{"id":5911,"date":"2006-06-07T00:00:00","date_gmt":"2006-06-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5911"},"modified":"2006-06-07T00:00:00","modified_gmt":"2006-06-06T22:00:00","slug":"5911","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/06\/07\/5911\/","title":{"rendered":"Andromeda &#8211; Chimera"},"content":{"rendered":"\n<p>Pour les connaisseurs maintenant de plus en plus nombreux, Andromeda est une formation assez jeune qui fait partie de l\u2019\u00e9lite de ce qu\u2019on pourrait appeler le metal progressif su\u00e9dois, ce qui n\u2019est pas un mince honneur \u00e9tant donn\u00e9 que ce pays nordique est plut\u00f4t prolixe en la mati\u00e8re: nous cacherait-on l\u2019existence d\u2019une \u00ab\u00a0Metal Academy\u00a0\u00bb top secr\u00e8te l\u00e0-bas ? Avec quoi les parents coupent-ils donc le biberon de leurs ch\u00e9rubins dans ces contr\u00e9es lointaines ? Apr\u00e8s un premier album complexe et nerveux acclam\u00e9,\u00a0<em>Two is One<\/em>, avait surpris par une grande maturit\u00e9, un nouveau chanteur, et beaucoup de subtilit\u00e9. Moins brute qu\u2019aux d\u00e9buts, la musique d\u2019Andromeda prenait une tonalit\u00e9 moins m\u00e9tal et plus progressive qui n\u2019a pas fait l\u2019unanimit\u00e9 mais qui venait confirmer un talent et une originalit\u00e9 qui permettait au groupe de s\u2019\u00e9tablir en r\u00e9f\u00e9rence dor\u00e9navant fr\u00e9quemment cit\u00e9e.\u00a0<br \/><br \/>Suivit un silence radio qui fit craindre qu\u2019un tel potentiel f\u00fbt g\u00e2ch\u00e9 et que l\u2019on n\u2019entende plus gu\u00e8re parler du groupe, le site officiel lui-m\u00eame ayant disparu. Quatre ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis et voici que sortent \u00e0 intervalles tr\u00e8s rapproch\u00e9s un r\u00e9enregistrement du premier album avec le chanteur actuel du groupe ainsi que l\u2019objet du pr\u00e9sent article :\u00a0<em>Chimera<\/em>.<br \/><br \/>Le ramage de cette longue attente se rapporte-t-elle au plumage de ce nouvel avatar discographique ? Il semblerait que la r\u00e9ponse soit tout \u00e0 fait affirmative. Le temps a op\u00e9r\u00e9 sur leur cr\u00e9ativit\u00e9 des transformations que les \u00e9ternels insatisfaits qualifieront de d\u00e9l\u00e9t\u00e8res tandis que les autres seront ravis de d\u00e9couvrir un album qui ne d\u00e9voile tous ses charmes que dans la longueur et qui ne donne pas pour autant dans un progressif \u00ab\u00a0fraises Tagada\u00a9\u00a0\u00bb taill\u00e9 dans la guimauve.<br \/><br \/>L\u2019album commence sur les chapeaux de roues avec le v\u00e9loce et syncop\u00e9 \u00ab\u00a0Periscope\u00a0\u00bb qui permettra \u00e0 chacun de se sentir imm\u00e9diatement en confortable familiarit\u00e9. Le chanteur, autrefois chez Darkane, est difficile \u00e0 reconna\u00eetre car son phras\u00e9 est bien \u00e9loign\u00e9 de celui qu\u2019il avait adopt\u00e9 dans son groupe pr\u00e9c\u00e9dent. D\u2019une voix sans faille, David Fremberg varie les accentuations et applique ici et l\u00e0 quelques effets \u00e9lectroniques et modulations qui permettent d\u2019\u00e9viter la monotonie ou l\u2019\u00e9nervement que certains vocalistes prog infligent \u00e0 nos tympans d\u00e9j\u00e0 bien r\u00f4d\u00e9s. Sa voix chaleureuse s\u2019investit totalement dans les \u00e9motions des personnages dont il raconte les frustrations au fil des morceaux. Le charisme dont il fait preuve est un s\u00e9rieux atout pour Andromeda, atout qui fait la diff\u00e9rence parmi les cohortes de groupes plut\u00f4t inspir\u00e9s mais g\u00e2ch\u00e9s par des crieurs souvent poussifs.