{"id":5227,"date":"2006-05-07T00:00:00","date_gmt":"2006-05-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5227"},"modified":"2006-05-07T00:00:00","modified_gmt":"2006-05-06T22:00:00","slug":"5227","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/05\/07\/5227\/","title":{"rendered":"Tool &#8211; 10,000 Days"},"content":{"rendered":"<p>Cinq ann\u00e9es ont pass\u00e9, une \u00e9ternit\u00e9 \u00e0 attendre la suite de l\u2019\u00e9norme <i>Lateralus<\/i>. Que s\u2019est-il pass\u00e9 depuis ? Des tourn\u00e9es \u2013 dont une avec King Crimson \u2013, des projets annexes (si toutefois on peut consid\u00e9rer A Perfect Circle comme annexe). Bref, les gars de Tool n\u2019ont pas ch\u00f4m\u00e9. Qu\u2019en est-il de ce nouvel opus ?<\/p>\n<p>  Depuis 1993 et son premier album, <i>Undertow<\/i>, Tool s\u2019est \u00e0 chaque fois surpass\u00e9, laissant tout le monde loin derri\u00e8re, devenant l\u2019ic\u00f4ne d\u2019un metal avant-gardiste et sans concession qui a inspir\u00e9 bon nombre de groupes, \u00e0 commencer par King Crimson, justement, et qui en inspire encore (voir notre chronique de Immune). A ce propos, l\u2019on est toujours surpris de l\u2019\u00e9norme r\u00e9f\u00e9rence que constitue le groupe californien sur les sc\u00e8nes <i>indie<\/i> am\u00e9ricaines (Mars Volta, Sleepytime Gorilla Museum) et surtout britanniques (Oceansize, Amplifier, Aereogramme). Or, sur ce <i>10,000 Days<\/i>, on a la tr\u00e8s nette impression que Tool se nourrit des courants qu\u2019il a lui-m\u00eame inspir\u00e9s. En d\u2019autres termes, Tool n\u2019a pas r\u00e9volutionn\u00e9 son propos depuis cinq ans. Certains pourraient en concevoir amertume et d\u00e9ception ! <\/p>\n<p>  Cela ne sera toutefois pas le cas ici. En effet, m\u00eame si Tool ne fait que du Tool, il le fait extr\u00eamement bien. Joe Barresi (Queens of the Stone Age, Kyuss, Melvins) met bien en \u00e9vidence toutes les finesses de l\u2019album (et elles sont nombreuses !). Chaque instrument, voix comprise, b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un rendu et d\u2019un son impeccables. La basse de Justin Chancellor, largement mise en avant, se fait l\u2019axe majeur de la musique et dirige chaque morceau sur une ligne magistrale. Derri\u00e8re ses f\u00fbts, Danny Carey n\u2019est bien s\u00fbr pas en reste et chaque break aventureux est ma\u00eetris\u00e9 \u00e0 la perfection, de m\u00eame que les nombreuses rythmiques tribales, v\u00e9ritables marques de fabrique du groupe. Adam Jones, quant \u00e0 lui, a ax\u00e9 ses parties de guitares sur des arp\u00e8ges d\u2019orf\u00e8vre et des plans d\u2019une grande richesse, loin de la violence sonore de <i>Lateralus<\/i>, conf\u00e9rant \u00e0 <i>10,000 Days<\/i> une finesse ind\u00e9niable. Et bien s\u00fbr, il y a Maynard James Keenan qui peut transcender chaque morceau par une interpr\u00e9tation vocale envo\u00fbt\u00e9e et envo\u00fbtante, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019introduction a cappella de \u00ab&nbsp;The Plot&nbsp;\u00bb. Cette voix si originale \u00e9pouse \u00e0 merveille les compositions du groupe. <\/p>\n<p>  Pourtant avec \u00ab&nbsp;Vicarious&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Jambi&nbsp;\u00bb, l\u2019album d\u00e9bute de la m\u00eame mani\u00e8re que son pr\u00e9d\u00e9cesseur : m\u00eames structures, m\u00eames riffs. Tool a en fait trouv\u00e9 son style et en explore toutes les facettes, un peu comme Robert Fripp avec King Crimson depuis <i>Larks\u2019 Tongues in Aspic<\/i>. Le disque prend d\u00e8s lors des tournures tr\u00e8s progressives avec les deux longues suites \u00ab&nbsp;Wings for Marie \/ 10&rsquo;000 Days&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Lipan Conjuring \/ Lost Keys \/ Rosetta Stoned&nbsp;\u00bb. La progression de \u00ab&nbsp;10,000 Days&nbsp;\u00bb est un mod\u00e8le du genre. Ce morceau, \u00e9crit en l\u2019hommage \u00e0 la m\u00e8re de Meynard, d\u00e9crit la lente et sombre fin de sa vie (dix mille jours soit 27 ans) depuis l\u2019attaque qui l\u2019a paralys\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s. L\u2019ombre de la m\u00e8re du chanteur plane sur tout l\u2019album. Dans le tr\u00e8s planant \u00ab&nbsp;Lost Keys&nbsp;\u00bb, Tool se prend pour Oceansize, avec des ambiances que n\u2019aurait pas reni\u00e9es le groupe de Manchester. \u00ab&nbsp;Lost Keys&nbsp;\u00bb sert d\u2019intro \u00e0 l\u2019imposant \u00ab&nbsp;Rosetta Stoned&nbsp;\u00bb, mouvant et \u00e9mouvant morceau progressif de tr\u00e8s haute vol\u00e9e. A l\u2019oppos\u00e9 du d\u00e9but de l\u2019album, les morceaux qui le cl\u00f4turent, \u00ab&nbsp;Intension&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Right in Two&nbsp;\u00bb, sont \u00e0 la fois plus calmes, planants et plus exp\u00e9rimentaux et valent largement le d\u00e9tour : \u00ab&nbsp;Intension&nbsp;\u00bb par son c\u00f4t\u00e9 electro et \u00ab&nbsp;Right in Two&nbsp;\u00bb par ses inflexions tribales dans sa seconde partie. Les bruitages finaux (\u00ab&nbsp;Viginti Tres&nbsp;\u00bb) sont par contre totalement inutiles. <\/p>\n<p>        Assumant et assurant \u00e0 merveille sont r\u00f4le de leader d\u2019une certaine forme d\u2019art-metal, Tool, s\u2019il ne surprend pas vraiment, utilise magnifiquement les outils qui font sa force depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Les fondements sombres, tortur\u00e9s et si particuliers de la musique du groupe sont encore une fois superbement relev\u00e9s par un packaging tr\u00e8s original : des lunettes sp\u00e9ciales permettent de visualiser en 3D les pages du livret. En d\u00e9finitive, Tool vient peut-\u00eatre de sortir l\u2019album de l\u2019ann\u00e9e. Peu importe en fait, ne boudons tout simplement pas le plaisir \u00e0 \u00e9couter le nouvel et excellent album des Californiens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinq ann\u00e9es ont pass\u00e9, une \u00e9ternit\u00e9 \u00e0 attendre la suite de l\u2019\u00e9norme Lateralus. 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