{"id":4931,"date":"2007-11-02T00:00:00","date_gmt":"2007-11-01T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4931"},"modified":"2007-11-02T00:00:00","modified_gmt":"2007-11-01T22:00:00","slug":"4931","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/11\/02\/4931\/","title":{"rendered":"Hugh Hopper &#8211; Numero D&rsquo;Vol"},"content":{"rendered":"<p>Certains grands hommes laissent des traces parfois bien singuli\u00e8res. Ainsi Hugh Hopper restera sans doute pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans nombre de m\u00e9moires, fig\u00e9 au beau milieu du r\u00e9volutionnaire <i>Third<\/i> de Soft Machine, comme un adolescent attard\u00e9 \u00e0 l\u2019accoutrement al\u00e9atoire, nonchalamment allong\u00e9 sur un lit, les mains derri\u00e8re la nuque, une balala\u00efka aux pieds. La s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et une certaine d\u00e9contraction qui \u00e9manaient de cette photographie n\u2019ont jamais quitt\u00e9 le bassiste, qui poursuit depuis son parcours, avec une grande int\u00e9grit\u00e9, maintenant loin des feux de la rampe. Toujours pr\u00eat \u00e0 se mesurer \u00e0 d\u2019autres univers, c\u2019est au sein d\u2019une stimulante formation qu\u2019il revient avec cet \u00e9tonnant <i>Numero D\u2019Vol<\/i>.<\/p>\n<p>  Hugh Hopper n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 pour sa dext\u00e9rit\u00e9 fantastique ou ses prouesses techniques. Au sein une d\u00e9cennie qui avait vu Stanley Clarke, Marcus Miller ou Jaco Pastorius mettre le feu \u00e0 leurs quatre grosses cordes, il dessinait d\u00e9j\u00e0 une vision plus <i>essentielle<\/i> de son instrument, loin de tout exploit d\u00e9monstratif. Trente ans plus tard, la d\u00e9marche reste identique et Hopper creuse encore plus profond son sillon, oubliant les notes superflues et les digressions. Froids et squelettiques, ses courts motifs laissent un petit arri\u00e8re go\u00fbt m\u00e9tallique en bouche, une sensation de rigidit\u00e9 inqui\u00e9tante, telle que peuvent parfois procurer Bauhaus, Joy Division ou le <i>nu-jazz<\/i> nordique plus r\u00e9cemment. Avec Charles Hayward &#8211; ancien membre de feu This Heat &#8211; \u00e0 la batterie, Hopper trouve un acolyte de poids ; press\u00e9s par une m\u00eame recherche de l\u2019asc\u00e8se leurs \u00e9changes fusionnels en deviennent hypnotiques (\u00ab&nbsp;On The Spot&nbsp;\u00bb).<br \/>  Malheureusement, cette homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 obscure laisse peu de place \u00e0 Steve Franklin aux claviers et Simon Picard au saxophone. Le premier alterne salves synth\u00e9tiques p\u00e9rim\u00e9es &#8211; mais parfois efficaces &#8211; et passages aux sonorit\u00e9s proches du piano. Le second se fait dans l\u2019ensemble assez lyrique, appliqu\u00e9, et se permet quelques envol\u00e9es efficaces (\u00ab&nbsp;Earwigs Enter&nbsp;\u00bb). Mais ensemble, ils laissent surtout l\u2019impression  de d\u00e9barquer en monocycle sur la patinoire pr\u00e9par\u00e9e par Hopper et Hayward. En cons\u00e9quence, le moindre \u00e9cart se transforme vite en exercice de funambulisme o\u00f9 la peur de la chute fascine plus que le num\u00e9ro d\u2019\u00e9quilibriste, mais souvent sans r\u00e9el plaisir (\u00ab&nbsp;Bootz&nbsp;\u00bb).<\/p>\n<p>  Au final, <i>Numero D\u2019Vol<\/i> laisse perplexe, enthousiasme par moments mais ennuie aussi par d\u2019autres. Tr\u00e8s difficilement assimilable \u00e0 d\u2019autres musiques, tirant sa force comme sa faiblesse d\u2019influences multiples et contradictoires, il prend place naturellement au sein de l\u2019\u0153uvre de Hugh Hopper qui, depuis plus de trente ans, cultive son image atypique, avec la m\u00eame certitude tranquille qu\u2019il d\u00e9gageait d\u00e9j\u00e0 en 1970, allong\u00e9 sur un lit, une balala\u00efka aux pieds.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains grands hommes laissent des traces parfois bien singuli\u00e8res. 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