{"id":5713,"date":"2011-09-20T00:00:00","date_gmt":"2011-09-19T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5713"},"modified":"2011-09-20T00:00:00","modified_gmt":"2011-09-19T22:00:00","slug":"5713","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/09\/20\/5713\/","title":{"rendered":"Steven Wilson &#8211; Grace For Drowning"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0Comme de longs \u00e9chos qui de loin se confondent<br \/>Dans une t\u00e9n\u00e9breuse et profonde unit\u00e9,<br \/>Vaste comme la nuit ou comme la clart\u00e9,<br \/>Les parfums, les couleurs et les sons se r\u00e9pondent. \u00bb<br \/><br \/> Ces vers de Charles Baudelaire, tir\u00e9s du po\u00e8me <em>Correspondances<\/em>, r\u00e9sument \u00e0 eux seul la puissance de <em>Grace For Drowning<\/em>. Pour sa premi\u00e8re sortie en solo depuis 2008, Steven Wilson n\u2019a pas fait les choses \u00e0 moiti\u00e9 et livre un double album, soit une heure et demi de musique folle, sans limites, et incontestablement marquante.<br \/><br \/> Tout est dans le titre. <em>Grace For Drowning<\/em> est un voyage musical synesth\u00e9sique, dont le spectre s\u2019\u00e9tend autour d\u2019une dualit\u00e9 affirm\u00e9e ; l\u2019atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale penche tant\u00f4t vers le sombre et le glauque (\u00ab\u00a0Sectarian\u00a0\u00bb), tant\u00f4t vers la douce m\u00e9lancolie et la joie l\u00e9g\u00e8re (\u00ab\u00a0Deform To Form A Star\u00a0\u00bb), et Wilson semble s\u2019amuser \u00e0 brouiller les pistes, m\u00e9langer les oppos\u00e9s (la superbe \u00ab Track One\u00a0\u00bb), \u00e9garer le navire en somme.<br \/><br \/> Pourtant, la patte de l\u2019Anglais est bien l\u00e0 ; les mots abracadabrants, les nappes enveloppantes, les envol\u00e9es lyriques et d\u00e9cha\u00eenements infernaux, la basse tr\u00e8s pr\u00e9sente, tout y est. La ballade \u00ab Like Dust I Have Cleared from My Eyes\u00a0\u00bb et l\u2019inqui\u00e9tante \u00ab\u00a0Index\u00a0\u00bb, tr\u00e8s classiques tout en \u00e9tant tr\u00e8s efficaces, sont d\u2019ailleurs l\u00e0 pour nous le rappeler. Mais cette fois, quelque chose a chang\u00e9. Les guitares \u00e9lectriques s\u2019effacent, au profit d\u2019une mise en avant de claviers polymorphes et multilingues. Les fans de Jordan Rudess devraient d\u2019ailleurs jeter une oreille \u00e0 cet album, histoire de l\u2019entendre sur un vrai piano : on est tr\u00e8s loin des sons ignobles qu\u2019il utilise avec Dream Theater, et \u00e7a fait quand m\u00eame beaucoup de bien.<br \/><br \/> Il faut ajouter \u00e0 \u00e7a une pr\u00e9sence jazzy ahurissante de Theo Travis au saxophone et \u00e0 la fl\u00fbte, notamment sur l\u2019ent\u00eatante \u00ab\u00a0Remainder The Black Dog\u00a0\u00bb et sur l\u2019incompr\u00e9hensible d\u00e9lire \u00ab Raider II \u00bb, trip psych\u00e9d\u00e9lique qui renoue avec les premi\u00e8res productions de Wilson (<em>On The Sunday Of Life<\/em>) tout en lorgnant vers le m\u00e9tal et le prog jazz crimsonien. Le leader de Porcupine Tree n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 jouer le grand jeu des masques et diff\u00e9rencier les approches, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 int\u00e9grer deux morceaux (\u00ab\u00a0Raider Prelude\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Belle de Jour\u00a0\u00bb) qui ne feraient pas tache dans la bande-son d\u2019un David Lynch.<br \/><br \/> Le voyage n\u2019est pas simple, et il faudra certainement plusieurs \u00e9coutes avant d\u2019appr\u00e9cier toutes les subtilit\u00e9s qui font la richesse de cet album. Au fil des \u00e9coutes, l\u2019incoh\u00e9rence et le m\u00e9lange improbable des genres disparaissent, la danse gracile des dualit\u00e9s inconciliables finit par faire sens, et la musique \u00e9clot en un feu d\u2019artifices. Steven Wilson a r\u00e9ussi \u00e0 produire une \u0153uvre si compl\u00e8te qu\u2019elle en est presque mat\u00e9rielle ; de l\u2019art plastique.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Comme de longs \u00e9chos qui de loin se confondentDans une t\u00e9n\u00e9breuse et profonde unit\u00e9,Vaste comme&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":32,"featured_media":5714,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5713"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/32"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5713"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5713\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5714"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}