{"id":563,"date":"2006-10-11T00:00:00","date_gmt":"2006-10-10T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/563"},"modified":"2006-10-11T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-10T22:00:00","slug":"563","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/10\/11\/563\/","title":{"rendered":"Museo Rosenbach &#8211; Zarathustra"},"content":{"rendered":"<p>Ce groupe italien originaire de San Remo fut cr\u00e9\u00e9 en 1969 d\u2019abord sous le nom de Quinta Strada puis celui, surcharg\u00e9 mais selon la mode italienne de l\u2019\u00e9poque, de Inaugurazione Museo Rosenbach. Ce choix \u00e9tait plus li\u00e9 \u00e0 un souci esth\u00e9tique de consonances qu\u2019\u00e0 des raisons culturelles c\u00e9l\u00e9brant un mus\u00e9e purement imaginaire consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9diteur allemand, Otto Rosenbach. Le groupe se compose alors d\u2019Enzo Merogno \u00e0 la guitare, Pit Corradi aux claviers, Alberto Moreno \u00e0 la basse et au piano et Giancarlo Golzi \u00e0 la batterie, auxquels viendra se joindre un peu plus tard le remarquable chanteur Stefano \u2018Lupo\u2019 Galifi. <\/p>\n<p>  Le groupe commence \u00e0 travailler \u00e0 un album ambitieux d\u00e8s 1971, leur futur <i>Zarathustra<\/i>, dont il va tester l\u2019impact sur sc\u00e8ne avant de rentrer en studio. C\u2019est donc en mars 1973, apr\u00e8s deux ann\u00e9es de gestation laborieuse, que sortira ce magnifique et unique album qui, s\u2019il ne conna\u00eetra malheureusement que peu de succ\u00e8s \u00e0 son \u00e9poque, engendrera une petite pol\u00e9mique. On lui reproche une suppos\u00e9e sympathie tr\u00e8s droiti\u00e8re avec la philosophie nietzsch\u00e9enne du \u00ab surhomme \u00bb du c\u00e9l\u00e8bre ouvrage <i>Ainsi Parlait Zarathoustra<\/i>. Mais le groupe s\u2019est toujours d\u00e9fendu d\u2019avoir adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration fasciste de cette notion, alors que pour Nietzsche il s\u2019agissait avec le \u00ab surhomme \u00bb de d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e fortement romantique \u00ab d\u2019un id\u00e9al impossible mettant en lumi\u00e8re les limites de l&rsquo;existence humaine \u00bb.<\/p>\n<p>  C\u00f4t\u00e9 musique, une chose est s\u00fbre : 35 ans plus tard, ce disque conserve toujours son impact. Forg\u00e9 dans l\u2019acier autant qu\u2019il est cisel\u00e9 d\u2019ambiances subtiles, une fois de plus le mariage entre \u00e9nergie et douceur, typique des meilleurs groupes progressifs italiens, fait merveille et donne, d\u00e8s l\u2019ouverture de la plage titre \u00ab Zarathustra \u00bb, des accents symphoniques bouleversants et intenses \u00e0 une musique aux sonorit\u00e9s presque intemporelles. Remarquablement construit, ce titre est un des morceaux de choix de la production transalpine de cette \u00e9poque qui pourtant en compte beaucoup : de l\u2019ouverture enchanteresse jusqu\u2019au final domin\u00e9 par un mellotron d\u2019une puissante majest\u00e9, vous \u00eates entra\u00een\u00e9 dans les tourments \u00e9piques et virtuoses d\u2019une musique riche, tr\u00e8s puissante, contrast\u00e9e et parfaitement \u00e9quilibr\u00e9e dans toutes ses ambitions. Immanquablement, on pense au <i>In The Court Of The Crimson King<\/i> de King Crimson mais \u00e9galement \u00e0 un groupe plus hard comme Deep Purple. Rien que du bon donc. Avec ce morceau phare, authentique chef-d&rsquo;\u0153uvre, la preuve est faite que le temps est une notion relative : ses vingt minutes en paraissaient cinq\u2026<\/p>\n<p>  Sans \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par les qualit\u00e9s impressionnantes du morceau titre <i>Zarathustra<\/i>, l\u2019album souffre, sur sa seconde partie, d\u2019un manque d\u2019ampleur ou de folie. Les trois autres plages restantes, aux dimensions nettement moins imposantes, plus carr\u00e9es, sont n\u00e9anmoins toujours dot\u00e9es d\u2019une grande \u00e9nergie et d\u2019un redoutable savoir-faire. Si \u00ab Degli Uomini \u00bb d\u00e9\u00e7oit pour le go\u00fbt d\u2019inachev\u00e9 qu\u2019il laisse, l\u2019amph\u00e9tamin\u00e9 \u00ab Della Natura \u00bb d\u00e9boule pour ass\u00e9ner une remarquable le\u00e7on de hard progressif aux couleurs tr\u00e8s <i>Purple<\/i>. La voix puissante et chaude de Stefano Galifi et la rythmique, particuli\u00e8rement r\u00e9ussie dans sa section centrale, <i>groovy<\/i>, presque dansante, y font toutes deux merveilles. Enfin le dernier titre, \u00ab Dell\u2019etrno Ritorno \u00bb, ach\u00e8ve l\u2019album avec la m\u00eame efficacit\u00e9 tout en \u00e9tant curieusement travers\u00e9 de br\u00e8ves m\u00e9lodies aux charmes \u00e9vidents mais un peu d\u00e9bord\u00e9es par la vitalit\u00e9 environnante.<\/p>\n<p>  Dommage que la culture dominatrice anglo-saxonne ait toujours scandaleusement \u00e9cart\u00e9 de la reconnaissance les \u0153uvres chant\u00e9es dans d\u2019autres langues que la sienne; ce disque, typ\u00e9 et parfaitement produit, aurait m\u00e9rit\u00e9 une reconnaissance autre que tardive et limit\u00e9e au cercle des initi\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce groupe italien originaire de San Remo fut cr\u00e9\u00e9 en 1969 d\u2019abord sous le nom&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":564,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=563"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/564"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}