{"id":579,"date":"2007-03-12T00:00:00","date_gmt":"2007-03-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/579"},"modified":"2007-03-12T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-11T22:00:00","slug":"579","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/03\/12\/579\/","title":{"rendered":"Naikaku &#8211; Shell"},"content":{"rendered":"<p>Il fallait oser, Naikaku l&rsquo;a fait. C&rsquo;est de cette mani\u00e8re que l&rsquo;on a envie d&rsquo;aborder la description de ce groupe et particuli\u00e8rement de cet album qui tente, sans complexe, de fusionner en un style unique deux mythes des musiques progressives : Anglagard et Dream Theater, c&rsquo;est-\u00e0-dire, l&rsquo;apoth\u00e9ose du raffinement symphonique accoupl\u00e9 \u00e0 la puissance virile et cr\u00e2neuse du m\u00e9tal progressif, rien que \u00e7a ! Sur papier, \u00e7a en jette ; mais sur disque ?\u2026 <\/p>\n<p>  Fond\u00e9 en 1998 autour du bassiste Satoshi Kobayashi et de la fl\u00fbtiste Kazumi Suzuki, le groupe a eu le temps de peaufiner sa machine de guerre et d&rsquo;ajouter \u00e0 cette base pour le moins originale une paire de guitaristes \u00e9bouriffants, un excellent batteur et un clavi\u00e9riste plut\u00f4t discret mais terriblement efficace. <i>Shell<\/i> n&rsquo;\u00e9tant que leur second album, on imagine le temps qu&rsquo;ont d\u00fb passer ces musiciens, fans de sensations \u00e0 la fois raffin\u00e9es et muscl\u00e9es, pour m\u00fbrir leur production ; et franchement, \u00e7a s&rsquo;entend. <br \/>  Les Japonais sont de sacr\u00e9s cavaliers, souvent lanc\u00e9s au galop, parfois \u00e0 la limite de l&rsquo;hyst\u00e9rie (voir Happy Family, Koenjihtakkei, Ars Nova\u2026) tout en poss\u00e9dant une ma\u00eetrise technique indiscutable. Si Naikaku n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle, il s&rsquo;en \u00e9loigne en m\u00eame temps, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;apport d&rsquo;ingr\u00e9dients comme de judicieuses tensions \u00ab\u00a0crimsioniennes\u00a0\u00bb et quelques tempos apais\u00e9s et exotiques dus \u00e0 la fl\u00fbte de Kazumi Suzuki, plus proche d&rsquo;Anna Holmgren que des jongleries d&rsquo;un Ian Anderson. <br \/>  Disons-le tout de suite, si Naikaku n&rsquo;atteint jamais les sommets musicaux des Su\u00e9dois d&rsquo;Anglagard (mais est-ce tout simplement possible ?), ils ont par contre le toupet de d\u00e9passer sur bien des points les furieux de Dream Theater. Chez eux les claviers y sont plus discrets, en soutien de l&rsquo;ensemble, le chant a \u00e9t\u00e9 purement et simplement supprim\u00e9, les guitares poss\u00e8dent un jeu au \u00ab\u00a0tonus psychologique\u00a0\u00bb (le feeling !) surprenant et jouent une sorte de c\u00e9l\u00e9bration heavy, panach\u00e9e de psych\u00e9d\u00e9lisme, de jazz-rock, parfois m\u00eame superbement bluesy (sur \u00ab\u00a0I Found A Deep Dark Hole And I Am Going To Jump In !&#8230; \u00a0\u00bb) qui laisse pantois. <\/p>\n<p>  Prenez \u00ab\u00a0Crisis 051209\u00a0\u00bb, la longue pi\u00e8ce de pr\u00e8s de 15 minutes qui ouvre l&rsquo;album, c&rsquo;est un v\u00e9ritable torrent de sensations fortes et vari\u00e9es contenant ce qu\u2019il faut de t\u00eate-\u00e0-queue et de s\u00e9quences nerveuses ou d\u00e9licates pour vous donner d&#8217;embl\u00e9e une id\u00e9e de tout le savoir faire <i>made in Naikaku<\/i>. Ensuite, laissez-vous griser par l&rsquo;efficacit\u00e9 redoutable de \u00ab\u00a0Ressentiment\u00a0\u00bb, \u00e0 faire p\u00e2lir de jalousie nos vieux pr\u00e9curseurs New-yorkais du m\u00e9tal progressif : le solo central, proprement inou\u00ef, est une v\u00e9ritable gageure psych\u00e9d\u00e9lique qui d\u00e9chire l&rsquo;espace comme une sir\u00e8ne annon\u00e7ant l&rsquo;Apocalypse. Effet garanti. <br \/>  Allons jusqu&rsquo;au titre \u00e9ponyme, lui aussi de pr\u00e8s de 16 minutes et ses passes d&rsquo;armes virtuoses ench\u00e2ss\u00e9es dans un th\u00e8me \u00ab\u00a0anglagardien\u00a0\u00bb du meilleur effet. Si c&rsquo;est certainement, dans sa structure, le titre le plus classique de l&rsquo;album, on est n\u00e9anmoins bluff\u00e9 pas l&rsquo;\u00e9vidence de son \u00e9criture et par cette mani\u00e8re d\u00e9concertante d&rsquo;allier haute voltige et, au fond, simplicit\u00e9. <\/p>\n<p>  Vous l&rsquo;aurez compris, <i>Shell<\/i> ce n&rsquo;est que du plaisir, mais un plaisir toujours pertinent, jamais forc\u00e9. D&rsquo;ailleurs, osons aller plus loin pour affirmer que cet album est une vraie le\u00e7on donn\u00e9e aux pratiquants du genre sportif qu&rsquo;est le m\u00e9tal progressif : rien ne sert de jouer fort, vite et compliqu\u00e9 si vous oubliez que la musique c&rsquo;est avant tout une affaire de feeling. Et Naikaku, sous ses dehors flamboyants, en poss\u00e8de une dose peu banale. Au final, dans le genre, un groupe et un disque exemplaire car moins frimeur qu&rsquo;authentiquement fougueux. Vous allez vous r\u00e9galer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il fallait oser, Naikaku l&rsquo;a fait. 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