{"id":5679,"date":"2012-11-29T00:00:00","date_gmt":"2012-11-28T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5679"},"modified":"2012-11-29T00:00:00","modified_gmt":"2012-11-28T22:00:00","slug":"5679","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2012\/11\/29\/5679\/","title":{"rendered":"Aymeric Leroy &#8211; King Crimson"},"content":{"rendered":"\n<p>Une rapide recherche sur le web, et on constate non sans un certain \u00e9tonnement qu&rsquo;il existe tr\u00e8s peu d&rsquo;ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;une des pierres angulaires du rock ambitieux. Serait-il trop ardu de parler du mythe King Crimson ? Ou peut-\u00eatre trop risqu\u00e9 de froisser la susceptibilit\u00e9 hypertrophi\u00e9e de Robert Fripp ? Aymeric Leroy rel\u00e8ve le d\u00e9fi en s&rsquo;attaquant \u00e0 l\u2019\u0153uvre singuli\u00e8re de l&rsquo;un des colosses intouchables du rock progressif. Auteur prolifique depuis quelques ann\u00e9es, on lui doit d\u00e9j\u00e0 <em>Rock Progressif<\/em>, <em>Pink Floyd : plong\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre d\u2019un groupe paradoxal <\/em>, et <em>Bill Bruford, l&rsquo;autobiographie : Yes, King Crimson, Earthworks et le reste <\/em>. <br \/><br \/> Le choix de la photo de couverture n&rsquo;est sans doute pas innocent, puisque seul l&rsquo;\u00e9gotique Robert Fripp, guitariste inamovible et fil rouge de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e crimsonienne, y est reconnaissable. Par le fruit d\u2019un heureux hasard, l\u2019ouvrage tombe \u00e0 point nomm\u00e9 puisque celui-ci vient de d\u00e9clarer qu&rsquo;il arr\u00eatait la musique, d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par l\u2019industrie du disque. <em>King Crimson<\/em> prend donc des allures de biographie d\u00e9finitive, en plus d\u2019\u00eatre l\u2019unique livre francophone consacr\u00e9 \u00e0 cette institution quadrag\u00e9naire du rock anglo-saxon. Pour documenter son \u0153uvre, Leroy a utilis\u00e9 la biographie de r\u00e9f\u00e9rence (<em>In The Court of King Crimson<\/em>, 2001) mais aussi les nombreux \u00e9crits de Fripp (blog, livrets des CD, etc.) ou encore sa propre correspondance avec certains membres du groupe dans le cadre de son fanzine <em>Big Bang<\/em>. Mais malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9vidente admiration que l&rsquo;auteur nourrit pour son sujet, il n&rsquo;est que rarement partisan et aucunement pros\u00e9lyte, tant il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 mettre en \u00e9vidence les faiblesses d&rsquo;une discographie pour le moins h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, \u00e0 commenter les choix discutables effectu\u00e9s \u00e0 certaines p\u00e9riodes ni m\u00eame \u00e0 pointer le caract\u00e8re autoritaire du guitariste-leader. Leroy rapporte avec le talent d&rsquo;un auteur qui ma\u00eetrise parfaitement son sujet les diff\u00e9rentes incarnations parfois surr\u00e9alistes de cette curieuse entit\u00e9 musicale, les nombreuses luttes d&rsquo;ego qui ont anim\u00e9 sa vie mouvement\u00e9e ou les prises de positions artistiques des diff\u00e9rentes \u00e9poques. O\u00f9 l&rsquo;on comprend que l&rsquo;histoire de King Crimson a \u00e9minemment d\u00e9pendu  du contexte \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb et d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements pas toujours ma\u00eetris\u00e9s. <br \/><br \/> Le sch\u00e9ma narratif respecte la chronologie, et les chapitres sont dans l&rsquo;ensemble centr\u00e9s sur la discographie du groupe, et pour cause : une partie non n\u00e9gligeable de l&rsquo;ouvrage consiste en l&rsquo;analyse des compositions de King Crimson. Le n\u00e9ophyte risque d&rsquo;en \u00eatre d\u00e9concert\u00e9 car sans le support de la musique (et dans une moindre mesure des paroles), il est difficile de suivre la prose un peu r\u00e9barbative de l&rsquo;auteur, lorsque celui-ci d\u00e9cortique les titres les uns apr\u00e8s les autres. Ces consid\u00e9rations rev\u00eatent un int\u00e9r\u00eat \u00e9vident pour l&rsquo;auditeur (tr\u00e8s) averti mais pourront ennuyer ceux qui n&rsquo;ont qu&rsquo;une connaissance \u00ab\u00a0lointaine\u00a0\u00bb du groupe. Par ailleurs, l&rsquo;\u00e9criture se perd \u00e7\u00e0 et l\u00e0 dans une surcharge un peu laborieuse et toute proustienne, qui rend la lecture parfois fastidieuse. Malgr\u00e9 des lourdeurs pas toujours n\u00e9cessaires, Aymeric Leroy atteint n\u00e9anmoins son but : susciter l&rsquo;envie de (re)d\u00e9couvrir tout ou partie de l\u2019\u0153uvre de ce g\u00e9ant du rock encore largement m\u00e9connu.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une rapide recherche sur le web, et on constate non sans un certain \u00e9tonnement qu&rsquo;il&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":5680,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5679"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5679"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5679\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5680"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}