{"id":6291,"date":"2012-05-28T00:00:00","date_gmt":"2012-05-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6291"},"modified":"2012-05-28T00:00:00","modified_gmt":"2012-05-27T22:00:00","slug":"6291","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/05\/28\/6291\/","title":{"rendered":"Ulver &#8211; Childhood&rsquo;s End"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est tr\u00e8s \u00e9tonnant qu\u2019un groupe comme Ulver d\u00e9cide de faire para\u00eetre un disque compos\u00e9 de reprises. On ne pourra jamais reprocher aux Norv\u00e9giens de manquer de cr\u00e9ativit\u00e9 pour leurs musiques originales, tant la carri\u00e8re du groupe est jalonn\u00e9e d\u2019expressions diverses, aussi riches dans leur r\u00e9alisation que dans les styles abord\u00e9s, du black au folk jusqu\u2019aux confins de l\u2019art rock. Childhood\u2019s End est donc un <em>trip<\/em>: un voyage r\u00e9gressif consenti dans la musique de la fin des ann\u00e9es soixante, d\u00e9j\u00e0 plus psych\u00e9 que rock. Des Byrds \u00e0 Jefferson Airplane pour les connus jusqu\u2019aux plus pointus Beau Brummels, esp\u00e8ce de crypto Beatles ou encore Music Emporium qui n\u2019a offert qu\u2019un introuvable album en 1969, puis s\u2019en est all\u00e9.<br \/><br \/> Ulver nous fait plonger la t\u00eate la premi\u00e8re dans cette abondance r\u00eaveuse avec la <em>maestria<\/em> d\u2019un guide touristique inspir\u00e9. Le groupe n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9 de raconter, il incarne. Il r\u00e9ussit le tour de force d\u2019ancrer ces morceaux dans leur temps, sous le sceau du respect, sans les dater trop pour autant. La simplicit\u00e9 d\u00e9sarmante de ritournelles douces et graves (\u00ab\u00a0Today\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Magic Hollow\u00a0\u00bb), la festivit\u00e9 inh\u00e9rente aux accents surf rock (\u00ab\u00a0Street song\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0I had too much to dream last night\u00a0\u00bb des Electric Prunes, \u00e0 renfort de claps), la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 liturgique pop (\u00ab\u00a0Where is yesterday\u00a0\u00bb): tout est l\u00e0 pour immerger l\u2019auditeur. A chaque instant, guitares acoustiques et orgues sont savamment produits comme aujourd\u2019hui, mais fid\u00e8les \u00e0 hier.<br \/><br \/> Comme si le groupe voulait montrer que c\u2019est bien l\u00e0 qu\u2019est n\u00e9 le rock. En tous les cas, leur rock. Pas celui des y\u00e9y\u00e9s, celui du LSD. Pas \u00ab\u00a0I wanna hold your hand\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0Tomorrow never knows\u00a0\u00bb. Plaisir enfantin, on ne peut monter qu\u2019avec entrain sur ces carroussels lumineux, sans finalement trop se poser de questions. Le groupe imagine sans doute implicitement une vertu \u00e9ducative \u00e0 ces seize titres, comme des parents qui apportent \u00e0 leurs enfants leurs premi\u00e8res impressions auditives. Dans une interview, Garm, chanteur et t\u00eate pensante dit, un peu effront\u00e9ment, qu\u2019il n\u2019y a finalement rien eu de nouveau depuis les ann\u00e9es quatre-vingt dix. On comprend alors sa volont\u00e9 de se tourner vers le carrefour musical qu\u2019ont v\u00e9cu ses parents. Apr\u00e8s tout, ce croisement &#8211; des 13th Floor Elevators pr\u00e9sents ici et ayant \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 offrir l\u2019adjectif psych\u00e9d\u00e9lique \u00e0 leur musique, \u00e0 George Harrison, figure l\u2019incarnant pour la masse &#8211; vous et nous fait sans doute un peu lire ces pages aujourd\u2019hui. Le loup n\u2019est donc pas solitaire : dans sa t\u00eate tournent des esprits dansants d\u2019une autre \u00e9poque auxquels il repense, nostalgique et jouisseur.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est tr\u00e8s \u00e9tonnant qu\u2019un groupe comme Ulver d\u00e9cide de faire para\u00eetre un disque compos\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":6292,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6291"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6291"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6291\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}