{"id":501,"date":"2007-02-28T00:00:00","date_gmt":"2007-02-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/501"},"modified":"2007-02-28T00:00:00","modified_gmt":"2007-02-27T22:00:00","slug":"501","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/02\/28\/501\/","title":{"rendered":"Divers (Colossus) &#8211; Odyssey &#8211; The Greatest Tales"},"content":{"rendered":"<p>Colossus est une association finlandaise active qui, r\u00e9guli\u00e8rement, donne de magistrales le\u00e7ons de n\u00e9o-prog. Prenez un th\u00e8me porteur et universel : le Colosse de Rhodes, les Sept Mercenaires, l\u2019\u00cele au tr\u00e9sor, choisissez quelques groupes et faites-les plancher l\u00e0-dessus avec obligation de produire un r\u00e9sultat musicalement harmonieux respectant les canons du rock progressif : ambiances garanties, nappes de clavier, progression dans le th\u00e8me, structure de l\u2019ensemble. Ici, c\u2019est \u00e0 Hom\u00e8re et son Odyss\u00e9e que neuf groupes s\u2019attellent pour un r\u00e9sultat s\u00e9duisant, mais ambigu. <\/p>\n<p>  L\u2019album est triple, quatre heures de musique et au final, assez peu de d\u00e9chets. Ce qui est agr\u00e9able, c\u2019est la v\u00e9ritable unit\u00e9 de l\u2019ensemble. Un bel effort a \u00e9t\u00e9 fait dans le mixage et la production, car on a affaire \u00e0 une structure tr\u00e8s homog\u00e8ne tout au long des trois albums, qu\u2019il est recommand\u00e9 d\u2019\u00e9couter dans l\u2019ordre avec le livret sous les yeux, comme \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. <br \/> La production est assez dynamique, sans grandes plages un peu longuettes qui viennent nuire \u00e0 l\u2019ensemble. Bien entendu, il est facile de c\u00e9der au jeu des ressemblances : ce qui vient \u00e0 l\u2019esprit, assez imm\u00e9diatement, c\u2019est Ayreon, et les amateurs du grand Lucassen devraient retrouver de nombreuses sonorit\u00e9s communes (\u00ab At the court of Alkinoos \u00bb, par exemple) : m\u00e9lange de voix f\u00e9minines et masculines, voyages en clavier, guitares puissantes, ch\u0153urs. On a par moment l\u2019impression d\u2019entendre <i>The Final Experiment<\/i> ou <i>Into The Electric Castle<\/i>. <\/p>\n<p>  Ces trois albums m\u00e9ritent de nombreux adjectifs : \u00e9pique, grandiloquent, romantique, parfois \u00ab grand-guignolesque \u00bb. C\u2019est assez audacieux, par les temps qui courent, de se lancer dans de telles sagas \u00e9bouriffantes, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les formats courts sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les incursions vers le jazz ou la pop sont salu\u00e9es comme des avanc\u00e9es fondamentales. Saluons l\u2019audace, mais\u2026 n\u2019est-elle pas aujourd\u2019hui un peu vaine ?<br \/> En effet, le projet de Colossus renoue avec une tradition progressive bien ancr\u00e9e : <i>The Lamb Lies Down on Broadway<\/i>, <i>Aqualung<\/i>, <i>The Dark Side of the Moon<\/i> v\u00e9hiculaient eux aussi des trames narratives qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la \u00ab grande \u00bb \u00e9poque, avaient trouv\u00e9 leur public, impliquaient l\u2019auditeur dans toute une s\u00e9rie de voyages, de discussions, de r\u00eaveries. Aujourd\u2019hui, les temps ont bien chang\u00e9, et un album comme <i>The Greatest Tales<\/i> donne plus l\u2019impression d\u2019un chant du cygne qu\u2019il n\u2019insuffle un nouvel \u00e9lan musicalement cr\u00e9atif. <\/p>\n<p> Il est \u00e0 craindre que ce triple album ne r\u00e9siste pas aussi bien au temps que ses illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs. On pourrait reprocher \u00e0 cet album d\u2019\u00eatre trop l\u00e9ch\u00e9, trop format\u00e9. <i>The Greatest Tales<\/i>, c\u2019est tout simplement un immense <i>Tribute album<\/i>, un hommage aux grands anciens, que l\u2019on \u00e9coutera par nostalgie plus que par souci de d\u00e9couvrir du nouveau. Ce disque, c\u2019est finalement ce que Musical Box est \u00e0 Genesis : une bouff\u00e9e de nostalgie parfaite sur le plan technique, mais un d\u00e9cor de carton-p\u00e2te, avant tout. Ce qui charmait, et charme encore chez les <i>The Lamb\u2026<\/i>, <i>Aqualung<\/i> et autres <i>Misplaced Childood<\/i>, c\u2019est leur capacit\u00e9, pratiquement infinie, d\u2019offrir \u00e0 l\u2019auditeur de nouvelles impressions, de nouvelles sensations, de nouveaux voyages, parfois trente ans apr\u00e8s. Ici, une telle long\u00e9vit\u00e9 est peu probable : tout tourne trop rond, tout est bien lisse, et l\u2019\u00e9motion de la premi\u00e8re \u00e9coute risquera de s\u2019estomper sans doute un peu trop rapidement. <\/p>\n<p>  L\u2019effort doit \u00eatre salu\u00e9, mais il est \u00e0 craindre que la voie musicale emprunt\u00e9e aboutisse \u00e0 un cul de sac. Apr\u00e8s tout, Ulysse a mis du temps avant de retrouver Ithaque, et nous, auditeurs de n\u00e9o-prog, sans c\u00e9der au chant des sir\u00e8nes du pr\u00eat-\u00e0-\u00e9couter, trouverons-nous notre chemin ? <i>The Greatest Tales<\/i> est susceptible de nous garder longtemps prisonniers, mais il est certain que l\u2019avenir du genre n\u2019est plus de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colossus est une association finlandaise active qui, r\u00e9guli\u00e8rement, donne de magistrales le\u00e7ons de n\u00e9o-prog. 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