ambitieux, l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9 et voit tr\u00e8s loin, jusque dans l\u2019histoire qu\u2019il met en sc\u00e8ne. Ne nous attardons pas sur le sc\u00e9nario futuriste mettant en avant un protagoniste dont le don pour la musique va permettre d\u2019affronter un syst\u00e8me qui la proscrit, dystopie emprunt\u00e9e aux grandes sagas du cin\u00e9ma am\u00e9ricain. Arr\u00eatons-nous plut\u00f4t sur l\u2019ensemble de ces deux disques pleins \u00e0 craquer.<br \/><br \/> Acte I \u2013 <em>Un peu de tout, un peu de rien ?<\/em><br \/> <em>The Astonishing<\/em> (en toute modestie) est effectivement une galette stup\u00e9fiante. Elle a le don de jeter un regard appuy\u00e9 sur le pass\u00e9 et ce jusqu\u2019\u00e0 <em>Images and Words<\/em> sorti en 1992. Comme un petit pr\u00e9cieux, un \u00e9tonnant br\u00e9viaire Dream Theater o\u00f9 diff\u00e9rentes \u00e9poques s\u2019enchev\u00eatrent. Cela va rassurer certains : oui, si vous \u00eates allergiques au groupe depuis quelques disques (chacun aura sa c\u00e9sure psychologique), vous pourrez, bienheureux, vous replonger dans l\u2019histoire en marche du groupe culte. Ils le clament haut et fort, la musique est un cadeau : joie d\u2019offrir, plaisir de recevoir. Le premier disque, disproportionn\u00e9 en tout par rapport au deuxi\u00e8me, appara\u00eet comme une grande machine \u00e0 balades. Barbra Streisand \u00e0 la rencontre de Barclay James Harvest ? Les m\u00e9lodies sirupeuses, belles n\u00e9anmoins, prennent le pas sur les gros riffs. Au sein de ce d\u00e9dale sucr\u00e9 s\u2019impose pourtant une envie de cr\u00e9er des th\u00e8mes forts. Le m\u00e9tal grossier avait divis\u00e9 les fans du groupe \u00e0 partir de <em>Train of Thoughts<\/em> et on voit donc resurgir ici une sorte de clart\u00e9, un \u00e9quilibre dans les d\u00e9cha\u00eenements de notes. Le deuxi\u00e8me disque arrive apr\u00e8s d\u00e9j\u00e0 une heure et vingt minutes d\u2019\u00e9coute et aurait pu &#8211; sorti de son contexte &#8211; \u00eatre un album \u00e0 part enti\u00e8re car auto-suffisant. La musique y prend une autre dimension avec des moments d\u2019intensit\u00e9, des prouesses techniques, de glorieux soli de guitare et, au final, une volont\u00e9 de sortir des sentiers battus.<br \/><br \/> Acte II \u2013 <em>Tout le monde est l\u00e0 ?<\/em><br \/> John Petrucci, producteur de son propre groupe, a le courage de tenter des choses, \u00e9paul\u00e9 par une sacr\u00e9e \u00e9quipe. De belles nouvelles en perspective sur les performances de chacun. A tout seigneur, tout honneur, commen\u00e7ons par le dernier arriv\u00e9, \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00bb Mike, qui prend pleinement sa place, enrichit son jeu mais ne d\u00e9montre pas vraiment d\u2019originalit\u00e9, comme guid\u00e9 par des demandes auxquelles il ne faudrait pas d\u00e9roger. Mangini frappe, Mangini cogne avec peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, du haut de sa caisse claire scintillante. La basse de John Myung est \u00e0 son image, discr\u00e8te mais efficace, soulignant chaque aspect rythmique mais aussi m\u00e9lodique de la musique du groupe. Pour ceux qui peuvent \u00eatre m\u00e9fiant envers James LaBrie, c\u2019est une invitation \u00e0 se refaire une id\u00e9e. Alternant chant et s\u00e9quences narratives comme sur certains albums qui ont jalonn\u00e9 l\u2019histoire du groupe ou ses collaborations (Ayreon entre autres), il r\u00e9ussit \u00e0 emporter l\u2019adh\u00e9sion sur une trame somme toute assez banale, dans l\u2019histoire s\u2019entend. Il incarne plusieurs personnages, change de registre mais exprime aussi des \u00e9motions comme il savait le faire autrefois. Aid\u00e9 par un brin de technologie, le Canadien s\u2019enfile du texte avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. En ce qui concerne les deux compositeurs principaux, ils ont conclu le pacte d\u2019en faire moins pour gagner plus. John Petrucci arr\u00eate de tricoter \u00e0 tout va et se veut efficace, poussant son jeu dans des univers diff\u00e9rents. Il repense le grand tout avec plus d\u2019\u00e9l\u00e9gance. Il range parfois sa sept cordes au profit d\u2019une guitare folk et se met en retrait lorsque les claviers de Jordan Rudess font leur apparition. Cela en dit beaucoup sur l\u2019humilit\u00e9 g\u00e9niale du bonhomme. En redonnant ses lettres au piano, en arr\u00eatant les d\u00e9lires bastringues et en simplifiant son jeu, Jordan Rudess, lui, sort des d\u00e9fauts de la d\u00e9mesure et habille les trente-quatre pistes de <em>The Astonishing<\/em> !<br \/><br \/> Acte III &#8211; <em>02:09:23<\/em><br \/> Avec plus de deux heures de musique au compteur, difficile de r\u00e9sumer, de condenser ou de faire du titre \u00e0 titre. Il y a beaucoup de balades (trop ?), peu d\u2019agressivit\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 ce que devenait la tendance. Comme un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Rush de temps \u00e0 autre (<em>2112<\/em> et son futur anticip\u00e9). Plus de deux heures, c\u2019est un peu Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux en disque. Une analogie pas si saugrenue finalement car l\u2019aspect <em>space opera<\/em> est bien pr\u00e9sent, ne serait-ce que par le fil rouge et les virgules ou zigouigouis \u00e9lectroniques. Ici, il ne s\u2019agit pas de l\u2019Empire Galactique et des Rebelles mais du \u00ab\u00a0Great Northern Empire of the Americas\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0Ravenskill Rebel Militia\u00a0\u00bb. D\u2019accord, c\u2019est la m\u00eame chose. Dramatique, dramaturgique, lyrique mais pas poussif. Le titre le plus long totalise sept minutes et quarante secondes au compteur et aucun empilement abscons ne menace l\u2019ensemble. Orchestral aussi avec l\u2019appui du chef d&rsquo;orchestre David Campbell et quelques violons dans l\u2019ensemble. Concerto en DT majeur.<br \/><br \/> Epilogue \u2013 <em>The Astonishing n\u2019est pas The Wall mais&#8230;<\/em><br \/> <em>The Astonishing<\/em> est un suppl\u00e9ment d\u2019armes mais pas un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me. D\u00e9montrant que Dream Theater est vivant et m\u00eame vivace, il redonne espoir. Mais il n\u2019est pas un carrefour discographique comme le chef d\u2019\u0153uvre des Floyd. Il n\u2019est pas assez vari\u00e9 pour cr\u00e9er la surprise. Il se contente, et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas mal, d\u2019imposer le respect, et beaucoup diront que l\u2019on revient de loin. L\u2019int\u00e9gralit\u00e9, prochainement en concert, pr\u00e8s de chez vous, et peut-\u00eatre un film, allez savoir. Rien ne les arr\u00eate, alors continuons \u00e0 les suivre ?<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nouveau cru Dream Theater est g\u00e9n\u00e9reux. Bouffi, gras et cr\u00e9meux diraient certains. 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