\u00a0<br \/><br \/>Le guitariste, Johan Reinholdz, tr\u00e8s concis, a d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9 de quoi il \u00e9tait capable dans les deux pr\u00e9c\u00e9dents volets de sa discographie et d\u00e9voile un peu plus ses talents de\u00a0<em>guitar hero<\/em> en pleine progression. Arp\u00e8ges m\u00e9lancolique (\u00ab\u00a0The Hidden Riddle\u00a0\u00bb) et petites m\u00e9lodies orientalisantes bien sympathiques (\u00ab\u00a0Iskenderun\u00a0\u00bb) vont trouver une place de choix au sein de rythmiques muscl\u00e9es et dynamiques. Souvent compar\u00e9 \u00e0 John Petrucci (le soli final de \u00ab\u00a0Blink of an Eye\u00a0\u00bb est \u00e9loquent !), Reinholdz trouve cependant sa voie et son style personnel avec aisance et virtuosit\u00e9.\u00a0<br \/><br \/>Les deux musiciens tout juste mentionn\u00e9s suffiraient \u00e0 eux seuls \u00e0 repr\u00e9senter le groupe mais ce serait ne pas rendre justice \u00e0 la basse parfaitement int\u00e9gr\u00e9e aux compositions (tonalit\u00e9s grasses, effets monstrueux) et \u00e0 la batterie technique et fantasque qui participent \u00e0 parts \u00e9gales aux ambiances et \u00e0 la coh\u00e9sion de l\u2019ensemble.\u00a0<br \/><br \/>Alternative saine et cr\u00e9dible aux g\u00e9ants du genre (Dream Theater et Symphony X), cet album est de loin le plus travaill\u00e9 d\u2019Andromeda en termes m\u00e9lodiques. L\u2019aspect d\u00e9monstratif a \u00e9t\u00e9 quelque peu mis de c\u00f4t\u00e9 pour l\u2019occasion, ce qui ne signifie pas pour autant qu\u2019Andromeda ait fait table rase du pass\u00e9: \u00e7a et l\u00e0 sont puis\u00e9s des ingr\u00e9dients des deux albums pr\u00e9c\u00e9dents qui permettent d\u2019identifier en un rien de temps \u00e0 qui l\u2019on a affaire. Les nostalgiques du ph\u00e9nom\u00e9nal instrumental, \u00ab\u00a0Chameleon Carnival\u00a0\u00bb seront d\u2019ailleurs aux anges en en retrouvant des r\u00e9miniscences dans l\u2019ent\u00eatant \u00ab\u00a0Going Under\u00a0\u00bb.<br \/><br \/>Les fans de la premi\u00e8re heure d\u00e9j\u00e0 d\u00e9\u00e7us par le deuxi\u00e8me album et qui ne jurent que par des instrumentaux \u00e9blouissants de technique et de brutalit\u00e9 ne se presseront peut-\u00eatre pas trop au portillon de\u00a0<em>Chimera<\/em>. Ceux qui en revanche auront appr\u00e9ci\u00e9 le virage op\u00e9r\u00e9 avec\u00a0<em>Two is One<\/em> ou ceux pour qui Andromeda ne serait que le nom d\u2019une galaxie lointaine feront imm\u00e9diatement l\u2019acquisition de cette oeuvre formidable et prot\u00e9iforme !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour les connaisseurs maintenant de plus en plus nombreux, Andromeda est une formation assez jeune&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":41,"featured_media":5912,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5911"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/41"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5911"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5911\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5912"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5911"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5911"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5911"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}