{"id":555,"date":"2011-01-18T00:00:00","date_gmt":"2011-01-17T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/555"},"modified":"2011-01-18T00:00:00","modified_gmt":"2011-01-17T22:00:00","slug":"555","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2011\/01\/18\/555\/","title":{"rendered":"Laurent de Wilde \/ Otisto 23 &#8211; Fly"},"content":{"rendered":"<p>Laurent de Wilde ne tient pas en place. Sur le plan g\u00e9ographique (avec de nombreux allers-retours Paris \/ \u00c9tats-Unis depuis son enfance) comme professionnel, o\u00f9 musique et \u00e9criture se disputent son temps (ses avis distill\u00e9s dans <span style=\"font-style: italic;\">Jazzman \/ Jazzmagazine<\/span> sont de purs moments de culture intelligente et accessible), le pianiste ressent le besoin permanent d&rsquo;\u00e9voluer. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant donc dans le fait que celui qui d\u00e9clarait dans nos colonnes \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie de <span style=\"font-style: italic;\">PC Pieces<\/span> que &#171;&nbsp;<span style=\"font-style: italic;\">l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;exploration n&rsquo;allait pas contre celle de permanence<\/span>&nbsp;&#187; ait pour ce dernier disque, toujours en collaboration avec Otisto 23, pouss\u00e9 ses d\u00e9ambulations \u00e9lectroniques encore plus loin.<\/p>\n<p>Car sur&nbsp; <span style=\"font-style: italic;\">Fly<\/span>, le piano a litt\u00e9ralement \u00e9t\u00e9 aval\u00e9 et dig\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;\u00e9lectronique d&rsquo;Otisto 23, avec ce d\u00e9sir palpable de Laurent de Wilde de se fondre en cette derni\u00e8re. Quand <span style=\"font-style: italic;\">PC Pieces <\/span>laissait apparaitre les coutures du costume sur mesure que les deux hommes tissaient pour mettre en valeur l&rsquo;instrument, la d\u00e9marche semble aujourd&rsquo;hui diff\u00e9rente, nette, d\u00e9cid\u00e9e et verse r\u00e9solument dans les musiques &#171;&nbsp;actuelles&nbsp;&#187;.<\/p>\n<p>Ainsi s&rsquo;il reste des lignes m\u00e9lodiques, des ornements et quelques percussions caract\u00e9ristiques jou\u00e9s au piano , ceux-ci se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement coffr\u00e9s dans un carcan rigide, prisonniers de pulsations r\u00e9guli\u00e8res et massives, \u00e0 l&rsquo;instar du bien nomm\u00e9 &#171;&nbsp;Jazz Me, I&rsquo;m Infamous&nbsp;&#187;. Cette approche directe et binaire de la musique pourra d\u00e9sar\u00e7onner \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute, mais Laurent de Wilde reste un immense musicien, et sait justement tirer le meilleur de ces ambiances froides et m\u00e9talliques. Il parle avec d&rsquo;autres mots, combat avec d&rsquo;autres armes, mais son objectif reste inchang\u00e9. <\/p>\n<p>Si gr\u00e2ce \u00e0 cette remise en cause permanente le musicien continue toujours d&rsquo;avancer et d&rsquo;\u00e9tonner, Laurent de Wilde garde toujours en lui un lyrisme fou et une ma\u00eetrise impeccable de son clavier.&nbsp; Ainsi &#171;&nbsp;Lost&nbsp;&#187; , d\u00e9licieuse romance perdue dans l&rsquo;espace, rappelle que l&rsquo;art invoque parfois des forces sup\u00e9rieures dans l&rsquo;imaginaire de celui qui s&rsquo;y frotte. En \u00e9coutant cette m\u00e9lodie intemporelle noy\u00e9e dans les effets \u00e9lectroniques et venteux, on touche un peu \u00e0 cette \u00e9trange sensation qui nous \u00e9treint quand on d\u00e9couvre l&rsquo;antique instrument \u00e9chou\u00e9 sur la plage pendant le film <span style=\"font-style: italic;\">La le\u00e7on de Piano<\/span> de Jane Campion, ou que l&rsquo;on se surprend \u00e0 penser que Glenn Gould parcourt l&rsquo;univers avec la sonde Voyager&#8230; La musique face \u00e0 l&rsquo;infini, sublime.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Laurent de Wilde ne tient pas en place. 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