{"id":6273,"date":"2012-05-16T00:00:00","date_gmt":"2012-05-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6273"},"modified":"2012-05-16T00:00:00","modified_gmt":"2012-05-15T22:00:00","slug":"6273","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/05\/16\/6273\/","title":{"rendered":"Ange &#8211; Moyen-\u00c2ge"},"content":{"rendered":"\n<p>N\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 ceux qui pensaient que la tourn\u00e9e \u00ab\u00a0La Quaranti\u00e8me Rugissante\u00a0\u00bb allait enfin mettre un terme d\u00e9finitif \u00e0 sa carri\u00e8re, Ange revient encore et toujours, avec  un disque nourri de la m\u00eame s\u00e8ve depuis <em>Culinaire Lingus<\/em>. A ceci pr\u00e8s qu\u2019entre-temps, Caroline Crozat s\u2019en est all\u00e9e explorer d\u2019autres horizons moins mouvement\u00e9s que ceux d\u2019un groupe de rock, apr\u00e8s une dizaine d\u2019ann\u00e9es de bons et loyaux services.  <em>Quid<\/em> alors d\u2019un <em>Moyen-\u00e2ge<\/em> d\u00e9pourvue de touche f\u00e9minine ? <br \/><br \/> Ange a atteint ces derni\u00e8res ann\u00e9es un savant \u00e9quilibre, proposant un rock moderne et souvent concis, sans pour autant renier la dimension th\u00e9\u00e2trale et plus d\u00e9velopp\u00e9e de sa musique. Ce nouvel album ne bouleverse pas ce subtil dosage et commence par draguer le curieux, le r\u00e9ticent, le paresseux qui a besoin de chansons faciles \u00e0 dig\u00e9rer pour se laisser entra\u00eener \u00e0 la suite des troubadours francs-comtois. A l\u2019instar de \u00ab\u00a0Tous les boomerangs du monde\u00a0\u00bb sur <a href=\"chroniques\/item\/1305-Souffleurs%20de%20vers\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Souffleurs de vers<\/em><\/a> ou de \u00ab\u00a0Hors la loi\u00a0\u00bb sur <a href=\"component\/k2\/item\/2506?ItemId=12\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Le bois travaille m\u00eame le dimanche<\/em><\/a>, \u00ab\u00a0Tueuse \u00e0 gages\u00a0\u00bb fait figure de <em>single<\/em> attrayant, auquel s\u2019encha\u00eenent quelques titres non moins engageants. Mais d\u00e8s \u00ab\u00a0Op\u00e9ra-bouffe ou la qu\u00eate du gras\u00a0\u00bb, il semble \u00e9vident qu\u2019Ange n\u2019ait pas escamot\u00e9 ses ambitions artistiques. Les huit parties de <em>Moyen-\u00e2ge<\/em>, soit deux bons tiers de l\u2019album, constituent le d\u00e9cor d\u2019une pi\u00e8ce o\u00f9 l\u2019obscurantisme et l\u2019ali\u00e9nation de l\u2019homme occupent le devant de la sc\u00e8ne, tandis qu\u2019en coulisses, le r\u00eave et l\u2019espoir, momentan\u00e9ment \u00e9vinc\u00e9s, pr\u00e9parent leur retour. <br \/><br \/> Plus acide et po\u00e9tique que jamais, Christian Decamps s\u2019attaque aux absurdit\u00e9s du monde, d\u00e9clamant avec toute l\u2019emphase et la sinc\u00e9rit\u00e9 qu\u2019on lui conna\u00eet les mots qui ont surgi sous sa plume \u00e9loquente. Si la voix du p\u00e8re, relay\u00e9e \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par celle plus douce de son fils, ne trouve plus l\u2019\u00e9cho f\u00e9minin, incarn\u00e9 autrefois par le s\u00e9duisant contrepoids de Caroline Crozat, le message passe malgr\u00e9 tout, parfois en force, souvent par la puissance de la m\u00e9taphore. Quant \u00e0 la musique, bien qu\u2019elle ne respecte pas toujours les canons de son \u00e9poque, elle colle \u00e0 la plume du po\u00e8te. Elle s\u2019exprime sans fioritures (\u00ab\u00a0Camelote\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le cri du samoura\u00ef\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Les cl\u00e9s du harem\u00a0\u00bb) ou se fait plus nuanc\u00e9e, toute en atmosph\u00e8res changeantes (\u00ab\u00a0Entre les gouttes\u00a0\u00bb), hypnotique et angoissante (\u00ab\u00a0Un go\u00fbt de pain perdu\u00a0\u00bb), renouant m\u00eame parfois avec les titres \u00e9piques qui ont fait l\u2019histoire du groupe (\u00ab\u00a0A la cour du Roi Nombril\u00a0\u00bb). <br \/><br \/> V\u00e9t\u00e9ran parmi les v\u00e9t\u00e9rans, la bande \u00e0 Decamps est toujours debout apr\u00e8s les nombreuses p\u00e9rip\u00e9ties qui ont anim\u00e9 sa carri\u00e8re, et peut se permettre de faire la nique \u00e0 toute la sc\u00e8ne rock fran\u00e7aise.  Vous qui marchez dans l\u2019obscurit\u00e9, il n\u2019est pas trop tard pour vous laisser \u00e9blouir, quelque part sur la route, par la lumi\u00e8re de l\u2019Ange !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 ceux qui pensaient que la tourn\u00e9e \u00ab\u00a0La Quaranti\u00e8me Rugissante\u00a0\u00bb allait enfin mettre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":6274,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6273"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6273"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6273\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}