{"id":5651,"date":"2011-06-28T00:00:00","date_gmt":"2011-06-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5651"},"modified":"2011-06-28T00:00:00","modified_gmt":"2011-06-27T22:00:00","slug":"5651","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/06\/28\/5651\/","title":{"rendered":"Nemo &#8211; R\u20acvolu$ion"},"content":{"rendered":"\n<p>Que celui qui a dit que le rock progressif se regarde invariablement le nombril par tranches indigestes de vingt minutes fasse aujourd&rsquo;hui p\u00e9nitence. Nemo revient, encore et toujours, acharn\u00e9, avec un septi\u00e8me fils, <em>R\u20acvolu$ion<\/em>, qui &#8211; chose peu courante dans un genre o\u00f9 le concept abscons est roi &#8211; vient une fois de plus empi\u00e9ter sur le terrain des musiques revendicatrices.<br \/><br \/> Alors que la norme progressive veut que l&rsquo;on chante en anglais et que l&rsquo;on se complaise dans de lisses abstractions, Nemo s&rsquo;obstine \u00e0 parler directement et sans d\u00e9tour \u00e0 son auditoire dans sa langue natale. Car il est bien plus m\u00e9ritoire d&rsquo;\u00e9crire des mots porteurs de sens en fran\u00e7ais que de jeter \u00e0 qui veut bien les lire des paroles pseudo \u00e9sot\u00e9riques dans une approximative langue de Shakespeare. Ainsi, Jean-Pierre Louveton et ses acolytes injectent-ils \u00e0 leur rock th\u00e9\u00e2tral et emphatique des textes o\u00f9 le sentiment d&rsquo;urgence qui devrait animer chaque \u00eatre humain et les injustices que fait peser l&rsquo;Homme sur l&rsquo;Homme occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante. <br \/><br \/> Sans \u00e9quivoque, \u00ab\u00a0Libert\u00e9, Egalit\u00e9, Insurrection\u00a0\u00bb ouvre vigoureusement l&rsquo;album. Les paroles explosent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une musique pr\u00e9vue pour d&rsquo;autres usages. Alors que \u00ab\u00a0Seul dans la foule\u00a0\u00bb lib\u00e8re petit \u00e0 petit sa substance s\u00e9mantique dans une lente mont\u00e9e en puissance, \u00ab R\u20acvolu$ion\u00a0\u00bb, presque \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans son costume hard prog, n&rsquo;y va gu\u00e8re par quatre chemins et ass\u00e8ne un message clair et sans ambigu\u00eft\u00e9, comme l&rsquo;exigeant \u00ab\u00a0Loin des Yeux\u00a0\u00bb, tourbillon de heavy metal progressif fa\u00e7on Ayreon. Nonobstant cette empreinte musicale clairement d\u00e9finie, <em>R\u20acvolu$ion<\/em> lorgne discr\u00e8tement du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;autres univers, folk (celtique, dans le final de \u00ab\u00a0Loin des Yeux\u00a0\u00bb) ou New Age (\u00ab\u00a0Aux portes du paradis\u00a0\u00bb) par exemple. <br \/><br \/> Il est tentant de d\u00e9gainer les habituels qualificatifs qui accompagnent chaque nouvel album de Nemo : \u00ab\u00a0leur meilleur album\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le disque de l&rsquo;\u00e9mancipation\u00a0\u00bb, etc. En v\u00e9rit\u00e9, <em>R\u20acvolu$ion<\/em> n&rsquo;est autre chose que la continuit\u00e9 d&rsquo;un parcours quasi exemplaire, le fruit raffin\u00e9 d&rsquo;un travail toujours plus consciencieux, d&rsquo;une ouverture musicale toujours plus grande. En d\u00e9pit des comparaisons dont le groupe a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet au fil des ans, on ne peut qu&rsquo;admettre aujourd&rsquo;hui que Nemo est unique dans le petit paysage du rock progressif fran\u00e7ais, voire du rock fran\u00e7ais tout court.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que celui qui a dit que le rock progressif se regarde invariablement le nombril par&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":5652,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5651"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5651"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5651\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5651"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5651"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5651"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}