{"id":5897,"date":"2002-09-30T00:00:00","date_gmt":"2002-09-29T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5897"},"modified":"2002-09-30T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-29T22:00:00","slug":"5897","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/09\/30\/5897\/","title":{"rendered":"Devin Townsend &#8211; Physicist"},"content":{"rendered":"\n<p>Il sait \u00e0 peu pr\u00e8s tout faire. Il a collabor\u00e9 avec des pointures d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix-neuf ans, se frottant \u00e0 Steve Vai notamment guitaristiquement. Le g\u00e9nie Townsend, car il m\u00e9rite l\u2019appellation\u00a0<em>stricto sensu<\/em>, revient deux ans apr\u00e8s\u00a0<em>Infinity<\/em>.<br \/><em>Physicist<\/em> existait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque, du moins en id\u00e9e qu\u2019il \u00e9voquait dans ses interviews, comme une gageure\u00a0: \u00ab Strapping Young Lad rencontre les Spice Girls \u00bb. Bref, Devin voulait arranger le mariage de la brutalit\u00e9 et de la pop de masse. Mariage heureux\u00a0? Pas dit\u00a0: en fait, l\u2019union n\u2019a peut-\u00eatre pas m\u00eame eu lieu, la b\u00eate n\u2019a pas consomm\u00e9 la belle. Certes, Townsend a sorti les instruments qui t\u00e2chent et certains titres \u00e9voquent un retour express \u00e0 Strapping Young Lad. Mais de jolies m\u00e9lodies pop, de refrains sucr\u00e9s\u00a0: point, il n\u2019en reste ni plus ni moins que la portion d\u00e9j\u00e0 servie sur\u00a0<em>Infinity<\/em> et\u00a0<em>Ocean Machine<\/em>.<br \/><br \/>Essayant d&rsquo;\u00eatre plus accessible, Devin n&rsquo;a pu changer sa nature\u00a0: ce qu&rsquo;il compose demeure fid\u00e8le \u00e0 son essence, imm\u00e9diatement distinct de ce qui existe ailleurs. La production d\u00e9j\u00e0, tr\u00e8s personnelle et dense, n\u2019aide pas \u00e0 l\u2019anonymat. Mais changement dans l\u2019habitude du multi-instrumentiste\u00a0: l&rsquo;album est plus direct et d\u00e9pouill\u00e9 qu&rsquo;auparavant. Nul besoin ici de nombreuses \u00e9coutes pour comprendre les dix titres de l&rsquo;album, hors bonus anecdotique. Et c&rsquo;est sans doute en cela que l&rsquo;on reste \u2013 voil\u00e0 bien une premi\u00e8re\u00a0! \u2013 sur sa faim. Les nouvelles compositions sont profondes, emphatiques, terriblement puissantes, mais voil\u00e0 que celui qui habituait au g\u00e9nie ne surprend plus autant, donnant ici l\u2019impression d&rsquo;entendre un m\u00e9lange de son \u0153uvre pass\u00e9e. Quelques perles (\u00ab\u00a0Kingdom\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Irish Maiden\u00a0\u00bb) rappellent pourtant que Devin a autrefois habitu\u00e9 \u00e0 des chef-d&rsquo;\u0153uvres, renfor\u00e7ant ce go\u00fbt de trop peu.<br \/>Pour en finir avec les regrets, r\u00e9\u00e9voquons la production. Le son est toujours \u00e9norme, massif\u2026 trop. Les pistes de guitares surproduites r\u00e9sultent en un ma\u00eblstrom sonore qui nuit \u00e0 leur efficacit\u00e9. Quant au chant, les inqui\u00e9tudes percent\u00a0: la voix ne semble-t-elle pas couvrir un registre de styles moins large\u00a0?<br \/><br \/>Il convient n\u00e9anmoins de nuancer la critique selon le point de vue adopt\u00e9\u00a0: pour les fans, c&rsquo;est une demi-d\u00e9ception ; pour les d\u00e9couvreurs, c&rsquo;est une \u0153uvre de transition qui leur permettra de vite comprendre pourquoi Tonwsend incarne une vague de renouvellement du metal, ce qui, en soit, n\u2019est donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 peu d\u2019\u00e9lus car tel \u00e9loge ne s\u2019atteint qu\u2019un cran au-dessus des foules. Alors d\u00e9ception, peut-\u00eatre, mais il serait d\u00e9j\u00e0 bon que la communaut\u00e9 metal, \u00e0 la recherche de renouvellement, prenne conscience de l&rsquo;\u00e9volution qu&rsquo;a amorc\u00e9e le Canadien.\u00a0<em>Physicist<\/em> y pourvoiera.<br \/><br \/><em>Chronique r\u00e9dig\u00e9e avec la collaboration de S. Demay<\/em>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il sait \u00e0 peu pr\u00e8s tout faire. 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