{"id":4947,"date":"2007-01-17T00:00:00","date_gmt":"2007-01-16T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4947"},"modified":"2007-01-17T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-16T22:00:00","slug":"4947","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/01\/17\/4947\/","title":{"rendered":"Carnival Skin &#8211; Carnival Skin"},"content":{"rendered":"<p>Carnival Skin, groupe fond\u00e9 par le guitariste am\u00e9ricain Bruce Eisenbeil et le batteur allemand Klaus Kugel, est une formation de jazz qui propose une musique improvis\u00e9e. Pour r\u00e9sumer, les cinq musiciens (batterie, contrebasse, clarinette, trompettes et guitare) jouent du free-jazz et ce seul terme pourrait bien faire fuir certains lecteurs qui se seraient \u00e9gar\u00e9s parmi ces lignes &#8211; et ce vraisemblablement \u00e0 juste titre. <\/p>\n<p>  N\u00e9anmoins, soucieux de ne pas traumatiser et terroriser d\u2019embl\u00e9e l\u2019auditeur n\u00e9ophyte, Carnival Skin d\u00e9bute par un curieux m\u00e9lange ind\u00e9cis de jazz conventionnel et improvis\u00e9 qui ne convaincra finalement personne. Mais apr\u00e8s avoir ainsi pr\u00e9par\u00e9 le terrain, les op\u00e9rations les plus extr\u00eames vont pouvoir se d\u00e9rouler. Grondements anarchiques de contrebasse, \u00e9vocations animales diverses sortant des instruments \u00e0 vent, accords bris\u00e9s et allers-retours \u00e9pileptiques sur le manche de la guitare, les fauves sont l\u00e2ch\u00e9s.  \u00ab Vade retro Satanas ! \u00bb s\u2019offusquent les admirateurs des accords chiad\u00e9s, du solo technique et des albums conceptuels ambitieux avec mode d\u2019emploi int\u00e9gr\u00e9. \u00ab Est-ce donc encore de la musique ? \u00bb.<br \/> Au sens le plus commun\u00e9ment admis du terme, peut-\u00eatre pas. Il est plus question ici d\u2019intensit\u00e9, de tensions et de ruptures que de m\u00e9lodies et de savantes transitions ; mais la m\u00eame recherche de l\u2019\u00e9motion demeure. A l\u2019\u00e9coute de \u00ab  Bobosong \u00bb, on se voit cach\u00e9 dans la savane, \u00e0 l\u2019aff\u00fbt du moindre mouvement animal, une harmonie toute provisoire r\u00e8gne; mais avant de charger pour d\u00e9fendre sa famille, l\u2019\u00e9l\u00e9phante ne tapera pas la mesure avec ses pattes et quand le f\u00e9lin se d\u00e9cidera \u00e0 foncer sur sa proie, ce sera sans le consentement de celle-ci, adversaires et non partenaires, le spectacle n\u2019en sera pas moins fascinant. Incapable d\u2019anticiper les \u00e9v\u00e9nements, l\u2019observateur tout comme l\u2019auditeur de free-jazz n\u2019est jamais enti\u00e8rement en s\u00e9curit\u00e9. Et si l\u2019exploration ne suffit pas, l\u2019introspection peut la suppl\u00e9er, avec l\u2019\u00e9blouissant \u00ab Iono \u00bb o\u00f9 un passant suit une fanfare d\u2019\u00e9cole, juste assez longtemps pour se replonger dans son enfance; apr\u00e8s quelques minutes les musiciens ont disparu, mais les souvenirs, multiples saillies de guitare \u00e9clectique, continuent de pleuvoir sur l\u2019infortun\u00e9 qui ne recouvrera la qui\u00e9tude qu\u2019au terme de dix minutes aussi poignantes que bruyantes, en croisant de nouveau la route de la lente procession. <\/p>\n<p>  Mis \u00e0 part lors du dernier titre &#8211; qui reste dispensable &#8211; Carnival Skin r\u00e9ussit \u00e0 maintenir l\u2019intensit\u00e9 tout au long de cet album, notamment gr\u00e2ce au jeu tout en rupture de Bruce Eisenbeil. Cependant, un propos si intransigeant restera lettre morte pour l\u2019immense majorit\u00e9 qui pense malheureusement souvent que l\u2019appr\u00e9hension de  musiques \u00ab diff\u00e9rentes \u00bb n\u00e9cessite des efforts de la part de l\u2019auditeur, alors que celui-ci a juste besoin d\u2019\u00eatre aussi libre que les musiciens qu\u2019il \u00e9coute.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carnival Skin, groupe fond\u00e9 par le guitariste am\u00e9ricain Bruce Eisenbeil et le batteur allemand Klaus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":4948,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4947"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4947"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4947\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4947"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}