{"id":6189,"date":"2013-02-25T00:00:00","date_gmt":"2013-02-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6189"},"modified":"2013-02-25T00:00:00","modified_gmt":"2013-02-24T22:00:00","slug":"6189","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2013\/02\/25\/6189\/","title":{"rendered":"Ibrahim Maalouf &#8211; Wind"},"content":{"rendered":"\n<p>On peut dire que tout va bien pour ce petit g\u00e9nie de trompettiste qu\u2019est Ibrahim Maalouf. Apr\u00e8s seulement trois albums il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 parmi les plus grands, invit\u00e9 en t\u00eate d\u2019affiche dans des festivals comme <em>Jazz in Marciac<\/em>, et \u00e0 seulement trente-trois ans le voil\u00e0 d\u00e9sormais programm\u00e9 \u00e0 l\u2019auditorium du Louvre. Mais d\u2019o\u00f9 vient donc ce succ\u00e8s ? De sa jeunesse, lui donnant les moyens de d\u00e9poussi\u00e9rer un genre en stagnation ? De ses influences pluriculturelles ? De son talent d\u2019interpr\u00e9tation ?<br \/><br \/> D\u2019o\u00f9 qu\u2019il vienne, Ibrahim Maalouf n\u2019a pas peur de le remettre en jeu avec ce quatri\u00e8me album pour le moins surprenant. Encore impr\u00e9gn\u00e9 par les th\u00e8mes arabisants et l\u2019\u00e9nergie endiabl\u00e9e (et un peu folle) qui caract\u00e9risait <em>Diagnostic<\/em>, l\u2019\u00e9coute des premi\u00e8res mesures de <em>Wind<\/em> a valeur de rupture. Nous voil\u00e0 d\u00e9sormais plong\u00e9s dans un jazz \u00e9pur\u00e9 et classieux, beaucoup plus proche de ses standards occidentaux. Ici pas de ch\u0153urs, pas de guitare \u00e9lectrique, pas de batucada, pas de <em>samples<\/em>\u2026 On se contentera d\u2019une formation classique ; piano, contrebasse, batterie, saxophone et bien s\u00fbr, la trompette.<br \/><br \/> Classique dans sa forme mais atypique dans son discours, <em>Wind<\/em> t\u00e9moigne lui aussi  de l\u2019originalit\u00e9 de son cr\u00e9ateur ; nocturnal, po\u00e9tique, \u00e9pur\u00e9, envo\u00fbtant\u2026 Le franco-libanais abandonne ici ses vell\u00e9it\u00e9s festives et joue de sa trompette avec des gants de soie, tout en finesse et en subtilit\u00e9s, il se fait discret et pertinent dans ses interventions fussent-elles nombreuses ; et toujours avec l\u2019interpr\u00e9tation intense et \u00e9motive qu\u2019on lui connait. Des \u00e9motions et des sensations c\u2019est justement ce dont il est question dans ce disque, chaque morceau nous immerge alors dans son univers particulier, les ambiances s\u2019encha\u00eenent avec une vraisemblance implacable ; \u00ab\u00a0excitement\u00a0\u00bb saura vous insuffler l\u2019agitation et \u00ab\u00a0waiting\u00a0\u00bb\u2026 la lassitude.<br \/><br \/> Ibrahim a fait ici le choix de laisser une place toute particuli\u00e8re au saxophone qui d\u00e9double la majorit\u00e9 de ses parties <em>lead<\/em> de trompette. Un choix contestable puisque occultant l\u2019intensit\u00e9 et la justesse de son jeu, le charisme et l\u2019ampleur naturelle de l\u2019instrument auraient d\u00fb lui \u00e9viter cet artifice d\u2019orchestration. C\u2019est avec plaisir qu\u2019on constate que le trompettiste n\u2019a rien perdu de ses talents pour l\u2019improvisation et lorsqu\u2019il s\u2019\u00e9mancipe de son perroquet \u00e0 hanche c\u2019est pour nous livrer des soli d\u2019une autre plan\u00e8te dont il a le secret (\u00ab\u00a0certainty\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sensuality\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> Avec ce quatri\u00e8me album surprenant, Ibrahim Maalouf prend des risques et nous prouve une bonne fois pour toutes que la seule constante de son parcours musical reste la diversit\u00e9. Cet homme est guid\u00e9 par la passion et satisfait ses envies musicales sans complexe, prenant parfois son auditoire \u00e0 contrepied. On ne doute pas que ce disque sache tout de m\u00eame trouver son public, au vu de la qualit\u00e9 qui le caract\u00e9rise.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On peut dire que tout va bien pour ce petit g\u00e9nie de trompettiste qu\u2019est Ibrahim&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":6190,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[41,46,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6189"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6189"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6189\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6189"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6189"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6189"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}