{"id":5141,"date":"2006-12-13T00:00:00","date_gmt":"2006-12-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5141"},"modified":"2006-12-13T00:00:00","modified_gmt":"2006-12-12T22:00:00","slug":"5141","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/12\/13\/5141\/","title":{"rendered":"Magenta &#8211; Home"},"content":{"rendered":"<p>Soyons lucides : il n\u2019est plus tr\u00e8s judicieux d\u2019associer le terme \u00ab progressif \u00bb aux repr\u00e9sentants actuels de la frange \u00ab classique \u00bb du genre. Qu\u2019il s\u2019agisse des survivants du n\u00e9o prog\u2019 ou des vieux routards des ann\u00e9es soixante-dix, le coefficient d\u2019\u00e9volution de leur musique est en moyenne proche du n\u00e9ant intersid\u00e9ral. Mais bien qu\u2019ayant fait le choix de ce classicisme, Magenta  peut se targuer de n\u2019avoir jamais propos\u00e9 la m\u00eame recette depuis ses d\u00e9buts en 2001. <\/p>\n<p>  Alors que <i>Revolutions<\/i> \u00e9tait une sorte de gigantesque compilation de ce que le rock progressif offrait dans les ann\u00e9es 70 et 80, <i>Seven<\/i> prenait ses distances pour offrir des compositions plus accessibles, plus courtes (pas \u00ab courtes \u00bb, <i>plus<\/i> courtes !) et \u2013 un tantinet \u2013 plus personnelles. Sans parler de deux <i>EP<\/i> qui exploraient la facette la plus imm\u00e9diate du groupe. C\u2019est d\u2019ailleurs ce dernier aspect qui est privil\u00e9gi\u00e9 dans <i>Home<\/i> : des chansons aux structures simples, bas\u00e9es sur la m\u00e9lodie, l\u2019efficacit\u00e9, l\u2019\u00e9motion surtout. Ici, les poncifs du prog \u00e0 l\u2019ancienne se font plus discrets qu\u2019auparavant. L\u2019auditeur venu chercher des titres complexes, \u00e0 tiroirs, d\u00e9passant le quart d\u2019heure en sera partiellement pour ses frais. Mais alors o\u00f9 donc est pass\u00e9 ce groupe de prog rassurant, aux c\u00f4t\u00e9s duquel tout amateur de non-prise de risque pouvait s\u2019endormir paisiblement, sans crainte d\u2019une mauvaise surprise ? <\/p>\n<p>  R\u00e9tablissons tout de m\u00eame la v\u00e9rit\u00e9 : <i>Home<\/i> contient de nombreux \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques du prog classique. Le \u00ab concept \u00bb tout d\u2019abord, si cher aux fondamentalistes du genre : l\u2019histoire d\u2019une femme quittant son Angleterre natale, \u00e0 la recherche d\u2019un lieu qui serait en ad\u00e9quation avec ses aspirations. Ce seront les Etats-Unis et plus particuli\u00e8rement New-York, o\u00f9 elle conna\u00eetra une descente aux enfers avant de r\u00e9aliser finalement que sa ch\u00e8re ville de Liverpool lui manque. Par ailleurs, du point de vue musical, certains titres restent tr\u00e8s \u00ab progressifs \u00bb dans le sens traditionnel du terme. L\u2019encha\u00eenement de \u00ab Brave New Land \u00bb qui \u00e9voque effront\u00e9ment Genesis avec \u00ab The Journey \u00bb, \u00e0 classer aux c\u00f4t\u00e9s du Yes le plus m\u00e9lodique, rassurera les inconditionnels de ces deux groupes. De m\u00eame, \u00ab Joe \u00bb comblera ceux qui consid\u00e8rent qu\u2019un titre de moins de dix minutes sans plusieurs th\u00e8mes n\u2019est pas progressif. Enfin, on retrouve des sonorit\u00e9s typiques, qu\u2019il s\u2019agisse des envol\u00e9es de guitare \u00e9voquant Gilmour et Howe ou de la profusion de claviers (Hammond, Mellotron, \u2026). <\/p>\n<p>  N\u00e9anmoins, <i>Home<\/i> est bien plus ax\u00e9 sur l\u2019impact imm\u00e9diat que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. En t\u00e9moignent de nombreuses chansons courtes, souvent tr\u00e8s calmes (\u00ab This Life \u00bb, \u00ab My Home Town \u00bb, \u00ab Towers Of Hope \u00bb, \u00ab Morning Sunlight \u00bb, \u00ab Home \u00bb), ou tr\u00e8s directes, \u00e0 la structure plut\u00f4t simple (\u00ab Moving On \u00bb, \u00ab Demons \u00bb), qui n\u2019ont d\u2019autre ambition que celle de v\u00e9hiculer une \u00e9motion brute, les \u00e9tats d\u2019\u00e2me de l\u2019h\u00e9ro\u00efne dans son p\u00e9riple. <\/p>\n<p>  <i>Home<\/i> prend tr\u00e8s discr\u00e8tement ses distances avec les clich\u00e9s du prog tout en m\u00e9nageant le nostalgique d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue. Mais chassez le naturel, il revient au galop ! En composant \u00ab New York Suite \u00bb, CD bonus de l\u2019\u00e9dition limit\u00e9e, Rob Reed aura sans doute voulu calmer ses d\u00e9mangeaisons progressives et\/ou satisfaire ceux qui avaient appr\u00e9ci\u00e9 les deux pr\u00e9c\u00e9dents albums de Magenta. Et quelles que furent les raisons qui ont anim\u00e9 son leader, ce titre est une franche r\u00e9ussite, du haut de ses quarante minutes. Non qu\u2019il contienne de surprenantes innovations ou qu\u2019il d\u00e9roge aux r\u00e8gles \u00e9tablies par ses illustres anc\u00eatres, mais il ne g\u00e9n\u00e8re pas l\u2019ennui, caract\u00e9ristique qui ne peut \u00eatre revendiqu\u00e9e par tous les morceaux du m\u00eame acabit. \u00ab New York Suite \u00bb contient beaucoup de Marillion, un peu de Pendragon, de Genesis, de Yes\u2026 et du Magenta aussi, fort heureusement. Un \u00ab bonus \u00bb (sacr\u00e9 bonus !) qui s\u2019int\u00e8gre dans le concept de l\u2019album et qui permettra \u00e0 nos amis traditionalistes d\u2019\u00e9ponger leurs su\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soyons lucides : il n\u2019est plus tr\u00e8s judicieux d\u2019associer le terme \u00ab progressif \u00bb aux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":5142,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5141"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5141"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5141\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5141"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5141"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5141"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}