{"id":5123,"date":"2006-08-03T00:00:00","date_gmt":"2006-08-02T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/5123"},"modified":"2006-08-03T00:00:00","modified_gmt":"2006-08-02T22:00:00","slug":"5123","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/08\/03\/5123\/","title":{"rendered":"Dream Theater &#8211; Awake"},"content":{"rendered":"<p>Alors que le monde du rock se remet difficilement de la d\u00e9ferlante <i>grunge<\/i>, Dream Theater continue d\u2019\u00e9voluer dans sa dimension parall\u00e8le pour sortir un successeur \u00e0 <i>Images &#038; Words<\/i>, album fondateur, r\u00e9f\u00e9rence du <i>heavy metal<\/i> dit progressif et grand succ\u00e8s commercial pour le groupe. Pour cette mission extr\u00eamement p\u00e9rilleuse, Dream Theater prend tous les risques et propose avec <i>Awake<\/i> un album presque aux antipodes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, \u00e9vitant ainsi l&rsquo;\u00e9cueil de la copie rassurante. <\/p>\n<p>  Difficile d&rsquo;appr\u00e9hender un tel \u00ab&nbsp;monstre&nbsp;\u00bb, tout y est d\u00e9mesur\u00e9 : les atmosph\u00e8res, la performance des musiciens, la production. Il s&rsquo;agit incontestablement de l&rsquo;album le plus progressif, le plus ambitieux de toute la discographie de Dream Theater. Malgr\u00e9 le tr\u00e8s accrocheur \u00ab&nbsp;6:00&nbsp;\u00bb qui ouvre les hostilit\u00e9s, <i>Awake<\/i> est tr\u00e8s exigeant et demande une dur\u00e9e d\u2019apprivoisement consid\u00e9rable. \u00catre pass\u00e9 par la case <i>Image And Words<\/i> auparavant n&rsquo;est pas forc\u00e9ment un avantage pour l\u2019auditeur, son successeur se montrant beaucoup plus froid, les m\u00e9lodies moins \u00e9videntes, les structures complexes plus nombreuses. <\/p>\n<p>  La maturit\u00e9 acquise par les musiciens frappe imm\u00e9diatement, de mani\u00e8re presque aussi flagrante qu\u2019entre <i>When Dream And Unite<\/i> et <i>Images And Words<\/i>. Leur cr\u00e9ativit\u00e9 et leur symbiose atteint ici une apog\u00e9e que le groupe ne conna\u00eetra plus avant <i>Scenes From A Memory<\/i>. John Petrucci, plus inventif que jamais, balance \u00e0 tout va rythmiques d\u2019outre-tombe, arp\u00e8ges m\u00e9lancoliques et soli improbables pendant que Kevin Moore d\u00e9coince sa palette sonore et incorpore d\u00e9j\u00e0 quelques bidouillages pr\u00e9figurant sa carri\u00e8re solo. La basse de John Myung n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi rythmique et si peu d\u00e9monstrative tandis que la batterie de Mike Portnoy appara\u00eet paradoxalement beaucoup moins froide et synth\u00e9tique que sur le pr\u00e9d\u00e9cesseur d\u2019<i>Awake<\/i>. Enfin, James LaBrie oublie par instants son chant st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 pour nos offrir quelques-unes de ses plus m\u00e9morables performances vocales, toutes en sobri\u00e9t\u00e9 (\u00ab&nbsp;The Silent Man&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Space-Dye Vest&nbsp;\u00bb) ou en agressivit\u00e9 (\u00ab&nbsp;Scarred&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Lie&nbsp;\u00bb). <\/p>\n<p>  Malgr\u00e9 sa longueur d\u00e9courageante, l&rsquo;album ne souffre d\u2019aucun remplissage : <i>Awake<\/i> est d\u2019une \u00e9touffante densit\u00e9, et s\u00e9lectionner l\u2019un ou l\u2019autre titre de l\u2019album \u00e0 des fins d\u2019analyse rel\u00e8ve d\u2019un choix corn\u00e9lien, tant la sp\u00e9cificit\u00e9 de chacun le rend indispensable \u00e0 la coh\u00e9rence de l\u2019ensemble. C\u2019est \u00e0 peine si on peut reprocher \u00e0 \u00ab&nbsp;Innocence Faded&nbsp;\u00bb de ne pas coller \u00e0 la tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019album, mais bien pr\u00e9tentieux sera celui qui pourra pointer du doigt la faiblesse d\u2019une composition. Impossible n\u00e9anmoins de passer sous silence le triptyque \u00ab&nbsp;A Mind Beside Itself&nbsp;\u00bb, pierre angulaire de l\u2019album et quintessence absolue de Dream Theater. Ce morceau pose \u00e0 lui seul et pour longtemps le style du groupe, \u00e0 savoir un m\u00e9lange \u00e9quilibr\u00e9 et fluide de complexit\u00e9, de virtuosit\u00e9, de puissance, de m\u00e9lodie et de finesse : un instrumental technique sans en \u00eatre abscons (\u00ab&nbsp;Erotomania&nbsp;\u00bb), un <i>epic<\/i> tr\u00e8s ax\u00e9 sur le chant (\u00ab&nbsp;Voices&nbsp;\u00bb, \u00e7a ne s\u2019invente pas) et une ballade acoustique, simple et efficace (\u00ab&nbsp;The Silent Man&nbsp;\u00bb). <\/p>\n<p>  <i>Awake<\/i> a pu d\u00e9cevoir de nombreux \u2013 et nouveaux \u2013 fans de Dream Theater par son interpr\u00e9tation parfois clinique, son propos plus <i>heavy<\/i>. Cet album d\u00e9montre pourtant de fa\u00e7on \u00e9clatante que les am\u00e9ricains \u00e9taient alors intouchables et prenaient le large pendant qu\u2019une pl\u00e9thore de groupes s\u2019engouffrait seulement dans la br\u00e8che ouverte par <i>Images And Words<\/i>. En 1994, le <i>prog metal<\/i> acqu\u00e9rait d\u00e9finitivement ses lettres de noblesse. Depuis, il n\u2019aura que rarement eu autant de saveur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le monde du rock se remet difficilement de la d\u00e9ferlante grunge, Dream Theater&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":5124,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5123"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5123"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5123\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5123"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5123"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5123"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}