{"id":6147,"date":"2012-09-09T00:00:00","date_gmt":"2012-09-08T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/6147"},"modified":"2012-09-09T00:00:00","modified_gmt":"2012-09-08T22:00:00","slug":"6147","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/09\/09\/6147\/","title":{"rendered":"Echolyn &#8211; S\/T"},"content":{"rendered":"\n<p>Echolyn est un groupe qui se laisse d\u00e9sirer. Contrairement aux travailleurs \u00e0 la cha\u00eene comme The Flower Kings dont on n\u2019attend plus vraiment grand chose, sinon une agr\u00e9able surprise, chaque album des Am\u00e9ricains depuis 1991 est une petite merveille impr\u00e9visible.  Le tr\u00e8s accessible <a href=\"chroniques\/item\/770-The%20End%20Is%20Beautiful\" target=\"_blank\"><em>The End Is Beautiful<\/em><\/a> succ\u00e9dait ainsi en 2005 au titanesque <em>Mei<\/em> (2002) compos\u00e9 d\u2019une seule pi\u00e8ce. Un in\u00e9dit sorti sur la compilation <em>After The Storm<\/em> pour les victime de l\u2019ouragan Katrina, la r\u00e9\u00e9dition de\u00a0<a href=\"component\/k2\/item\/1834?ItemId=12\" target=\"_blank\"><em>Cowboy Poems Free<\/em><\/a> et la parution du second album solo du guitariste Brett Kull <em>The Last of the Curlews<\/em> (trait\u00e9 dans le <a href=\"articles\/dossiers\/item\/10573-Echolyn\"><em> dossier Echolyn <\/em><\/a> ) n\u2019auront pas suffi \u00e0 \u00e9viter la lente transformation de certains doigts en moignons l\u00e9preux. Mais \u00e7a y est, apr\u00e8s maints reports, un successeur \u2013 double qui plus est &#8211; voit enfin le jour \u00e0 la veille de l\u2019\u00e9t\u00e9 2012. C\u2019est donc avec l\u2019angoisse de la d\u00e9ception qu\u2019un pouce et un index rong\u00e9s jusqu\u2019au sang d\u00e9posent le bras du tourne-disque sur le microsillon encore vierge d\u2019un trente-trois tours dont le visuel, un carreau crasseux et opaque, cultive le myst\u00e8re. <br \/><br \/> Puissant et symphonique, \u00ab\u00a0Island\u00a0\u00bb n\u2019apporte pourtant pas imm\u00e9diatement les frissons escompt\u00e9s. Exercice de style de seize minutes o\u00f9 se m\u00ealent un peu toutes les facettes du groupe, ce titre d\u2019ouverture dispose n\u00e9anmoins d\u2019une perfection formelle \u00e9clatante et d\u2019une luxuriance brillamment distill\u00e9e. Tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans les fluctuations de registre, la voix de Ray Weston s\u2019y fait emphatique ou intime. Le contraste est saisissant quand d\u00e9marre le tr\u00e8s bref \u00ab\u00a0Headright\u00a0\u00bb, qui aurait plut\u00f4t sa place sur le premier disque solo de Kull, <em>Orange-ish Blue<\/em> (2002). Il ne manquerait en effet qu\u2019une diffusion radio pour faire un hit de cette chanson qui en appelle autant \u00e0 The Beatles c\u00f4t\u00e9 vocal qu\u2019\u00e0 Midnight Oil pour la signature sonore.  Avec \u00ab\u00a0Locust To Bethlehem\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Some Memorial\u00a0\u00bb, on retrouve le Echolyn de <em>Mei<\/em> : des cordes en abondance, des structures plus simples et des progressions minutieusement ma\u00eetris\u00e9es.  Si la machine s\u2019emballe encore occasionnellement apr\u00e8s \u00ab\u00a0Island\u00a0\u00bb (sur le final de \u00ab\u00a0Some Memorial\u00a0\u00bb et sur \u00ab\u00a0The Cardinal And I\u00a0\u00bb notamment), c\u2019est la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui domine, avec comme point d\u2019orgue le majestueux \u00ab\u00a0Speaking in Lampblack\u00a0\u00bb. Dans l\u2019ensemble plus discr\u00e8te qu\u2019auparavant, l\u2019influence du rock et du blues \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine reste tout de m\u00eame identifiable, particuli\u00e8rement sur \u00ab\u00a0When  Sunday Spills\u00a0\u00bb et sur le tr\u00e8s sobre \u00ab\u00a0Past Gravity\u00a0\u00bb. Avec \u00ab\u00a0The Cardinal and I\u00a0\u00bb, on aper\u00e7oit aussi Spock \u2018s Beard au coin de la rue, tout comme on peut entendre The Mandrake Project sur \u00ab\u00a0Speaking in Lampblack\u00a0\u00bb, mais plut\u00f4t par appartenance \u00e0 la famille que par citation volontaire. Le groupe a d\u2019ailleurs d\u00e9laiss\u00e9 au fil de plus de vingt ann\u00e9es d\u2019existence les r\u00e9f\u00e9rences trop manifestes et ne doit aujourd\u2019hui rendre des comptes qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame. Echolyn joue du Echolyn, chose suffisamment rare dans le microcosme autosuffisant du prog\u2019 pour \u00eatre soulign\u00e9e. <br \/><br \/> Il manque peut-\u00eatre ici le grain de folie \u00e9gar\u00e9 apr\u00e8s la d\u00e9convenue de <a href=\"component\/k2\/item\/1833?ItemId=12\"><em>As The World<\/em><\/a>, ce sens de la d\u00e9mesure qui caract\u00e9risait <em>Mei<\/em> ou encore la fra\u00eecheur et l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de <em>The End Is Beautiful<\/em>. Le temps de l\u2019exp\u00e9rimentation est pass\u00e9, mais ce dernier-n\u00e9 n\u2019en reste pas moins une \u0153uvre superbe, charg\u00e9 d\u2019\u00e9motions, empreint de nostalgie, truff\u00e9 de belles m\u00e9lodies et de moments \u00e9piques. Typiquement le genre de disque qui se r\u00e9v\u00e8le petit \u00e0 petit, pour peu qu\u2019on lui laisse sa chance. La paroisse d\u2019Echolyn conservera ses fid\u00e8les, et les derniers m\u00e9cr\u00e9ants entreprendront sans nul doute leur conversion.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Echolyn est un groupe qui se laisse d\u00e9sirer. 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