{"id":5553,"date":"2011-04-04T00:00:00","date_gmt":"2011-04-03T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5553"},"modified":"2011-04-04T00:00:00","modified_gmt":"2011-04-03T22:00:00","slug":"5553","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/04\/04\/5553\/","title":{"rendered":"Symfonia &#8211; In Paradisum"},"content":{"rendered":"\n<p>Le heavy metal symphonique est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019agonie, et seuls quelques anc\u00eatres parviennent encore \u00e0 le maintenir en vie. Pour beaucoup, la cr\u00e9ation de Symfonia symbolisait l\u2019espoir du retour en gr\u00e2ce d&rsquo;un genre qui connut son apog\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90 : sur ce projet unissent leurs forces Andre Matos (ex-Angra) et Timo Tolkki (ex-Stratovarius), accompagn\u00e9s de pointures pour parachever l\u2019ensemble : Uli Kusch (ex-Helloween), Mikko H\u00e4rkin (ex-Sonata Arctica), Jari Kainulainen (ex-Stratovarius). Il y a dix ans, nombreux auraient probablement \u00e9t\u00e9 ceux qui auraient vendu p\u00e8re et m\u00e8re dans l\u2019espoir d\u2019\u00e9couter une seule note de cet album. De la maturit\u00e9 et un regard port\u00e9 \u00e0 une pochette d\u2019un go\u00fbt douteux auront suffit \u00e0 ramener le plus enthousiaste sur terre. Serions-nous devenus trop vieux ?<br \/><br \/> Timo Tolkki n\u2019a eu de cesse de d\u00e9montrer au sein de Revolution Renaissance que son style, emprunt de m\u00e9lodies aussi efficaces qu\u2019elles pouvaient \u00eatre na\u00efves, lui collait litt\u00e9ralement \u00e0 la peau. C\u2019est donc en terrain parfaitement familier qu\u2019on \u00e9volue tout au long de ce <em>In Paradisum<\/em>. Amateurs de cr\u00e9ativit\u00e9, d\u2019audace, de rythmes br\u00e9siliens ou de banjo, passez votre chemin, on est ici au <em>fast food<\/em> du heavy metal : chacun sait pourquoi il y va, et est \u00e0 peu pr\u00e8s certain de ce qu\u2019il y obtiendra : une collection de chansons, ni plus, ni moins.<br \/><br \/> Il est parfaitement envisageable d\u2019\u00e9prouver du plaisir \u00e0 l\u2019\u00e9coute de cet album. Un plaisir certes un peu coupable, mais r\u00e9el. Les deux comp\u00e8res se montrent capables de produire des lignes vocales accrocheuses et finalement plut\u00f4t r\u00e9ussies, pour peu que l\u2019on ne soit pas allergique \u00e0 un exc\u00e8s de positivisme. \u00ab\u00a0Fields of Avalon\u00a0\u00bb parvient \u00e0 convaincre dans son r\u00f4le de mise en bouche, digne des classiques speed que sont \u00ab\u00a0Father Time\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0SOS\u00a0\u00bb, la tension dramatique en moins, se rapprochant en cela du Helloween des d\u00e9buts. Andre Matos endosse probablement la responsabilit\u00e9 de cette influence r\u00e9currente, quand on sait l\u2019impact qu&rsquo;Helloween a pu avoir sur <em>Angel\u2019s Cry<\/em>. L\u2019ombre des Allemands se d\u00e9ploie sans complexe sur les couplets de \u00ab\u00a0Santiago\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Pilgrim Road\u00a0\u00bb, (sur laquelle il est impossible de ne pas songer \u00e0 \u00ab\u00a0Future World\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> Lorsque Symfonia tente le pari de la diversit\u00e9, le r\u00e9sultat est en demi-teinte. Autant l\u2019\u00e9vocation celtique de \u00ab\u00a0Pilgrim Road\u00a0\u00bb plagie \u00ab\u00a0Over the Hills\u00a0\u00bb de Gary Moore, autant le heavy-rock mid-tempo de \u00ab\u00a0Rhapsody in Black\u00a0\u00bb est une bouff\u00e9e d\u2019air frais b\u00e9n\u00e9ficiant de toute la conviction de Matos, bien plus \u00e0 l\u2019aise dans ce registre m\u00e9dium. En effet, sa performance n\u2019a de cesse de surprendre tout au long de l\u2019album, tant ses aigus semblent poussifs, manquant s\u00e9v\u00e8rement de vibrato. Il ne serait pas tr\u00e8s \u00e9tonnant que Timo Tolkki l\u2019ait conduit dans ses derniers retranchements, tant on peine \u00e0 le reconna\u00eetre.\r\n<script src=\"plugins\/editors\/tinymce\/jscripts\/tiny_mce\/themes\/advanced\/langs\/fr.js\" type=\"text\/javascript\"><\/script>\r\nLe Finlandais serait-il condamn\u00e9 \u00e0 composer pour le registre de Kotipelto pour le restant de ses jours ? En parall\u00e8le, guitares et claviers produisent un jeu extr\u00eamement d\u00e9pouill\u00e9, scolaire et d\u00e9pourvu de toute subtilit\u00e9. Le but avou\u00e9 semble \u00eatre l\u2019efficacit\u00e9 au service du refrain, mais on \u00e9tait en droit d&rsquo;attendre de pareilles pointures bien plus qu\u2019une musique aux arrangements t\u00e9l\u00e9phon\u00e9s, \u00e0 la rythmique imperturbable et lin\u00e9aire.<br \/> <br \/> Petite note de satisfaction malgr\u00e9 tout avec \u00ab\u00a0Don\u2019t let me go\u00a0\u00bb qui cl\u00f4ture habilement l&rsquo;album, en proposant une ballade toute en nostalgie, moins d\u00e9goulinante qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e. On y retrouve le <em>feeling<\/em> propre \u00e0 Matos, qui manque tant pendant une longue partie de l\u2019album.<br \/><br \/> Allant \u00e0 l\u2019oppos\u00e9e des canons actuels du genre, Symfonia propose une musique imm\u00e9diate, non surproduite, taill\u00e9e pour la sc\u00e8ne. Malheureusement, \u00e0 mille lieues du potentiel qu\u2019un tel <em>line-up<\/em> pouvait laisser esp\u00e9rer, <em>In Paradisum<\/em> ne pourra que d\u00e9cevoir un \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb metalleux &#8211; sans doute pourtant la principale cible de ce disque &#8211; ayant attendu patiemment le retour des h\u00e9ros de son adolescence.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le heavy metal symphonique est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019agonie, et seuls quelques anc\u00eatres parviennent encore \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":24,"featured_media":5554,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5553"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/24"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5553\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5554"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}