{"id":4941,"date":"2007-05-27T00:00:00","date_gmt":"2007-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4941"},"modified":"2007-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-26T22:00:00","slug":"4941","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/05\/27\/4941\/","title":{"rendered":"Sabo &#8211; 8 saisons \u00e0 l\u2019ombre"},"content":{"rendered":"<p>Sabo avait dans un premier temps pour projet de revisiter les airs latins  pour en donner une lecture plus actuelle. Ambition surprenante pour cette formation mise sur pied par d\u2019ex-membres des groupes Sloy (Armand Gonzales et Virgine Peitavi) et Drive Blind (R\u00e9mi Saboul), qui gravitaient dans une mouvance noisy-rock. Du projet initial reste le nom (sabo = bossa) et\u2026..absolument rien d\u2019autre. <i>8 saisons \u00e0 l\u2019ombre<\/i> est un album bien loin des d\u00e9hanchements chaloup\u00e9s du Br\u00e9sil. En effet, mis \u00e0 part lors de \u00ab\u00a0Retour vers le Sud\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Mer plate\u00a0\u00bb qui syncopent gentiment, les poncifs de la nouvelle sc\u00e8ne fran\u00e7aise s\u2019 imposent sans d\u00e9tour : rythmiques carr\u00e9es, guitare acoustique en avant et m\u00e9lodies \u00e9videntes. <\/p>\n<p>  Le plus de cet album, ce sont les interventions de guitare juste satur\u00e9es ce qu\u2019il faut et d\u2019orgue <i>Wurlitzer<\/i>, na\u00efves \u00e0 souhait, qui r\u00e9ussissent \u00e0 donner souvent une petite ambiance \u00ab\u00a0tarentinesque\u00a0\u00bb \u00e0 la musique : couleurs d\u00e9lav\u00e9es, <i>milk-shake<\/i> et braquages foir\u00e9s en toile de fond (\u00ab\u00a0Fatigue \u00e0 Paris\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0260 jours de vent\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Requiem pour un gangster imaginaire \u00a0\u00bb). Les compositions souvent simplistes y trouvent alors une valeur ajout\u00e9e int\u00e9ressante. Mais jouer avec cette ing\u00e9niosit\u00e9 implique \u00e9galement le risque d\u2019y succomber, et, souvent sur la corde raide, Sabo finit r\u00e9guli\u00e8rement par tomber dans une fade facilit\u00e9. L\u2019 autre point faible, qui n\u2019engage \u00e9videmment que le r\u00e9dacteur de cet article, tient \u00e0 la fois \u00e0 la voix tr\u00e8s mani\u00e9r\u00e9e et cr\u00e2neuse d\u2019Armand Gonzales et aux paroles qui vont de pair. Volontiers inutilement grossi\u00e8res (<i>J\u2019ai fait un r\u00eave crade\u2026. J\u2019ai raqu\u00e9 comme un cingl\u00e9\u2026 J\u2019ai vendu ma peau \u00e0 cette bande de salauds\u2026 Je collecte toutes vos merdes\u2026 <\/i>), on en vient presque \u00e0 regretter de les comprendre ce qui est quand m\u00eame un comble pour un groupe qui a le courage de chanter en fran\u00e7ais&#8230; <\/p>\n<p>   Parmi ces douze pistes directes se retrouvent aussi trois instrumentaux tr\u00e8s (trop ?) inspir\u00e9s d\u2019Ennio Morricone. Sifflements, guitare d\u00e9charn\u00e9e, mais aussi une bonne dose de monotonie et quelques passages \u00e0 l\u2019orgue peu inspir\u00e9s se m\u00e9langent et on oublie vite Charles Bronson pour s\u2019imaginer plut\u00f4t dans un film des Charlots lors d\u2019une vir\u00e9e en R 12 Gordini (\u00ab\u00a0La ultima volta\u00a0\u00bb) ou \u00e0 la fin d\u2019un mauvais \u00e9pisode de Magnum (\u00ab\u00a0Le train du dimanche soir \u00a0\u00bb). <\/p>\n<p>  Paradoxalement, au final, on ne peut pas reprocher grand chose \u00e0 ces douze chansons tr\u00e8s bien ficel\u00e9es, entre Kaolin, <i>Western Panzani<\/i> et Mickey 3D, gorg\u00e9es d\u2019une coh\u00e9rence ind\u00e9niable bienvenue et pourvue de possibles tubes (\u00ab Amie, amie\u00a0\u00bb). Le message est clair, net et pr\u00e9cis, mais laisse malheureusement souvent de marbre. Esp\u00e9rons pour Sabo qu\u2019ils pourront n\u00e9anmoins trouver un public plus \u00e0 m\u00eame de les appr\u00e9cier que le pauvre chroniqueur qui au moment de finir son texte se laisse finalement tendrement bercer par l\u2019ultime berceuse glauque \u00ab\u00a0R\u00e9trospective d\u2019une vie\u00a0\u00bb de cet album qui, malgr\u00e9 son titre, a sans doute le tort de pr\u00e9f\u00e9rer un peu trop le soleil \u00e0 l\u2019ombre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sabo avait dans un premier temps pour projet de revisiter les airs latins pour en&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":4942,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4941"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4941"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4941\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4942"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4941"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4941"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4941"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}