{"id":573,"date":"2007-02-03T00:00:00","date_gmt":"2007-02-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/573"},"modified":"2007-02-03T00:00:00","modified_gmt":"2007-02-02T22:00:00","slug":"573","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/02\/03\/573\/","title":{"rendered":"Domenico Solazzo &#8211; + Friends &#8211; Multiply"},"content":{"rendered":"<p>Si vous vous int\u00e9ressez au rock progressif dans ce qu\u2019il a de plus pointu et que le web est votre terrain de jeu, il y a des chances pour que vous le lisiez un jour. Sous son pseudo Progmonster, Domenico Solazzo est un oiseau insolite \u00e0 la plume aguerrie qui a pondu des centaines de chroniques dont l\u2019\u00e9rudition d\u00e9passe largement l\u2019univers du progressif. <\/p>\n<p>    En tant qu\u2019artiste, on peut d\u00e9finir Domenico comme un non-musicien. Entendez cela dans le sens o\u00f9 Lewis Carroll employait cette ing\u00e9nieuse n\u00e9gation pour tordre le cou aux conventions de son \u00e9poque. Sa musique serait-elle pour autant de la non-musique et \u00e0 ce point non-conventionnelle qu\u2019elle en serait rebutante ?\u2026 Et bien non, bien au contraire, <i>Multiply<\/i> est une \u0153uvre qui reste toujours accessible et m\u00e9lodique m\u00eame si elle poss\u00e8de des contours corrompus par des pulsions comme sorties de l\u2019ombre. Si on peut la trouver aventureuse elle n\u2019en est pas pour autant exp\u00e9rimentale. C\u2019est l\u2019\u00e9motion qui domine l\u2019ensemble, souvent sensuel, \u00e9nigmatique, nous rappelant ces r\u00eaves que nous faisons entre sommeil et veille, et dont on ne sait trop dire s\u2019ils sont noirs ou lumineux. <br \/>  Peu importe s\u2019il est difficile d\u2019affirmer que la mati\u00e8re qu\u2019utilise l\u2019album soit celle dont on fasse du rock progressif. On cherche en vain les plans virtuoses et les structures longues et alambiqu\u00e9es, exception faite peut-\u00eatre de \u00ab\u00a0La Distension des Parall\u00e8les\u00a0\u00bb qui prend un malin plaisir \u00e0 forcer les clich\u00e9s prog, ou de \u00ab\u00a0Fumette\u00a0\u00bb aux effluves krautrock joliment r\u00e9tros. Le style de Solazzo, c\u2019est plut\u00f4t celui des inclassables, qui ne font ni bande \u00e0 part ni bande avec mais simplement leur truc \u00e0 eux. <\/p>\n<p>  Con\u00e7u de mani\u00e8re in\u00e9dite, apr\u00e8s un appel \u00e0 contribution artistique sur un site web cr\u00e9\u00e9 \u00e0 cet effet (http:\/\/multiplyproject.blogspot.com\/), <i>Multiply<\/i> est b\u00e2ti autour de dix compositions aux saveurs forc\u00e9ment vari\u00e9es. La difficult\u00e9, le pari, c\u2019\u00e9tait de donner une coh\u00e9rence et une logique \u00ab\u00a0solazzienne\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019ensemble. Et c\u2019est la bonne surprise de l\u2019album : de la premi\u00e8re plage, \u00ab\u00a0The Call\u00a0\u00bb \u2014 un peu longue \u2014, \u00e0 la derni\u00e8re, \u00ab\u00a0Those Were the Days\u00a0\u00bb \u2014 parfaite quant \u00e0 elle \u2014, le flux cr\u00e9atif s\u2019\u00e9coule sans saut stylistique incongru. Les titres passent, chacun avec son petit truc, celui qui fait la diff\u00e9rence, qui intrigue et finalement s\u00e9duit. <br \/>  Si donc l\u2019album a de belles qualit\u00e9s, il poss\u00e8de aussi quelques d\u00e9fauts qui en restreignent un peu la port\u00e9e. Il lui manque avant tout un chant qui, quant il intervient, soit capable de dominer sans effort la mati\u00e8re dans laquelle malheureusement la voix de Domenico se laisse enfermer. Il lui manque \u00e9galement une production plus pouss\u00e9e qui aurait permis d\u2019all\u00e9ger par exemple le son trop \u00ab\u00a0garage\u00a0\u00bb de la batterie qui nous ram\u00e8ne, et c\u2019est dommage, \u00e0 la dure r\u00e9alit\u00e9 des \u0153uvres autoproduites qui m\u00e9riteraient largement mieux. <\/p>\n<p>  En conclusion, s\u2019il faut du temps bien s\u00fbr pour le domestiquer, <i>Multiply<\/i> est un bien bel album, qui peut fasciner, et sur lequel on revient souvent pour d\u00e9couvrir, ce qui est assez \u00e9tonnant, qu\u2019\u00e0 chaque \u00e9coute le film est diff\u00e9rent. C\u2019est une rare et myst\u00e9rieuse facult\u00e9, et pas la moindre de ses qualit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si vous vous int\u00e9ressez au rock progressif dans ce qu\u2019il a de plus pointu et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":574,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=573"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/573\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/574"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}